Dans sa chambre douce, Hugo se glisse sous la couverture. La lampe fait une petite lune. Tout est calme. Il pose une main sur sa poitrine. Il écoute.
« J'entends mon cœur », dit-il doucement. Sa main sent le petit chaud. Un battement, puis un autre. C'est comme un tambour tendre. Hugo ferme les yeux. Il respire lentement.
Il inspire par le nez. Il sent l'air qui entre. Il pose sa main dessus. Sa poitrine monte comme une petite vague. Il expire par la bouche. Sa main descend. La vague devient calme. Il répète : inspire... expire... inspire. Chaque souffle est doux. Chaque souffle dit : je suis là.
Maman s'assoit sur le bord du lit. Elle chuchote une chanson sans mots. C'est une chanson de souffle. Elle dit : « Ecoute ton cœur, Hugo. Il te parle doucement. » Hugo sourit. Il aime la voix de maman. Elle est comme un coussin chaud.
Hugo imagine une petite lumière dans sa poitrine. Elle brille comme une luciole. À chaque inspiration, la lumière grandit un tout petit peu. À chaque expiration, elle brille tranquillement. La lumière connaît le chemin. Elle sait comment rester calme. Hugo suit la lumière avec sa main. Il respecte ce petit espace chaud.
Parfois, il pense à l'école, aux jeux, aux courses avec papa. Parfois, il pense aux grandes montagnes. Puis il revient à sa poitrine. Il sait qu'il peut toujours y revenir. Sa poitrine l'accueille. Elle le protège comme une couverture douce. Il écoute et il se sent en sécurité.
Maman raconte une image : « Imagine un jardin. Les fleurs bâillent. Les nuages caressent les arbres. Les oiseaux déposent des plumes sur le sol. Tout respire doucement. Ton cœur connaît ce rythme aussi. » Hugo visualise le jardin. Il sent la paix monter comme une petite brise. Sa respiration suit la brise.
Quand une pensée vient qui chatouille, Hugo la regarde comme une feuille qui tombe. Il la laisse passer. Il ramène sa main à sa poitrine. Il pose la question : « Est-ce que tu vas bien ? » Sa main dit oui. Le battement répond oui. Hugo apprend à écouter sans juger. Il apprend à se respecter.
Maman souffle un petit mot : « Tu fais bien, mon coeur, tu fais bien. » Hugo laisse ces mots s'installer comme un coussin. Ils rendent son souffle plus doux. Il n'a pas besoin d'aller vite. Il n'a pas besoin d'être parfait. Il est juste Hugo, ici, maintenant. Sa poitrine est son ami.
Les images deviennent plus lentes. La lumière diminue un peu. Le jardin se tait. Les fleurs ferment leurs yeux. Hugo suit la vague du souffle. Il compte doucement : un... deux... un... deux... et chaque nombre est comme une plume. Sa peau devient lourde, mais son cœur reste chaud.
Maman embrasse son front. « Dors bien, mon petit », dit-elle. Hugo sourit et écoute encore une fois. Son cœur bat, lent et gentil. Sa respiration le berce comme une balançoire chaude. Il se sent respecté, aimé et calme.
La chambre devient un nid. La lumière devient lune. Hugo ferme les yeux pour longtemps. Il s'endort, en paix, avec son cœur qui veille doucement.