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Histoire sur les vacances d'été 11 à 12 ans Lecture 17 min.

Le cerf-volant au grand cœur et les vacances du camping-car

Pendant ses vacances au camping, Léo découvre, à travers rencontres, jeux et petits imprévus, la joie de partager, d'inventer avec peu et d'apprécier les choses simples.

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Léo, 12 ans, cheveux châtain clair en bataille, t-shirt rayé bleu et short beige, tient une ficelle serrée et regarde son cerf‑volant artisanal en tissu et branches tirer, sourire émerveillé et posture fière ; Sami, ~11 ans, cheveux bouclés noirs, expression concentrée, aide au lancement en courant légèrement en avant à gauche ; un homme d’environ 70 ans, chapeau de paille et chemise claire, tient un arrosoir près de seaux de tomates à l’arrière‑plan droit, observant avec un doux sourire ; lieu : grand pré herbeux aux herbes hautes et fleurs sauvages jaunes et violettes, quelques arbres en bordure, ciel bleu pâle avec nuages légers et autres petits cerfs‑volants colorés en arrière‑plan ; ambiance joyeuse et tranquille de vacances d’été, mouvement vif de la ficelle au soleil ; style aquarelle douce, couleurs pastel saturées, traits délicats, textures papier apparentes, lumière chaude du coucher de soleil. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1

Léo avait douze ans et des fourmis dans les jambes. Dès le premier matin des vacances, il s'était réveillé avant le réveil, comme si le soleil l'avait appelé par son prénom.

Dehors, l'air sentait le pin chauffé et le café. Les cigales faisaient leur concert, et quelque part, un ballon rebondissait sur le gravier.

— On part dans dix minutes, annonça Papa en fermant le coffre de la voiture.

Léo avala sa tartine en deux bouchées. Ils allaient au camping, près d'un petit village du Sud. Et pas n'importe comment : ils dormiraient dans le vieux camping-car de son oncle, un modèle beige avec des rideaux à fleurs et une table qui se pliait comme un tour de magie.

Dans la voiture, Léo collait son front à la vitre. Les champs défilaient, jaunes comme du miel. Il imaginait déjà les tournois de foot, les jeux du soir, les nouveaux copains.

— Cette année, je m'inscris à toutes les activités de groupe, déclara-t-il, sûr de lui.

Maman sourit.

— Même l'aquagym des adultes ?

— Peut-être pas… Mais le volley, les jeux de piste, les ateliers… tout !

Quand ils arrivèrent, le camping semblait respirer doucement sous les arbres. Des vélos passaient, des rires éclataient, et les tentes colorées faisaient comme un petit quartier joyeux.

Le camping-car était garé à l'ombre. Léo posa la main sur la porte tiède. À l'intérieur, il y avait une odeur de bois et de draps propres. La fenêtre donnait sur une haie de lauriers-roses, roses comme des bonbons.

Il grimpa sur la banquette.

— On dirait une cabane qui roule.

Papa hocha la tête.

— Et on va essayer de vivre léger. Juste ce qu'il faut.

Léo n'y pensa pas trop. Il regardait déjà le terrain de jeux, là-bas. Les vacances commençaient vraiment.

Chapitre 2

À peine les sacs posés, Léo partit en exploration. Le camping avait une petite place centrale : une épicerie minuscule, un panneau d'affichage plein de feuilles, et une fontaine où des enfants remplissaient leurs gourdes.

Léo s'approcha du panneau. Il y avait écrit : « Tournoi de volley à 16 h », « Atelier cerfs-volants », « Soirée jeux de société ». Son cœur fit un petit bond.

— Tu veux t'inscrire ? demanda une fille aux tresses brunes, en tenant un stylo.

— Oui ! Je m'appelle Léo.

— Moi c'est Inès. Je note. Tu joues bien ?

— Je… je suis motivé, dit-il, honnête.

Inès rit, sans se moquer.

— C'est déjà beaucoup.

L'après-midi, au terrain de volley, le sable collait aux chevilles. Le filet penchait un peu, mais tout le monde s'en fichait. Un animateur, Théo, distribua les équipes.

Léo se retrouva avec Inès et deux garçons plus grands, Yanis et Hugo. Ils avaient l'air à l'aise, eux. Léo sentit un petit nœud dans son ventre.

— T'inquiète, lui souffla Inès. On joue pour s'amuser.

Le premier service arriva droit sur Léo. Il leva les bras trop tard, la balle lui rebondit sur l'épaule et partit en cloche derrière lui.

— Aïe, dit-il, rouge.

Hugo éclata de rire, mais c'était un rire léger.

— Bienvenue au club ! Allez, à toi de servir.

Léo prit la balle. Ses mains étaient un peu moites. Il pensa : respire. Il lança, frappa… et la balle passa le filet, pas très haute, un peu bancale, mais elle passa.

— Yes ! cria Inès.

Au fil des échanges, Léo rata encore, bien sûr. Il trébucha même dans le sable. Mais il réussit aussi deux belles réceptions. Et quand Yanis fit un point spectaculaire, Léo applaudit si fort que ses paumes chauffèrent.

Sur le chemin du retour, la peau de Léo sentait le soleil et la crème solaire. Il était fatigué, mais content d'une façon calme.

Devant une parcelle voisine, un vieux monsieur arrosait des plants de tomates dans des seaux.

— Bonjour, lança Léo.

Le monsieur leva la tête. Il portait un chapeau de paille et un sourire tranquille.

— Bonjour, jeune sportif. Tu t'amuses ?

— Oui. Vous… vous habitez ici ?

— Dans le village, juste là. Je viens au camping pour aider mon petit-fils à jardiner. Ici, on apprend à faire avec peu, mais avec soin.

Léo regarda les seaux.

— Vous n'avez pas de tuyau ?

— Non. On économise l'eau. On arrose le soir, quand il fait moins chaud. Et on récupère un peu d'eau de vaisselle, quand elle n'est pas trop sale.

Léo trouva ça étrange… puis malin.

— Ça marche vraiment ?

— Regarde ces tomates. Elles ne se plaignent pas, elles.

Léo sourit. Il avait l'impression d'avoir découvert un secret simple.

Chapitre 3

Le lendemain, la chaleur monta tôt. Dans le camping-car, les rideaux bougeaient à peine. Léo se réveilla avec une goutte de sueur dans le cou.

— Petit défi du jour, annonça Papa en préparant le petit déjeuner sur le réchaud : on va au marché du village à pied.

— À pied ? Mais c'est loin !

— Trois kilomètres. Et on prend juste des gourdes.

Léo hésita. Il aimait les activités de groupe, pas forcément marcher au soleil. Mais quand il sortit, une brise tiède passa entre les arbres. Et la route descendait doucement, bordée de champs de lavande. L'air avait une odeur violette, presque sucrée.

Au marché, il y avait des abricots, des melons, des fromages, et des paniers en osier. Les gens parlaient fort, mais sans se presser. Des habitants du coin, bronzés et tranquilles, prenaient le temps de choisir trois tomates comme si c'était important.

Maman s'arrêta devant un stand de fruits.

— On prend un melon, deux pêches et un peu de basilic.

Léo ouvrit de grands yeux.

— C'est tout ?

— On n'a pas besoin de plus. Et on va tout manger. Pas de gaspillage.

Le vendeur, un homme aux mains tachées de terre, ajouta une branche de romarin.

— Cadeau. Pour parfumer l'eau ou les patates.

Léo sentit le romarin. Ça piquait un peu le nez, ça sentait les vacances simples.

Sur la place, un groupe d'enfants du village jouait à la pétanque… avec des boules en plastique. Un garçon aux cheveux bouclés s'approcha.

— Vous êtes du camping ?

— Oui, répondit Léo. Je m'appelle Léo.

— Moi c'est Sami. Tu veux jouer ?

Léo regarda les autres. Il ne connaissait pas les règles, mais l'invitation était claire, directe. Ça lui plut.

— D'accord.

Sami lui expliqua vite : lancer, viser, compter les points. Léo lança trop fort, la boule roula jusqu'au pied d'un banc.

— Elle a voulu visiter, dit Sami, sérieux, puis il éclata de rire.

Léo rit aussi. Il se sentit accepté, même en étant maladroit.

Quand ils repartirent, le sac de courses était léger. Mais Léo avait l'impression de porter quelque chose de nouveau : une attention différente, comme si chaque chose avait un poids et une valeur.

Sur le chemin du retour, Papa s'arrêta près d'un mur en pierre.

— Tu vois, marcher, ça ralentit. On remarque des détails.

Léo regarda. Une sauterelle verte était posée sur une feuille, immobile comme un petit mécanisme. Plus loin, un lézard filait entre deux pierres.

— C'est vrai, murmura-t-il.

Et dans sa poitrine, l'excitation habituelle des activités se mélangeait à un calme qu'il ne connaissait pas bien.

Chapitre 4

Le troisième jour, un orage éclata en fin d'après-midi. Le ciel se plissa comme un drap sombre. Le tonnerre grogna, pas méchant, mais impressionnant.

Au camping, les gens couraient rentrer le linge. Une chaise s'envola et tomba sur le côté. Léo et Papa refermèrent la fenêtre du camping-car juste à temps. La pluie frappa le toit comme des poignées de billes.

À l'intérieur, la lumière devint douce, grise. Le camping-car faisait un cocon. Ça sentait le plastique chaud et le savon.

— On fait quoi maintenant ? demanda Léo, un peu déçu. Le tournoi de foot était annulé.

Maman sortit une boîte.

— On a des cartes. Et on peut aller au coin commun, ils font une après-midi jeux.

Léo retrouva Inès, Yanis et Hugo sous un auvent. La pluie dessinait des rideaux autour d'eux. Théo l'animateur avait posé des jeux de société sur une grande table.

— Qui veut faire un Time's Up ? proposa Yanis.

— Moi ! dit Léo sans réfléchir.

Il se mit en équipe avec Inès. Il devait faire deviner « moustique » sans parler. Il agita les mains autour de ses oreilles, fit semblant de se gratter, et bourdonna sans voix.

— Abeille ? proposa Inès.

Léo secoua la tête, exagéra un petit piqûre sur son bras. Inès tapa des mains.

— Moustique !

— Oui ! s'écria Léo, tellement fier qu'il en oublia la pluie.

Plus tard, un habitant du village entra, trempé mais souriant. C'était le monsieur aux tomates, avec son chapeau qui dégoulinait.

— Je peux ? demanda-t-il en montrant un jeu.

— Bien sûr, répondit Théo. Vous jouez ?

— Je joue, mais doucement. À mon âge, même les dés peuvent me surprendre.

Tout le monde rit. Le monsieur s'assit et expliqua des règles avec patience, sans prendre la place. Léo le regarda. Il avait une façon de parler simple, comme si chaque mot était choisi pour être utile.

Entre deux parties, Léo demanda :

— Ça ne vous embête pas, la pluie ?

Le monsieur haussa les épaules.

— Elle fait du bien aux plantes. Et à nous aussi. Elle nous oblige à s'arrêter, à se parler. C'est une sorte de pause offerte.

Léo pensa à toutes les fois où il s'ennuyait dès que quelque chose était annulé. Là, il ne s'ennuyait pas. Il découvrait autre chose : des rires dans un endroit étroit, des voix qui se répondent, le bruit régulier de la pluie comme une musique.

Quand l'orage s'éloigna, l'air dehors était plus frais. Les feuilles brillaient. Un parfum de terre mouillée montait du sol.

— Finalement, c'était bien, dit Léo en rentrant au camping-car.

— Tu vois, répondit Maman, les vacances ne sont pas que des programmes. Ce sont des moments.

Léo hocha la tête. Et il se promit de s'en souvenir.

Chapitre 5

Le lendemain, le soleil revint, propre et lumineux, comme s'il avait lavé le ciel. Au camping, on parlait encore de l'orage, mais avec des sourires.

Léo rejoignit l'atelier « bricolage nature ». Sur une table, il y avait des morceaux de ficelle, des chutes de tissu, des branches ramassées. Pas de plastique neuf, pas de gadgets.

— On va fabriquer un petit cerf-volant, annonça Théo. Avec ce qu'on a.

Léo aimait ça : construire ensemble. Il se mit avec Sami, le garçon du village, qui était venu au camping pour l'atelier.

— Vous faites souvent ça, ici ? demanda Léo.

— Oui, répondit Sami en nouant la ficelle. Mon grand-père dit qu'on n'a pas besoin de tout acheter. On peut réparer, inventer.

Léo essaya de tendre le tissu sur deux branches en croix. Ce n'était pas parfaitement droit, mais ça ressemblait à quelque chose.

— Il est un peu… tordu, admit-il.

— Les cerfs-volants trop parfaits, ça me fait peur, dit Sami. Le tien a du caractère.

Ils coururent jusqu'à un pré. Le vent soufflait par petites vagues. Léo tenait la ficelle, Sami lançait.

— Maintenant ! cria Sami.

Le cerf-volant monta, hésita, piqua du nez, puis remonta. Léo sentit la ficelle tirer dans ses doigts. Il rit, surpris par cette force légère.

— Il vole ! Il vole vraiment !

Autour d'eux, d'autres cerfs-volants dansaient. Certains montaient haut, d'autres tournaient sur eux-mêmes comme des feuilles. Personne ne se moquait. On échangeait des astuces, on récupérait les ficelles tombées, on prêtait des ciseaux.

En fin d'après-midi, Léo passa près des tomates du monsieur. Les plants étaient plus verts après la pluie.

— Bonjour ! lança le monsieur. Alors, le cerf-volant ?

— Il a du caractère, répondit Léo, fier.

Le monsieur hocha la tête.

— C'est bien. Comme toi.

Léo resta un instant silencieux, puis demanda :

— Pourquoi vous dites toujours « faire avec peu » ?

Le monsieur posa son arrosoir.

— Parce que quand on a trop, on n'apprécie plus. Et on jette. Alors que quand on choisit ce qu'on garde, on s'en occupe mieux. Ça rend plus libre.

Léo pensa à son sac de départ, rempli de trucs « au cas où ». Il n'avait utilisé que la moitié. Il pensa aux jeux partagés sous l'orage, au melon du marché, au cerf-volant fait de bouts de ficelle.

— Je crois que je commence à comprendre, dit-il doucement.

Le soir, ils dînèrent dehors. Juste des pâtes, un peu de tomates, du basilic, et le romarin dans l'eau. Le goût était simple, mais parfait. La lumière du coucher de soleil glissait sur les assiettes. On entendait des couverts, des voix lointaines, et un grillon obstiné.

Léo se dit qu'il n'avait pas besoin de beaucoup pour se sentir riche.

Chapitre 6

Le dernier jour de leur petite semaine au camping arriva trop vite. Le matin, Léo aida Papa à ranger. Chaque objet retrouvait sa place, comme dans un puzzle.

— Ça va te manquer ? demanda Papa en pliant une couverture.

Léo regarda le camping-car. Les rideaux à fleurs, la table pliable, les traces de sable dans un coin.

— Oui. Mais… pas seulement le camping-car. Tout ce qu'on a fait.

Ils allèrent une dernière fois au village. Sur la place, Sami jouait encore. Inès passait avec une glace. Léo les rejoignit pour quelques minutes.

— Tu repars ? demanda Sami.

— Oui. Mais je reviendrai peut-être.

— Si tu reviens, je te battrai à la pétanque, annonça Sami avec un air sérieux.

Léo leva le menton.

— Même pas peur.

Ils se serrèrent la main comme des grands, puis ils éclatèrent de rire parce que c'était un peu trop solennel pour des vacances.

De retour au camping, Léo s'assit sur la marche du camping-car. Le soleil chauffait ses genoux. Il entendait le bruit d'une fermeture éclair, un bébé qui babillait, une radio au loin. Tout semblait familier, comme si le camping était devenu un petit monde à lui.

Maman sortit un carnet à couverture kraft.

— Tiens. Je l'avais pris pour les listes, mais je crois qu'il est pour toi.

Léo prit le carnet. Les pages étaient blanches, légèrement rugueuses. Il passa le doigt dessus.

— Pour écrire quoi ?

— Pour raconter, dit Maman. Ta journée, tes idées, ce que tu as appris. Pas pour faire joli. Pour t'en souvenir.

Léo resta un moment sans parler. Il pensa aux habitudes des gens d'ici : remplir les gourdes à la fontaine, marcher au marché, parler sous la pluie, arroser le soir, fabriquer plutôt qu'acheter. Il pensa à lui, qui adorait les groupes, et qui avait découvert aussi le plaisir des pauses.

Il ouvrit le carnet. Le stylo gratta doucement la page.

« Aujourd'hui, j'ai compris qu'on peut être très content avec peu de choses, si on les partage et si on y fait attention… »

Il releva la tête. Le ciel était bleu, sans effort. Les vacances continuaient, ailleurs, mais cette journée-là resterait, bien rangée, dans ses mots.

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Cigales
Insectes qui chantent fort en été, surtout dans le sud chaud.
Gravier
Petits cailloux utilisés pour recouvrir un chemin ou une cour.
Coffre
Partie fermée d’une voiture où l’on range des bagages.
Camping-car
Véhicule aménagé pour dormir et cuisiner en voyage.
Lauriers-roses
Arbustes aux grandes fleurs roses, souvent plantés le long des routes.
Banquette
Long siège rembourré, comme celui d’un camping-car ou d’un train.
Réchaud
Petit appareil portable pour faire chauffer ou cuisiner dehors.
épicerie
Petit magasin qui vend des aliments et des produits du quotidien.
Panneau d’affichage
Tableau public où l’on colle des annonces et informations.
Gourdes
Bouteilles réutilisables pour transporter de l’eau ou des boissons.
Arrosoir
Récipient avec bec pour verser de l’eau et arroser les plantes.
Romarin
Plante aromatique au parfum fort, utilisée pour parfumer les plats.
Gaspillage
Action de jeter ou d’utiliser trop, sans respect de la valeur.
Cocon
Endroit douillet et protecteur, où l’on se sent en sécurité.

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