La nuit était douce dans la chambre de Mia. Une grande couverture rose couvrait le petit lit. Elle sentait la chaleur contre ses jambes. La couverture était comme un nuage chaud. Mia souriait. Elle aimait cette chaleur.
Avec elle, il y avait deux amies : Zoé et Lina. Elles avaient toutes trois quatre ans. Lina arrivait toujours en roulant doucement, dans son fauteuil. Elles riaient doucement. Elles s'appréciaient. Rien d'autre n'était important que leur présence.
Maman posa une petite lampe qui faisait une lueur comme une bougie. La lampe jetait des taches de lumière sur le mur. Sur le mur, on voyait des ombres qui semblaient danser comme des feuilles. Les filles se blottirent sous la couverture. C'était comme un cocon.
Mia remonta la couverture jusqu'au menton. Elle sentit sa respiration qui devenait plus calme. "Respire avec moi", dit Zoé. Elles prirent une grande inspiration. Elles soufflèrent doucement. L'air faisait un souffle lent, comme un vent qui caresse une prairie. Elles firent cela encore une fois. Elles commencèrent à se sentir calmes.
Mia pensa à sa journée. Elle pensa au gâteau au chocolat qu'elle avait mangé. Elle pensa à la balançoire et à la petite chanson qu'elle avait inventée. Puis une petite pensée s'invita : "Et si je ne dors pas ?" Cette pensée fit un petit picotement au ventre. Mia fronça les sourcils. La pensée était comme un papillon qui vole trop près.
Zoé remarqua. "Tu as une pensée papillon ?" demanda-t-elle. Elles sourirent toutes. Lina prit la main de Mia. Elles se serrèrent un peu. "Les pensées peuvent venir comme des papillons", dit Lina. "Elles peuvent aussi s'envoler." Sa voix était douce, comme une berceuse.
Maman leur parla doucement depuis la porte. "Les pensées vont et viennent", dit-elle. "Comme des nuages dans le ciel. On les regarde passer." Les filles écoutèrent. Elles fermèrent les yeux pour mieux voir.
Mia imagina le plafond comme un grand ciel nocturne. Ses pensées papillons devinrent des petits nuages. L'un d'eux disait : "Et si tu restes réveillée ?" Un autre disait : "Et si demain il pleut ?" Mia les regarda. Elle ne les chassa pas. Elle les laissa flotter.
"On peut les laisser passer", souffla Zoé. "On les regarde comme ça." Elle fit un geste lent avec la main, comme si elle guidait les nuages. Mia prit une grande respiration. Elle sentit la couverture chaude. Elle se sentait en sécurité.
Elles inventèrent un petit jeu. "Regardons les nuages", proposa Lina. "Chaque fois qu'une pensée arrive, on dit doucement 'bonjour' et on la regarde partir." Elles répétèrent le mot comme une chanson : "Bonjour... merci... au revoir." À chaque "au revoir", le nuage semblait s'éloigner un peu plus.
Une pensée curieuse revint, toute petite. "Et si je rêve d'un dragon ?" chuchota Mia. Zoé rit doucement. "Peut-être d'un dragon qui fait la sieste", dit-elle. Lina hocha la tête. "Un dragon qui aime les bisous", ajouta-t-elle. Elles imaginèrent un petit dragon qui ronronnait comme un chat. La peur gagna un sourire. La pensée devint gentille.
Parfois une pensée revenait. C'était normal. Les filles l'avaient compris. Elles n'étaient pas pressées. Elles la regardaient comme on regarde la lune qui revient chaque soir. Elles respiraient lentement. Elles sentaient la couverture chaude qui les enveloppait. Elles se sentaient comme dans un nid.
"Si une pensée revient encore, on peut lui demander de se poser sur une feuille", chuchota Maman. "La feuille la porte doucement sur une rivière." Mia imagina une petite feuille en papier. Elle posa la pensée dessus. La feuille glissa sur l'eau. L'eau brillait comme de l'argent. La pensée voyagea loin, vers un endroit paisible.
Les filles parlèrent à voix basse. Elles se racontèrent un paysage. "Il y a un lac calme", dit Zoé. "Et des arbres qui murmurent", ajouta Lina. "Et des fleurs qui se ferment pour dormir", dit Mia. Elles peignirent le paysage avec des mots simples et tendres. Chaque mot faisait un pas vers le sommeil.
Maman posa sa main un instant sur la couverture. Sa main était chaude aussi. "Je suis là", souffla-t-elle. "Je veille." Les filles sourirent et sentirent la confiance comme une petite lumière dans le cœur. Elles savaient qu'elles étaient en sécurité.
La respiration devint plus lente encore. Les yeux se firent plus lourds. Les nuages de pensée passaient, revenaient parfois, puis s'en allaient sur leur feuille. Le papillon-pensée s'éloigna. Le petit dragon s'endormit. Le lac resta tranquille.
Zoé murmura : "Bonne nuit." Lina ajouta : "Fais de beaux rêves." Mia pensa à la couverture chaude, aux mains, au rire, aux nuages. Elle se dit que les pensées pouvaient bien revenir. Ce n'était pas grave. Elles pouvaient partir, revenir, puis partir encore. C'était comme des vagues qui caressent le rivage.
La dernière image dans la tête de Mia fut un paysage paisible. Un grand ciel doux, des nuages comme du coton, un lac miroir qui ne bougeait presque pas. Une petite feuille portait les pensées loin, très loin. La couverture la gardait au chaud. La confiance brillait comme une étoile.
Les respirations devinrent des petits soupirs. Les filles s'endormirent, serrées l'une contre l'autre. La chambre était calme et tendre. Le monde semblait chuchoter : tout va bien. Les pensées peuvent passer. Les pensées peuvent revenir. Elles trouveront toujours le chemin pour partir vers le lac paisible.
Maman éteignit la lampe d'un geste doux. Une petite étoile brilla encore un instant sur le mur. Tout était tranquille. Tout était en paix.