Chapitre 1 — Le bureau qui éternue
Dans le bureau de la maison, tout était à sa place. Enfin… presque.
Moi, je m'appelle Gaspard le Stylo. Je vis dans un pot à crayons qui penche un peu, sur un grand bureau en bois. Je suis débrouillard, rapide, et je sais faire des boucles parfaites sans trembler. Quand il y a un souci, on m'appelle. Quand il y a une idée, on m'agite. Et quand il y a un gribouillage suspect… on me soupçonne. Injustice.
Ce matin-là, l'air sentait la gomme et la poussière tiède. Un rayon de soleil traversait la pièce et s'écrasait en plein sur la Tasse à thé, qui faisait semblant de ne pas être flattée.
— Je brille naturellement, soupira Talia la Tasse, d'un ton distingué.
À côté, Pipo le Trombone se prenait pour un héros d'action. Il s'accrochait à une pile de feuilles comme à une falaise.
— Ne bougez pas, citoyens ! Je sécurise le périmètre !
Et sur l'étagère, Mimo la Mini-lampe clignotait, toujours un peu stressée.
— Vous êtes sûrs qu'il n'y a rien sous le bureau ? demanda-t-elle. On dirait que… que ça respire.
Je penchai ma pointe vers le sol. Un petit courant d'air passa, comme un chuchotement.
— C'est juste un courant d'air, dis-je. Les courants d'air sont des gens très discrets.
À ce moment-là, un bruit résonna.
ATCHOUM !
La pile de feuilles frissonna. Pipo fit un salto involontaire et atterrit sur mon capuchon.
— Je… je gère la situation, déclara-t-il, coincé.
Talia se tint bien droite, comme si elle venait d'entendre une mauvaise note de musique.
— Je refuse de vivre dans un bureau qui éternue.
Mimo clignota deux fois, façon “alerte maximale”.
— C'était… sous le bureau, j'en suis sûre !
Je pris une grande inspiration. Enfin, je fis comme si, parce que je n'ai pas de poumons. Mais j'ai du courage, et ça, ça fait presque le même effet.
— D'accord. On enquête. Mais calmement. On commence par ce qui rassure tout le monde. Talia, tu restes au soleil, ça te détend. Pipo, tu… euh… ne saute plus. Mimo, tu éclaires. Moi, je planifie.
— J'aime quand tu dis “planifie”, dit Mimo. Ça me fait moins peur.
— Moi aussi, dit Pipo. Même si je ne comprends pas.
On descendit vers le bord du bureau, comme une expédition au bout du monde. Sous nous, le sol semblait immense. Et puis… il y eut un deuxième bruit.
ATCHOUM !
Cette fois, une petite nuée de poussière s'éleva sous le bureau, comme un mini-nuage qui avait raté sa carrière de cumulonimbus.
— C'est un monstre de poussière, chuchota Mimo.
— Ou un rhinocéros invisible, ajouta Pipo. Très probable.
— Un rhinocéros… dans un bureau ? répétai-je. Vous avez de l'imagination. J'adore. Mais on va vérifier avant de courir en rond en hurlant.
Talia fit tinter sa cuillère, comme si elle sonnait l'heure du thé.
— Très bien. Mais si c'est un rhinocéros, je demande à être relogée dans la cuisine.
Chapitre 2 — L'expédition sous le bureau
On s'organisa comme une vraie équipe. Enfin, une équipe de bureau. C'est moins sportif, mais ça fait de meilleurs plans.
Mimo éclaira le bord du bureau, dessinant un halo jaune sur le parquet.
Pipo s'accrocha à une règle pour faire “corde de sécurité”.
Talia se plaça en “poste d'observation”, ce qui voulait dire : au bord, sans bouger, parce qu'elle n'aime pas le vide.
Et moi, je menais la marche. Enfin, je glissais avec dignité.
— Mission “Sous le Bureau”, annonçai-je. Objectif : identifier l'éternueur. Second objectif : ne pas paniquer. Troisième objectif : ne pas se confondre avec une poussière. C'est humiliant.
— Je suis déjà confondu avec plein de choses, dit Pipo. Des moustaches, des oreilles, des ponts… Je suis habitué.
On se laissa glisser le long de la règle, un peu comme des explorateurs sur une liane, sauf que la liane était plate et que personne ne criait “Aaaaah !” (pour l'instant).
Sous le bureau, l'ambiance changea. C'était plus sombre, plus frais. Il y avait une vieille boîte en carton, une chaussette solitaire (personne ne posa de questions), et un tapis qui ressemblait à une île.
— Là ! dit Mimo en éclairant une ombre. Ça bouge !
On se figea.
Une forme… ronde… tremblotante… se cachait derrière la boîte.
Pipo se plaça devant nous, très sérieux.
— Reculez, citoyens. Je vais négocier.
— Négocier quoi ? demandai-je.
— La paix. Ou au moins une pause sans éternuement.
Il s'avança d'un centimètre. Puis deux. Puis recula d'un centimètre, par prudence.
— Bonjour ! dit-il, d'une voix qui voulait être grave mais qui faisait plutôt “gling”.
L'ombre renifla.
Et éternua.
ATCHOUM !
La poussière nous chatouilla la pointe, le métal, la porcelaine et l'ampoule.
— Aïe ! s'écria Mimo. J'ai clignoté toute seule !
Talia, de là-haut, cria :
— Alors ? Rhinocéros ou pas ?
Je m'approchai doucement.
— Salut… euh… toi. On ne veut pas te faire peur. On veut juste comprendre pourquoi le bureau éternue.
L'ombre se déplia, lentement. Pas un rhinocéros. Pas un monstre. Pas même un hamster géant (heureusement).
C'était… un vieux Pull en laine, roulé comme une boule, avec des manches qui ressemblaient à des bras timides. Il avait deux boutons pour yeux et un petit trou qui faisait une bouche.
— Je… je ne voulais pas, dit le Pull d'une voix râpeuse. La poussière… ça me chatouille.
Mimo éclaira mieux.
— Oh. Tu es… mignon, dit-elle. Enfin, mignon dans le style “oublié sous un bureau depuis longtemps”.
— Merci… je crois, répondit le Pull.
Pipo se retourna vers nous, fier.
— Négociation réussie. Il n'a pas attaqué. Je suis incroyable.
— Comment tu t'appelles ? demandai-je.
— Péloche, dit le Pull. Je me suis caché parce que… j'ai peur qu'on se moque. Je suis tout froissé. Et… je fais éternuer.
Talia fit tinter sa cuillère, plus doux cette fois.
— Personne ne se moque ici. Mais on aime quand ça arrête d'éternuer.
— On peut t'aider, proposai-je. On est bons en solutions. On est… le Comité Anti-Soucis du Bureau.
— Ça existe ? demanda Péloche.
— Depuis dix secondes, oui, dis-je. Bienvenue.
Chapitre 3 — Le quiproquo de la “bête du tiroir”
On remonta tous ensemble, avec Péloche. Enfin, “remonter” est un grand mot : on poussa, on tira, on glissa, et Pipo servit de crochet en criant “HISSE !” trop souvent.
Quand on arriva sur le bureau, Talia observa Péloche comme une critique de mode.
— Tu as un potentiel, dit-elle. Il faut juste… beaucoup de courage et un peu moins de poussière.
Péloche se tassa.
— La poussière me fait peur aussi. Elle arrive sans prévenir. Et elle gratte. Et après, tout le monde croit que je suis… une bête.
À ce moment-là, un tiroir grinça tout seul. Un “grrrrriiiik” lent et dramatique.
Mimo sursauta si fort qu'elle illumina le plafond.
— La bête du tiroir ! Je le savais !
Pipo se dressa.
— Je vais l'affronter ! Je suis prêt ! (Je ne suis pas prêt.)
Je m'approchai du tiroir, en faisant mon ton le plus rassurant.
— Ce n'est probablement pas une bête. C'est probablement… le tiroir. Les tiroirs grincent. C'est leur hobby.
Mais le tiroir continua : grrrriiiik… puis clac.
Un petit bout de papier dépassa, comme une langue.
Péloche recula.
— Je… je ne peux pas. Le tiroir, c'est l'inconnu. L'inconnu, c'est… énorme.
— L'inconnu est souvent juste… mal rangé, dis-je.
Je glissai ma pointe sous le papier et tirai doucement. Le papier sortit d'un coup et tomba comme une feuille morte sur le bureau.
Mimo se pencha.
— C'est… une liste.
Pipo plissa son métal.
— “Liste des choses à faire”. Terrifiant.
Talia lut à voix haute, avec solennité :
— “1) Ranger le tiroir. 2) Nettoyer sous le bureau. 3) Retrouver le pull.”
Elle leva les yeux vers Péloche.
— Voilà. Tu étais attendu.
Péloche ouvrit grand sa bouche-trou.
— Attendu ? Moi ?
— Oui, dit Mimo, plus calme. Tu n'es pas une bête du tiroir. Tu es… une mission.
Pipo bomba le torse.
— Une mission, c'est parfait. J'adore les missions. Surtout quand elles ne mordent pas.
Le tiroir grinça encore, comme pour protester.
— Bon, dis-je, plan numéro un : on nettoie la poussière pour arrêter les éternuements. Plan numéro deux : on apprivoise le grincement. Plan numéro trois : on arrête de croire que tout est un monstre.
— Plan numéro quatre, ajouta Talia : on prend une pause thé. Même imaginaire.
Péloche leva timidement une manche.
— Et si… si je n'y arrive pas ? Si je panique ?
Je me tournai vers lui.
— Alors on panique un peu, ensemble, et on respire… enfin, façon de parler. Et puis on recommence. Les petites peurs, ça se gère mieux en groupe.
Chapitre 4 — Opération “Poussière, dehors !”
On lança l'opération comme une comédie d'action, mais en version bureau.
Mimo éclairait les zones sombres comme une star de scène.
Pipo s'accrochait partout pour “sécuriser”.
Talia donnait des conseils comme une cheffe d'orchestre.
Et moi, je coordonnais, en pensant à ce qui pouvait aider chacun.
— Péloche, tu restes près de Talia, lui dis-je. Elle a un côté “calme élégant”. Ça rassure.
— Je rassure, moi ? demanda Talia, surprise.
— Oui. Ça se voit à ton anse, répondis-je.
Talia fit “hm” d'un air content.
On trouva un chiffon roulé dans un coin. Un chiffon avec une frange qui ressemblait à une moustache.
— Je m'appelle Fripon, dit le chiffon, très fier. Je suis spécialisé dans les poussières rebelles.
— Parfait, dis-je. On a une poussière qui déclenche des éternuements.
Fripon se frotta les franges.
— Ah. Une poussière dramatique. Je vais lui parler.
Pipo chuchota :
— Les chiffons parlent aux poussières ?
— Apparemment, oui, dis-je. Dans ce bureau, tout le monde a un talent caché.
On descendit sous le bureau avec Fripon en tête. Péloche tremblait un peu.
— J'ai peur de retomber dans le noir, murmura-t-il.
— Regarde la lumière de Mimo, dis-je. Elle est petite, mais elle tient bon. Et si tu as peur, tu le dis. Ça diminue la peur. C'est comme percer un ballon, mais gentiment.
— Je vais essayer, dit Péloche.
Sous le bureau, Fripon commença à nettoyer. Il dansait. Littéralement. Un pas à gauche, un frottement à droite, un tourbillon. La poussière s'envola, vexée, et disparut.
— Voilà, déclara Fripon. J'ai négocié. Elle est partie.
Péloche renifla… et rien.
— Je… je n'éternue pas ! s'étonna-t-il.
Pipo applaudit en claquant sur une agrafe.
— Victoire ! Personne n'a été mangé !
Mimo éclaira Péloche de plus près.
— Tu as l'air… moins froissé. Ou c'est mon éclairage.
— C'est peut-être les deux, dit Talia. La confiance défroisse.
Mais au moment de remonter, le tapis-île se souleva légèrement. Un coin se leva. Tout seul.
Pipo hurla :
— LE RHINOCÉROS INVISIBLE !
Péloche fit un bond et se coinça la manche dans la règle.
— Je suis coincé ! Je suis coincé et j'ai peur et je vais re-éternuer !
Je m'approchai rapidement.
— Stop. On fait simple. Pipo, tu arrêtes de crier “rhinocéros”. Ça ne nous aide pas. Mimo, lumière stable. Talia, parole calme.
Talia, étonnamment douce, dit :
— Péloche, tu n'es pas coincé pour toujours. C'est juste un moment coincé.
Pipo ajouta, plus bas :
— Et si c'est un rhinocéros… il peut attendre.
Je tirai délicatement sur la règle, Pipo se transforma en petit crochet, et on libéra la manche.
Le tapis retomba. Un simple courant d'air. Rien d'autre.
Mimo souffla.
— D'accord. Ce n'était pas un rhinocéros. C'était… mon imagination qui courait trop vite.
— L'imagination, c'est comme un stylo, dis-je. C'est super. Mais parfois, ça déborde.
Péloche hocha ses boutons-yeux.
— Je me sens… un peu plus grand.
Chapitre 5 — La répétition générale du courage
De retour sur le bureau, on s'attaqua au tiroir grinçant. Le fameux.
— J'ai peur, avoua Mimo. Le grincement, ça surprend. Et quand je suis surprise, je clignote. Et quand je clignote, tout le monde croit qu'il y a une urgence.
— Il y a une urgence, dit Pipo. L'urgence de vaincre le grincement.
Talia posa sa cuillère avec un “tink” rassurant.
— On va faire une répétition générale. Comme au théâtre. On joue la scène du tiroir. On s'entraîne. Et on rit si ça grince.
J'aimai l'idée.
— Oui. Gestion des petites peurs : on découpe le gros “oh non” en petits “ça va”.
On se mit en position.
Mimo éclairait.
Pipo faisait le garde.
Talia commentait.
Péloche se tenait derrière moi, mais pas trop loin.
— Action, annonçai-je.
Je poussai le tiroir d'un millimètre.
Grrrrriiiik.
Pipo sursauta.
— Je n'ai pas sursauté. C'était un… échauffement.
— Encore, dit Talia. Avec moins de drame.
Je poussai un peu plus.
Grrrrriiiik… clac.
Rien ne sortit, à part l'odeur de bois ancien et un petit “pfou” d'air.
— Tu vois ? dit Mimo. Ce n'est que du bruit. Du bruit râleur.
Péloche s'avança d'un pas.
— Je peux… regarder ?
— Bien sûr, dis-je. Tu fais à ton rythme.
Péloche posa une manche sur le bord du tiroir. Il tremblait, mais il restait là.
— Je… je suis là, dit-il. Et j'ai peur. Mais je suis là.
Talia fit une petite pause, puis déclara :
— C'est une excellente phrase. Très chic.
Pipo ajouta :
— Et très héroïque.
On ouvrit le tiroir ensemble. Dedans, il y avait un chaos glorieux : des post-it collés entre eux comme une famille, une gomme qui avait l'air fatiguée, et un vieux carnet qui bâillait.
— Ah, dit le carnet, je pensais ne jamais revoir la lumière.
— On va ranger, dis-je. Un tiroir rangé fait moins peur. Il arrête de faire “mystère”.
Pipo se mit à trier les trombones en criant :
— Ligne droite ! Courbe ! Ligne droite ! Courbe !
Talia aligna les post-it par couleurs.
— Le jaune à gauche. Le rose à droite. Le vert… en paix intérieure.
Mimo éclairait les coins, fière de ne pas clignoter trop vite.
Péloche, lui, s'assit près de la gomme.
— Bonjour, dit-il.
— Bonjour, répondit la gomme, d'une voix un peu râpée. Tu as l'air d'avoir vécu des choses.
— Oui. Un rhinocéros invisible, par exemple.
La gomme fit un silence.
— …D'accord.
Pipo leva la tête :
— Je maintiens que c'était plausible.
Quand tout fut rangé, le tiroir glissa sans grincer. Enfin, presque. Il fit un petit “iiik” timide, comme un dernier souvenir.
— On t'a entendu, dit Talia au tiroir. Mais tu peux te calmer.
Le tiroir se tut, vexé.
Et tout le monde éclata de rire. Un rire qui rebondissait sur les murs du bureau, qui secouait les feuilles, qui faisait frémir la lumière de Mimo sans la faire paniquer.
Péloche rit aussi, un rire un peu en laine, mais sincère.
— Je crois que… j'aime être avec vous.
— Nous aussi, répondis-je. Et tu sais quoi ? Tu n'es pas “le pull qui éternue”. Tu es Péloche. Point.
Chapitre 6 — La main tendue
Le bureau était devenu plus clair. Plus calme. Comme si l'air lui-même avait rangé ses pensées.
On se remit chacun à notre place, mais pas comme avant. Il y avait un petit quelque chose de nouveau : une confiance partagée, un souvenir de poussière vaincue et de tiroir apprivoisé.
Péloche restait debout, hésitant, près du pot à crayons.
— Je… je peux rester ici ? demanda-t-il. J'ai peur de retourner sous le bureau. C'est silencieux, là-bas. Et mon imagination… elle parle trop fort.
Je regardai mes amis. Mimo avait l'air prête à dire oui, mais voulait être sûre. Talia faisait mine de réfléchir, mais son anse tremblait de gentillesse. Pipo avait déjà décidé.
— Oui ! déclara Pipo. Tu seras notre… euh… coussin de secours.
— Ce n'est pas très élégant, dit Talia, mais c'est vrai. Et puis, tu iras très bien avec la déco. Un style “confort courageux”.
Mimo ajouta, doucement :
— Et si tu as une petite peur, tu nous le dis. Comme ça, elle ne grandit pas dans ton coin.
Je pris une décision pratique, comme j'aime.
— On va te faire une place. Là, près de la lampe. Comme ça, tu n'es pas dans le noir. Et tu n'es pas trop près du bord. Et tu es avec nous.
Je glissai un peu mon pot à crayons. Pipo se fixa au rebord pour tenir un petit marque-page en guise de “pancarte”. Talia poussa sa soucoupe de quelques centimètres. Tout le monde participa, même Fripon le chiffon, qui fit un dernier petit pas de danse, juste pour le plaisir.
Péloche s'installa. Il soupira, longuement. Cette fois, ce n'était pas un éternuement.
— Merci, dit-il. Je pensais que mes peurs étaient… ridicules.
— Les petites peurs ne sont pas ridicules, dis-je. Elles sont petites, c'est tout. Et quand on les regarde ensemble, elles rapetissent encore.
Pipo hocha son métal.
— Et si un jour il y a un vrai rhinocéros invisible, je serai prêt.
Talia répondit, avec un sourire dans la voix :
— Bien sûr, Pipo. Bien sûr.
Mimo baissa un peu sa lumière, comme une veilleuse.
Le bureau, maintenant, ne faisait plus de bruits mystérieux. Juste les petits sons rassurants : le froissement d'une feuille, le tintement d'une cuillère, le clic d'un trombone, et le murmure doux d'un pull qui n'avait plus besoin de se cacher.
On resta là un moment, tranquilles, à savourer la paix comme une blague qui finit bien. Et dans cette lumière calme, on savait tous la même chose : on venait de passer un excellent moment ensemble, et la prochaine fois qu'une peur pointerait le bout de son nez, on aurait déjà la meilleure réponse… une main tendue, et un fou rire pas loin.