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Histoire d'extraterrestre 11 à 12 ans Lecture 20 min.

Le feu tricolore au signal mauve

Loupiot, un petit loup posé, aide deux visiteurs extraterrestres intrigués par un mystérieux signal mauve perturbant le feu tricolore et les conduit à la bibliothèque pour trouver des réponses.

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Loupiot, petit loup anthropomorphe souriant au pelage gris et blanc, sac en bandoulière, tient un livre et montre un feu tricolore; deux petits extraterrestres nacrés, timides et curieux, l’un tenant un traducteur lumineux bleu, l’autre pointant une balise mauve; en arrière-plan la bibliothèque municipale vitrée avec plantes et mobile de planètes; au premier plan un carrefour avec passage piéton texturé, trottoir pavé et un feu doté d’un voyant mauve clignotant projetant une lumière douce; ambiance chaleureuse aux couleurs vives et textures papier découpé, focalisée sur le geste explicatif et la balise mauve. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Un mercredi qui clignote

Je m'appelle Loupiot. Je suis un petit loup, pas bien grand, avec des pattes qui font moins de bruit que les pages d'un livre. Dans ma ville, on dit souvent que je suis « posé ». Ça veut dire que je panique rarement, même quand un ballon me fonce dessus ou quand le ciel gronde.

Ce mercredi-là, je ramenais un roman de la bibliothèque municipale — celle avec les grandes baies vitrées où le soleil s'installe comme un chat. Je marchais tranquillement, mon sac sur l'épaule, quand j'ai remarqué quelque chose d'étrange au carrefour de l'avenue des Tilleuls.

Le feu tricolore… clignotait, mais pas comme d'habitude.

Il faisait : vert, vert, mauve.

— Mauve ? ai-je murmuré.

Je suis resté planté là, les oreilles dressées. Le feu a recommencé : rouge, jaune, vert… puis un petit rond mauve a brillé une seconde, comme un bonbon qu'on aurait allumé.

À ce moment-là, une brise tiède a tourné autour de moi. L'air a eu une odeur de pluie d'été et de métal chaud. Puis… deux silhouettes sont apparues sur le trottoir d'en face, juste à côté du panneau « Passage piéton ».

Elles étaient petites, plus petites que moi, mais avec des combinaisons lisses comme des coquilles d'œuf. Leurs yeux étaient très grands, brillants, comme s'ils reflétaient déjà toutes les histoires du monde.

L'une d'elles a levé la main. Pas pour menacer. Plutôt comme on dit bonjour, quand on n'ose pas trop.

— Z… zou ? a-t-elle tenté.

Je n'ai pas reculé. Je ne sais pas si c'est parce que je suis posé ou parce qu'elles avaient l'air… perdues, comme deux touristes sans plan.

— Bonjour, ai-je répondu clairement. Vous… vous allez bien ?

Elles se sont regardées, puis la deuxième a sorti un petit objet rond, un traducteur, sûrement. Il a fait « bip » et une voix un peu nasillarde a dit :

— BONJOUR. NOUS SOMMES… VISITEURS. NOUS AVONS VU… LUMIÈRES EN TROIS COULEURS. C'EST… IMPORTANT ?

Je me suis détendu. Des extraterrestres. D'accord. Ce n'était pas dans mon programme de la journée, mais je pouvais gérer.

— Vous parlez du feu tricolore, ai-je dit. C'est pour organiser la circulation. Pour que personne ne se rentre dedans. Venez, je vous explique.

Elles ont avancé avec des pas minuscules, presque glissants. Et moi, je me suis approché du poteau, comme un guide de musée.

Chapitre 2 — Le secret des trois couleurs

Je leur ai montré le feu, bien en face.

— Alors, en haut, il y a le rouge. Rouge, ça veut dire : on s'arrête. Même si on est pressé, même si on pense qu'on peut passer. On s'arrête. C'est une règle qui protège tout le monde.

Le traducteur a répété, en faisant un petit grésillement.

Les extraterrestres ont hoché la tête… enfin, leur tête a bougé légèrement, comme des boules de neige dans une boule à musique.

— Ensuite, au milieu, c'est jaune, ai-je continué. Jaune, ça veut dire : attention. On se prépare à s'arrêter, ou à démarrer. C'est comme un « oh oh » poli.

La première a émis un bruit qui ressemblait à un rire timide :

« Oh oh »… poli.

— Et en bas, vert, ça veut dire : on peut y aller. Mais toujours en regardant, hein. Parce que parfois, il y a un vélo qui surgit, ou un chat qui traverse comme s'il était propriétaire de la route.

À « chat propriétaire », les deux visiteurs ont penché la tête en même temps, très synchronisés.

— Propriétaire… chat. Fascinant, a dit le traducteur d'un ton sérieux, ce qui m'a fait sourire.

Puis la deuxième extraterrestre a pointé le petit rond mauve qui venait de réapparaître, furtif.

— ET… MAUVE ?

Je l'ai observé. Il revenait toutes les trente secondes, juste après le vert.

— Ça, ce n'est pas normal, ai-je avoué. On n'a pas de mauve dans les feux. Peut-être que… vous l'avez déclenché ?

Elles ont agité les mains, un peu paniquées.

— NON. NOUS… AVONS SUIVI UN SIGNAL. LA COULEUR MAUVE… EST NOTRE BALISE. NOUS PENSIONS QU'ELLE ÉTAIT… UN ACCUEIL.

Je me suis gratté l'oreille.

— Un accueil ? Mais… ici, personne ne met de balise mauve. Sauf si…

Je me suis rappelé la bibliothèque lumineuse. Ses vitres, ses panneaux solaires, ses nouvelles lampes qui changeaient de teinte pour les événements. La semaine dernière, ils avaient testé une « soirée cosmos » avec des lumières violettes.

— Peut-être que le signal vient de la bibliothèque, ai-je dit. Et le feu le capte par erreur. Si vous voulez, on peut y aller. Là-bas, il y a des gens calmes, des livres, et… des explications.

Les extraterrestres ont semblé soulagés, comme si « livres » était un mot universel.

— OUI. LIVRES, a répété le traducteur, presque joyeux.

Je me suis placé au bord du passage piéton.

— Par contre, règle numéro une : on traverse seulement quand c'est vert pour les piétons.

Elles ont regardé le petit bonhomme lumineux qui passait au vert.

— VERT. ALLER, a dit l'une.

— Exactement, ai-je confirmé. Et si c'est rouge, on s'arrête. Même si on est un extraterrestre.

— MÊME SI ON EST… TRÈS CURIEUX, a ajouté le traducteur.

— Surtout, ai-je répondu.

On a traversé ensemble. Mes pattes sur les bandes blanches, leurs semelles brillantes à côté. Et j'ai senti que cette journée allait devenir une histoire qu'on raconte en chuchotant, au rayon science-fiction.

Chapitre 3 — La bibliothèque qui respire la lumière

La bibliothèque municipale nous a accueillis avec son grand hall clair. La lumière y était douce, comme filtrée par du lait. Des plantes vertes pendaient près des fenêtres, et un mobile de papier tournait lentement, fait de planètes découpées.

Les extraterrestres ont entrouvert la bouche — enfin, une petite fente — comme si elles goûtaient l'air.

— C'EST… CALME. C'EST… BRILLANT, a dit le traducteur.

— Ici, on parle doucement, ai-je chuchoté. Les livres aiment ça.

On est passés devant le bureau d'accueil. Madame Bernel, la bibliothécaire, levait des yeux de lynx derrière ses lunettes. Elle m'a vu, puis a vu… mes deux compagnons.

Elle a cligné des yeux. Une fois. Deux fois. Puis, d'une voix étonnamment tranquille, elle a dit :

— Loupiot… ce sont tes cousins ?

Je n'ai pas pu m'empêcher de rire, un petit rire qui s'est coincé dans ma gorge pour rester discret.

— Euh… pas exactement, Madame Bernel. Ce sont des visiteurs. De très loin.

Madame Bernel a ajusté ses lunettes. Ses yeux brillaient d'une curiosité qui ressemblait à de la joie pure, celle qu'on a quand on découvre une nouvelle étagère.

— Tant qu'ils respectent les livres et ne mangent pas les marque-pages, tout va bien, a-t-elle déclaré.

Le traducteur a fait « bip » :

— NOUS NE MANGEONS PAS… LES PAGES. NOUS MANGEONS… DES ALGUES.

— Parfait, a dit Madame Bernel, comme si c'était la réponse la plus normale du monde. Suivez Loupiot.

On a avancé entre les rayons. Les visiteurs touchaient du bout des doigts les tranches colorées, fascinés par les lettres.

Dans la salle centrale, il y avait une exposition temporaire : « Les Signaux de l'Univers ». Des affiches montraient des ondes, des planètes, des étoiles. Et au plafond, des petites lampes projetaient des halos violets.

— Mauve, a soufflé l'une des extraterrestres, bouleversée.

Sous l'affiche principale, un boîtier clignotait. Un boîtier relié aux lampes. Et juste à côté, un petit panneau indiquait : « Prototype : balise lumineuse d'orientation — à ne pas laisser allumé la nuit. »

— Ah, ai-je compris. La balise… elle est restée allumée. Et vous avez cru que c'était un message.

Les extraterrestres se sont rapprochés du boîtier. L'une a sorti un bracelet qui a projeté une ligne bleue dans l'air, comme une règle de lumière.

— NOTRE NAVETTE A SUIVI LA BALISE. NOUS PENSIONS TROUVER… UNE BASE.

Je leur ai montré les enfants assis plus loin, en train de feuilleter des BD, et un ado qui dormait presque, la tête sur un dictionnaire.

— Ici, c'est une base… de connaissances, ai-je plaisanté.

Le traducteur a répété, très sérieux :

— BASE… DE CONNAISSANCES.

Et les deux visiteurs ont poussé un petit son qui ressemblait à un gloussement heureux.

Madame Bernel s'est approchée.

— Si ces… visiteurs veulent, on peut leur montrer notre salle de lecture immersive, a-t-elle proposé. On y projette des images de l'espace. C'est lumineux, mais reposant.

— Oui ! ai-je dit. Et ensuite, on pourra régler la balise pour qu'elle n'attire pas toute la galaxie.

Les extraterrestres ont fait un signe enthousiaste.

— GALAXIE… D'ACCORD, a dit le traducteur.

Et on est entrés dans la salle immersive.

Chapitre 4 — Une carte du ciel et un malentendu

La salle immersive était une grande pièce ronde, avec des poufs et un plafond qui ressemblait à une nuit d'été. Quand on appuyait sur un bouton, des constellations se dessinaient, et des planètes défilaient lentement.

Les extraterrestres se sont assis sur un pouf comme s'il s'agissait d'un objet sacré. Leurs combinaisons ont fait un petit « pschitt » quand elles ont plié les genoux.

Madame Bernel a lancé le programme « Voyage vers Orion ». Les étoiles ont glissé au-dessus de nous.

— Chez vous, c'est par où ? ai-je demandé.

La deuxième extraterrestre a projeté un hologramme : une spirale, un point, puis un trajet lumineux. Ça semblait loin, très loin.

— NOUS VENONS DE… LÀ, a dit le traducteur. PLANÈTE… NIMI-NEUF.

— Nimi-Neuf, ai-je répété. C'est joli.

La première extraterrestre a fait apparaître un symbole mauve identique à celui de la balise.

— NOUS CHERCHONS… AMIS. COOPÉRATION. ÉCHANGE. JOIE.

À « joie », le traducteur a mis un ton presque chantant. Ça m'a réchauffé le cœur, comme une boisson sucrée un jour de froid.

— Ici aussi, on aime la joie, ai-je répondu. Et on peut coopérer. Déjà, on peut vous aider à… repartir au bon endroit. Parce que la bibliothèque, c'est super, mais ce n'est pas une piste d'atterrissage.

Madame Bernel a toussoté.

— Sauf si vous me promettez de ne pas abîmer le jardin, a-t-elle ajouté, mi-sérieuse.

Les extraterrestres ont hoché la tête très vite.

— PROMIS. PAS DE TROU GIGANTESQUE, a traduit l'appareil.

Je me suis levé et j'ai pointé l'affiche du prototype.

— Il faut surtout éteindre cette balise mauve, sinon d'autres vaisseaux vont arriver. Et la ville n'a pas assez de places de parking.

Le traducteur a répété « parking » avec un respect étrange, comme si c'était une grande invention terrienne.

On est retournés au boîtier. Il avait une petite molette, un interrupteur, et un bouton rouge marqué « TEST ». Quelqu'un, sûrement, avait appuyé sur « TEST » et oublié d'arrêter.

— C'est simple, ai-je dit. On met sur « OFF ». Comme un feu rouge : on stoppe le signal.

La première extraterrestre s'est figée.

— ROUGE… STOP. MAUVE… ACCUEIL. VERT… ALLER.

— Voilà, ai-je confirmé. Tu as tout compris.

Sauf que, quand j'ai voulu basculer l'interrupteur, un nouveau clignotement mauve a traversé la vitre. Au loin, dehors, le feu tricolore a recommencé à faire : vert, vert, mauve.

— Oups, ai-je soufflé. Il y a une connexion entre le boîtier et… la rue.

Madame Bernel a pâli. Enfin, pour une humaine, c'est surtout ses lunettes qui ont semblé trembler.

— Si le feu se met à envoyer des messages extraterrestres, on va avoir des embouteillages interstellaires, a-t-elle chuchoté.

Les visiteurs ont levé les mains, affolés.

— NOUS NE VOULONS PAS… PROBLÈMES, a dit le traducteur. NOUS VOULONS… JOIE.

Je me suis forcé à respirer doucement. Posé, Loupiot. Posé.

— D'accord. On va faire comme avec un carrefour : on organise. On coupe le signal, puis on vérifie dehors. Et si besoin, on coopère.

La deuxième extraterrestre a sorti un outil minuscule, comme un tournevis de lumière.

— NOUS AIDONS.

Madame Bernel, elle, a sorti… un trombone.

— Je peux aider aussi, a-t-elle déclaré.

J'ai cligné des yeux.

— Avec un trombone ?

— Ne sous-estime jamais un trombone, Loupiot.

Et, sans rire, ça m'a redonné confiance.

Chapitre 5 — Réparer, ensemble

On s'est installés autour du boîtier. La deuxième extraterrestre a projeté une interface dans l'air : des lignes, des icônes simples, des couleurs. Je pouvais suivre, comme un jeu vidéo bien fait.

— Là, a expliqué le traducteur, SIGNAL SORTANT. LIEN… AVEC LE FEU.

— Donc, il faut débrancher le lien, ai-je dit. Comme quand on retire une prise.

Madame Bernel a glissé son trombone dans une petite fente prévue pour « reset ». Elle avait l'air d'une scientifique secrète.

— À trois, a-t-elle dit.

— Un, ai-je compté.

Les visiteurs ont imité :

— UN.

— Deux.

— DEUX.

— Trois !

La deuxième extraterrestre a touché une icône bleue. Madame Bernel a appuyé avec son trombone. Moi, j'ai basculé l'interrupteur sur « OFF ».

Le boîtier a émis un « boup » satisfait. Les lumières violettes au plafond ont diminué, redevenant blanches et douces.

— On a réussi ? ai-je demandé.

Le traducteur a répondu :

— SIGNAL… ARRÊTÉ. OUI.

On est sortis en vitesse — enfin, en vitesse raisonnable pour une bibliothèque — pour vérifier le feu tricolore.

Dehors, le carrefour était normal. Rouge, jaune, vert. Pas de mauve.

Je me suis permis un soupir heureux.

— Voilà, ai-je dit. Plus de balise, plus de malentendu.

La première extraterrestre a regardé le feu, puis m'a regardé.

— TU ES… GUIDE. TU EXPLIQUES… SIMPLE. C'EST… RASSURANT.

Ça m'a fait chaud, comme quand on vous remercie pour avoir tenu une porte.

— Merci. Les choses inconnues sont moins effrayantes quand on les explique.

Madame Bernel a ajouté :

— Et quand on les lit. Nous avons des livres sur les feux, les étoiles, et même sur les loups.

Je me suis redressé fièrement.

— Attention, ceux-là sont sûrement très beaux.

Les extraterrestres ont fait un petit bruit amusé. Puis la deuxième a pointé le ciel.

— NOTRE NAVETTE… ATTEND. NOUS DEVONS PARTIR. MAIS… NOUS VOULONS LAISSER… QUELQUE CHOSE.

Je me suis demandé s'ils allaient offrir une technologie incroyable, un cristal qui chante, ou une carte pour visiter Nimi-Neuf. Je n'avais pas envie que ce soit trop compliqué. J'aimais bien les cadeaux simples.

La première extraterrestre a fouillé dans une petite sacoche et en a sorti… une pierre.

Une pierre lisse, grise, avec une veine mauve qui brillait très légèrement, comme une étoile endormie.

— PIERRE… DE JOIE, a traduit l'appareil. SUR NIMI-NEUF, ON POSE UNE PIERRE QUAND UNE RENCONTRE EST… BONNE.

J'ai pris la pierre entre mes pattes. Elle était tiède. Pas magique au point de faire des étincelles, non. Juste… agréable. Comme si elle gardait le souvenir d'un rire.

— On la posera où ? ai-je demandé.

Madame Bernel a souri.

— Dans le jardin de la bibliothèque. Près du banc. Comme ça, les gens la verront en sortant avec leurs livres.

Les extraterrestres ont approuvé d'un signe de tête très solennel.

Chapitre 6 — La pierre posée

Le jardin de la bibliothèque était encore plus lumineux que le hall. Les feuilles des arbres faisaient des taches de soleil sur l'herbe. Un banc en bois attendait sous un érable, avec une vue sur les vitres qui reflétaient le ciel.

On s'est approchés du banc. J'ai choisi un endroit au pied d'une petite plante aux fleurs blanches.

— Ici, ai-je dit. Un endroit calme. Et visible.

La première extraterrestre a posé sa main sur la mienne, très légèrement. Son gant était frais, mais le geste était doux.

— MERCI… LOU-PIOT, a dit le traducteur en détachant mon prénom comme une formule importante. MERCI… MADAME… BER-NEL. JOIE… PARTAGÉE.

Madame Bernel a répondu avec son sérieux habituel, celui qui protège les histoires :

— Revenez quand vous voulez. Mais prévenez avant d'atterrir.

— Et respectez les feux rouges, ai-je ajouté.

Les extraterrestres ont émis un rire, cette fois clairement un rire. Puis elles ont reculé, leurs combinaisons scintillant un peu sous le soleil.

Un souffle d'air tiède a tourné, la même odeur de pluie d'été et de métal chaud. Et elles ont disparu, comme si elles s'étaient pliées dans la lumière.

Je suis resté un moment sans parler. Madame Bernel aussi.

Puis j'ai posé la pierre.

Je l'ai déposée délicatement sur la terre, contre la petite plante. Elle a trouvé sa place tout de suite, comme si le jardin l'attendait depuis longtemps.

La veine mauve a capté un rayon de soleil. Pas un flash, non. Juste une lueur discrète, rassurante.

— On dirait qu'elle sourit, ai-je murmuré.

Madame Bernel a hoché la tête.

— Les objets ne sourient pas, Loupiot.

— Celle-là, si, ai-je insisté.

Elle a regardé la pierre une seconde de plus, puis son visage s'est adouci.

— D'accord, a-t-elle concédé. Celle-là… peut-être.

On est restés là, dans la lumière. Au loin, le feu tricolore faisait son travail, tranquillement : rouge pour arrêter, jaune pour prévenir, vert pour avancer.

Et moi, petit loup posé, je me suis dit que l'univers devait être rempli de carrefours. Mais qu'avec un peu d'explications, un trombone, et beaucoup de joie, on pouvait y circuler sans se faire peur.

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Balise
Un signe lumineux ou radio qui sert à guider ou à indiquer un lieu précis.
Prototype
Un premier modèle d'un objet testé avant sa fabrication finale.
Tricolore
Qui a trois couleurs ; souvent dit du feu qui guide la circulation.
Immersive
Qui plonge les gens dans une expérience qui semble très réelle autour d'eux.
Hologramme
Une image en trois dimensions projetée dans l'air ou sur un écran.
Navette
Un petit véhicule qui fait des allers-retours entre deux lieux.
Constellations
Groupes d'étoiles qui forment des dessins dans le ciel nocturne.
Interface
Un écran ou un dispositif qui permet de contrôler une machine ou un programme.
Signal
Un signe ou un message envoyé pour attirer l'attention ou donner une information.
COOPÉRATION
Action de travailler ensemble pour atteindre un but commun.

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