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Histoire rigolote sur les copains 11 à 12 ans Lecture 16 min.

Le relais du témoin au citron au musée des sciences

Quatre amis participent à un relais au musée où, entre illusions, télescopes farceurs et épreuves de tri, ils apprennent l'importance de la politesse et du travail d'équipe.

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Quatre enfants de 12 ans ramassent des déchets dans un parc ensoleillé attenant au musée : Léo, châtain clair, souriant et essoufflé, pose délicatement un tube à billes; Inès, cheveux noirs en queue de cheval et gilet jaune, tend une pince; Zoé, brune mi‑longue, accroupie, montre une canette dans un sac à moitié rempli; Yanis, cheveux noirs frisés avec une serviette en papier en guise de couronne, rit en faisant une révérence. Madame Bourdelle, femme d'une quarantaine d'années en blouse orange, les applaudit depuis près de la porte vitrée du musée; l'ambiance est lumineuse et chaleureuse, avec bancs, gravier, pelouse et poubelles de tri, cadrage centré sur le groupe. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1

Léo, 12 ans, avait un talent rare : il pouvait courir en silence… sauf quand il rigolait. Et il rigolait souvent. Ce mercredi-là, il était au musée scientifique avec ses copains, pour une animation spéciale : un relais rigolo à travers plusieurs salles.

Il y avait Inès, rapide comme un éclair et organisée comme un calendrier. Yanis, champion des blagues au mauvais moment. Et Zoé, observatrice, capable de remarquer une poussière sur un satellite miniature.

Dans le hall, une médiatrice, Madame Bourdelle, leur tendit quatre bracelets de couleurs.

— Bonjour, les jeunes. S'il vous plaît, vous allez former une équipe. Vous devrez passer un “témoins” de salle en salle.

Elle posa sur sa paume un objet étrange : un tube transparent rempli de petites billes qui tournaient quand on le secouait.

— Ceci est le témoin. Merci de le garder intact. Et… merci de ne pas courir dans les escaliers.

Léo hocha la tête avec un sérieux spectaculaire.

— Promis, madame. On va… courir sur du plat.

Inès lui donna un petit coup d'épaule.

— Léo, on dit “merci” d'abord.

— Ah oui. Merci, madame !

Madame Bourdelle sourit.

— Très bien. Première salle : les illusions d'optique. Quand vous réussissez l'épreuve, vous recevez un indice. À la fin, vous aurez une mission surprise.

Yanis chuchota :

— Mission surprise, ça sent le piège gentil.

Zoé murmura :

— Tant que ce n'est pas un piège avec des araignées.

— S'il vous plaît, suivez les flèches bleues, reprit Madame Bourdelle. Et… amusez-vous.

Ils partirent, le témoin dans la main de Léo, qui le secouait déjà.

— Ça fait “clac-clac” ! C'est hypnotisant !

Inès attrapa son poignet.

— Doucement. On a dit intact.

Léo fit semblant de l'embrasser comme un trésor.

— Intact. Respecté. Chouchouté. Promis juré.

Yanis ajouta :

— Et poli, surtout. Bonjour, monsieur le tube. Comment allez-vous ?

Le tube, lui, ne répondit pas. Mais on aurait dit qu'il roulait des yeux, si les billes pouvaient rouler des yeux.

Chapitre 2

Dans la salle des illusions, un panneau annonçait : “Épreuve 1 : la Course du Mirage”. Devant eux, un long couloir semblait se tordre comme un spaghetti. Au bout, une boîte à code attendait.

Un animateur en blouse blanche les accueillit.

— Bonjour ! Merci de ne pas toucher les miroirs. S'il vous plaît, vous devez atteindre la boîte sans vous tromper de direction. Les miroirs sont… taquins.

Yanis leva la main.

— Question : est-ce que les miroirs se moquent ?

— Ils se contentent de refléter, répondit l'animateur, très sérieux. À vous de rester aimables avec votre reflet.

Léo passa le témoin à Inès.

— À toi, capitaine du plan.

Inès s'avança, concentrée. Elle fit deux pas… et son reflet en fit trois. Enfin, c'est ce qu'elle crut, parce qu'elle sursauta.

— Oh ! J'ai l'impression d'être suivie par moi-même.

Zoé resta derrière, en commentatrice sportive.

— Attention, Inès attaque le virage du spaghetti… elle évite le mur… elle salue son double…

Inès, polie jusqu'au bout des lacets, lança à son reflet :

— Pardon, excusez-moi.

Yanis éclata de rire.

— Elle s'excuse auprès d'elle-même ! Ça, c'est de la diplomatie intérieure !

Léo s'avança à son tour, prenant le témoin. Il tenta une marche héroïque, menton haut. Mauvaise idée : il marcha droit sur un panneau “sortie” qui n'était pas une sortie.

— Ouille. Je viens de me faire refuser par une fausse porte.

L'animateur intervint :

— Merci de ne pas pousser. S'il vous plaît, utilisez les repères au sol.

Zoé repéra une ligne fine, presque invisible.

— Là ! Il y a des petits triangles sur le carrelage. On doit suivre les triangles, pas les reflets.

En file indienne, ils suivirent la piste. Inès murmurait “pardon” quand elle frôlait un miroir. Yanis saluait chaque reflet comme une foule en délire. Léo, lui, essayait de ne pas rire, ce qui le faisait encore plus rire.

Arrivés devant la boîte à code, Zoé lut l'instruction :

“Entrez le nombre de reflets que vous avez salués.” Yanis, tu as compté ?

— Bien sûr. J'ai salué… euh… beaucoup.

Inès croisa les bras.

— Yanis.

— D'accord. Quinze. Peut-être seize si on compte celui qui avait l'air fâché.

Léo posa le témoin sur le sol, bien droit.

— Merci, monsieur le témoin, de patienter.

Ils tapèrent “15”. La boîte s'ouvrit : un papier avec un indice.

“Indice : Cherchez la planète qui n'existe pas.”

Yanis plissa les yeux.

— Une planète qui n'existe pas… donc on doit la trouver. Logique du musée.

Zoé sourit.

— C'est probablement une maquette piégée. On y va.

Chapitre 3

La salle suivante s'appelait “Espace et Mini-Univers”. Des planètes suspendues flottaient comme des bonbons géants. Il y avait un Saturne avec des anneaux scintillants et une Terre qui tournait doucement, comme si elle était fière.

Un autre animateur les accueillit.

— Bonjour ! Merci de parler doucement ici, s'il vous plaît. Épreuve 2 : le Télescope Farceur. Vous devez repérer la planète qui n'existe pas dans notre système.

Inès chuchota :

— On dirait un jeu, mais avec des règles de bibliothèque.

Léo prit le télescope, passa le témoin à Zoé.

— Zoé, toi tu vois les détails.

Zoé colla l'œil au télescope.

— Je vois Mars… Jupiter… oh, une planète violette avec des pois.

Yanis se pencha.

— Des pois ? Comme un pyjama ?

L'animateur toussota doucement.

— S'il vous plaît, ne secouez pas le télescope.

Léo leva les mains.

— Pardon ! On ne secoue pas le télescope, promis.

Zoé recula, perplexe.

— Attendez… la planète violette change de place quand je cligne des yeux.

Inès observa le panneau explicatif.

“Effet de lentille inversée : certains objets apparaissent là où ils ne sont pas.” Donc la planète violette est peut-être… un reflet.

Yanis, inspiré, annonça :

— Alors, il faut être poli avec nos yeux. On leur dit : “s'il vous plaît, arrêtez de cligner”.

Léo gloussa, puis se reprit.

— S'il vous plaît, mes yeux, coopérez.

Zoé fit le tour du télescope et remarqua un petit autocollant sur une vitre.

— Voilà ! La planète violette n'est qu'un sticker sur la lentille. Elle “n'existe” pas dans la salle, elle est sur l'appareil.

Inès leva le pouce.

— Bien vu. On le signale.

Léo s'approcha de l'animateur.

— Bonjour, s'il vous plaît… On pense que la planète qui n'existe pas, c'est celle collée sur la lentille.

L'animateur sourit, ravi.

— Exact ! Merci pour votre politesse, et bravo. Voici votre indice.

Ils reçurent un deuxième papier :

“Indice : votre mission surprise sent le citron.”

Yanis renifla.

— Le citron… ça sent le produit ménager. Ou la tarte.

Zoé ajouta :

— Ou les gants de ménage.

Inès fronça les sourcils.

— Nettoyer ? Au musée ? Ça serait… original.

Léo tapota le témoin.

— Monsieur le témoin, j'espère que vous aimez le citron.

Le témoin ne répondit pas. Mais les billes firent “clac-clac”, comme si elles riaient aussi.

Chapitre 4

Dans la salle “Forces et Mouvement”, un grand tapis roulait lentement. Sur une table : des pinces, des gants, et des sacs pliés.

Madame Bourdelle réapparut, sourire mystérieux.

— Bonjour ! Merci d'être arrivés jusqu'ici. Votre mission surprise commence maintenant : un relais rigolo… de propreté.

Inès souffla :

— Je savais.

Madame Bourdelle expliqua :

— S'il vous plaît, vous allez faire une course en équipes. À chaque étape, vous devrez transporter un objet “sale” — enfin, une imitation — jusqu'à la station de tri. Puis vous passerez le témoin. Le but : remplir un sac de déchets… mais seulement avec les bons déchets, au bon endroit. Et toujours avec politesse : vous devrez dire “s'il vous plaît” en demandant les pinces, “merci” en déposant, et “pardon” si vous gênez quelqu'un. Sinon, pénalité : une minute de danse du robot.

Yanis ouvrit de grands yeux.

— Danse du robot… devant tout le monde ?

— Très exactement, répondit Madame Bourdelle, ravie. Et le robot est… très raide.

Léo se redressa.

— On sera poli. Polis comme des princes. Polis comme… des encyclopédies.

Zoé chuchota :

— Les encyclopédies ne parlent pas.

— Justement, répondit Léo. Elles sont calmes.

Le départ fut donné. Inès demanda :

— S'il vous plaît, je peux avoir une pince ?

On lui donna. Elle saisit un “papier gras” factice, le déposa dans la bonne boîte.

— Merci.

Elle passa le témoin à Yanis. Yanis, très motivé, courut… puis s'arrêta net devant un panneau “NE PAS COURIR”.

— Oups. Pardon, panneau.

Il marcha vite, ce qui était sa version de la sagesse. Il attrapa un faux gobelet.

— S'il vous plaît, où ça va, ça ?

Zoé pointa.

— Plastique. Et dis “merci” après.

Yanis déposa le gobelet.

— Merci, noble poubelle.

Madame Bourdelle nota sur une tablette :

— Hum. “Noble poubelle”, c'est… original, mais poli. Validé.

Léo prit le témoin. Il demanda une pince, très sérieux :

— S'il vous plaît, je souhaite saisir un déchet avec élégance.

Il attrapa une “peau de banane” en mousse. Elle glissa, rebondit, et atterrit sur son épaule comme un perroquet triste.

— Je suis attaqué par une banane !

Yanis étouffa un fou rire.

— Elle t'a choisi comme arbre.

Léo tenta de la décrocher sans la faire tomber, en chuchotant :

— Pardon, madame la banane, pourriez-vous descendre ?

Zoé, morte de rire mais efficace, l'aida.

— Tiens, je la prends. S'il te plaît, ne bouge pas.

Inès ajouta :

— Merci, Zoé. Et Léo… respire.

Ils déposèrent la banane en mousse au bon endroit. Le relais continuait, et leur sac se remplissait peu à peu, proprement, comme un puzzle qui sentait le citron.

Chapitre 5

À la dernière étape, une surprise les attendait : une grande porte vitrée donnant sur le parc du musée. Sur un panneau : “Final : Relais du Parc Propre”.

Madame Bourdelle leur tendit un sac de déchets vide, tout neuf, et des gants.

— S'il vous plaît, dehors il y a de vrais petits déchets tombés du goûter de visiteurs : papiers, emballages, canettes. Rien de dangereux. Vous faites un tour, vous ramassez, vous triez dans ce sac, et vous revenez. Le parc doit rester propre.

Inès acquiesça.

— D'accord. On va faire ça vite et bien.

Yanis leva la main.

— Question : si on trouve un déchet qui a l'air triste, on le réconforte ?

— Vous pouvez lui dire merci, répondit Madame Bourdelle, amusée. Mais surtout, vous le ramassez.

Dans le parc, le soleil faisait briller les graviers. Des enfants jouaient plus loin. Sous un banc, Zoé repéra un paquet de chips froissé.

— Celui-là se cache. Comme s'il avait honte.

Léo s'accroupit.

— Ne t'inquiète pas, paquet de chips. On va te sortir de là. Pardon, banc.

Il le ramassa avec la pince et le mit dans le sac.

— Merci.

Yanis, lui, trouva une canette près d'un buisson.

— Oh ! Une canette en liberté. S'il vous plaît, tu viens avec nous.

Inès éclata de rire.

— Yanis, tu négocies avec une canette !

— On ne sait jamais, répondit-il. Si elle refuse, je devrai faire la danse du robot.

Zoé repéra un mouchoir en papier qui s'était collé à une branche basse. On aurait dit un petit drapeau blanc.

— Il se rend.

Léo leva la pince comme une grue.

— Mission sauvetage. S'il vous plaît, mouchoir, lâche l'arbre.

Le mouchoir tomba… sur la tête de Yanis.

— AH ! Je suis couronné !

Inès essuya une larme de rire.

— Pardon, majesté.

Yanis fit une révérence.

— Merci. Je promets d'être un roi très propre.

Ils continuèrent ainsi, avec des “s'il vous plaît” pour demander le passage, des “pardon” quand ils se croisaient trop près, et des “merci” même pour les petits gestes : une pince tendue, un sac tenu, un conseil chuchoté.

À un moment, Léo vit une dame chercher quelque chose dans son sac.

— Bonjour madame, s'il vous plaît, vous avez fait tomber ça ? demanda-t-il en montrant un petit emballage.

La dame sursauta, puis sourit.

— Oh ! Oui, merci beaucoup. Je ne l'avais pas vu. C'est gentil.

Elle le prit et le mit elle-même dans une poubelle proche.

— Bonne visite !

Léo revint vers ses amis, un peu fier.

— Vous avez vu ? Politesse… efficacité.

Zoé approuva.

— Et zéro danse du robot.

Yanis fit mine d'être déçu.

— Dommage. J'avais préparé mes articulations.

Inès souleva le sac : il était bien rempli, sans déborder.

— On a notre sac de déchets. Et le parc est propre.

Ils retournèrent vers Madame Bourdelle. Léo posa le témoin dans sa main, doucement, comme s'il déposait un oisillon.

— Merci, monsieur le témoin. Mission accomplie.

Madame Bourdelle inspecta le sac, puis leur lança :

— Bravo. Merci pour votre sérieux, et surtout merci pour votre politesse. Vous avez fait un relais rigolo, et le parc est impeccable.

Yanis chuchota à Léo :

— Tu crois que le tube va enfin parler ?

Léo secoua le témoin. “Clac-clac.”

— Il dit “merci” à sa façon.

Ils s'assirent sur un muret, essoufflés. Leurs rires retombaient doucement, comme une pluie légère qui s'arrête. Le soleil chauffait les épaules, et le parc, maintenant propre, semblait respirer.

Inès soupira, contente.

— On a coopéré. On s'est pas disputés. Et on a même parlé poliment à des déchets.

Zoé ajouta :

— Et à nous-mêmes, dans les miroirs.

Yanis conclut, très sérieux :

— Finalement, dire “s'il vous plaît”, “merci” et “pardon”, c'est comme un super-pouvoir. Ça évite les embrouilles. Et ça rend même une canette plus sympathique.

Léo les regarda, le sourire tranquille.

— Ouais. Et ça rend les fous rires encore meilleurs… parce qu'ils sont partagés.

Ils restèrent là un moment, à bavarder doucement, à se taquiner sans se piquer, avec ce sentiment simple : ils avaient passé une journée géniale, ensemble, et leur amitié, comme le parc, était un peu plus propre, un peu plus solide, et surtout très vivante.

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Médiatrice
Personne qui explique les expositions et aide les visiteurs au musée.
Animation spéciale
Activité organisée et amusante proposée pour un groupe précis.
Relais rigolo
Course en équipe où l’on se passe un objet, faite pour s’amuser.
Témoin
Objet que l’on doit garder et passer entre les participants.
Les illusions d’optique
Images ou objets qui trompent les yeux et paraissent différents.
Boîte à code
Coffre fermé qu’il faut ouvrir en entrant le bon nombre ou mot.
Effet de lentille inversée
Phénomène où l’image vue par une lentille semble déplacée ou inversée.
Maquette piégée
Petit modèle qui contient une astuce ou un piège pour tromper le visiteur.
Mission surprise
Tâche inconnue donnée à la fin, que l’on découvre ensuite.
Relais du Parc Propre
Épreuve finale où l’on ramasse et trie des déchets dans le parc.

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