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Histoire d'extraterrestre 11 à 12 ans Lecture 21 min. (1)

Les antennes de prêt et le vaisseau-école des étoiles

Quatre amies rencontrent Piko, un extraterrestre professeur dont le vaisseau-école atterrit près de leur école, et apprennent à communiquer avec des antennes tout en coopérant pour réparer un traducteur défaillant et affronter une porte de salle interdite.

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Cinq personnages se tiennent sur la pelouse de l'école au crépuscule : Lina (≈11 ans) châtain en queue de cheval, veste coupe-vent bleue, tenant un bandeau d'antennes et levant la main pour signaler ; Nour (≈11 ans) cheveux bouclés noirs, pull vert clair, pieds nus, souriant et applaudissant ; Zoé (≈11 ans) blonde en tresse, malicieuse, sac à dos tombant, mimant une antenne ; Maëlle (≈11 ans) brune aux cheveux courts, concentrée, tenant une petite lamelle de cristal réparée près de la porte du vaisseau ; et Piko, petit extraterrestre à peau argentée nacrée, tête large avec deux antennes lumineuses, accueillant depuis l'escalier d'un vaisseau-école argenté en forme de graine posé sur l'herbe; ambiance calme et lumineuse d'étonnement, coopération et prudence, ciel violet rosé, filets de soccer et gymnase en brique en arrière-plan. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Le bourdonnement dans le ciel

Lina marchait prudemment, les mains dans les poches de son coupe-vent, en observant les nuages comme si l'un d'eux allait lui faire un clin d'œil. À côté d'elle, Nour sautillait sur le trottoir, Zoé traînait son sac de sport en le faisant racler exprès, et Maëlle mâchonnait l'extrémité d'un crayon, comme si elle écrivait déjà l'aventure dans sa tête.

— Vous entendez? demanda Lina.

Un bourdonnement, doux mais profond, vibrait dans l'air. Pas comme un avion. Plutôt comme… un énorme chat qui ronronne au-dessus de la ville.

— C'est peut-être le camion des glaces, dit Nour. Mais version géante.

— À cette heure-là? fit Zoé. Et il vendrait des glaces au goût “batterie”?

Elles arrivèrent près du gymnase de l'école, là où les fenêtres donnaient sur le terrain de soccer. Et c'est là qu'elles le virent.

Une forme argentée flottait au-dessus de la pelouse. Pas très grande, plutôt longue et lisse, comme une graine brillante. Sous sa coque, des lumières bleues faisaient des vagues, doucement, comme une respiration.

Maëlle avala sa salive.

— On… on prévient un adulte?

Lina hocha la tête, mais resta immobile. Prudente, oui. Curieuse, encore plus.

— On ne s'approche pas. On regarde d'ici. Et si ça bouge, on recule.

Comme si le vaisseau l'avait entendue, une petite ouverture s'ouvrit sur le côté, sans bruit. Un escalier se déplia, fin et blanc, jusqu'à l'herbe.

— C'est une invitation, souffla Nour, les yeux ronds.

— Ou un piège, répondit Lina.

Zoé se pencha.

— Si c'était un piège, ils mettraient un panneau “ENTREZ, C'EST TOTALEMENT SÛR”, non?

Lina faillit rire, mais son cœur battait trop vite. Au bas de l'escalier, une silhouette apparut. Petite. Mince. Une tête un peu trop grande, et surtout… deux antennes souples, dressées au-dessus du front, qui tremblaient comme des brins d'herbe au vent.

L'extraterrestre leva les mains. Ses antennes se courbèrent vers l'avant, puis s'écartèrent doucement, comme une porte qui s'ouvre.

— Bon… jour, dit-il d'une voix claire, un peu chantante.

Nour porta une main à sa bouche.

— Il parle!

Lina fit un pas en avant, mais pas trop. Elle se força à respirer lentement, comme quand sa mère disait: “On observe, on réfléchit, on agit.”

— Bonjour, répondit-elle.

L'extraterrestre inclina la tête. Ses antennes frémirent, comme si elles écoutaient aussi avec leur peau.

— Bonjour… avec antennes, ajouta-t-il, très sérieux.

Zoé, incapable de se retenir, murmura:

— Nous, on n'a pas l'équipement.

L'extraterrestre la regarda, puis fit un geste. Deux petits objets brillants sortirent de sa manche: des bandeaux souples, chacun avec deux antennes fines en plastique translucide.

— Antennes de prêt, annonça-t-il fièrement.

Nour éclata d'un rire étonné.

— Il a prévu notre… manque d'antennes!

Lina hésita. Prudent, prudent… Mais l'extraterrestre n'avançait pas. Il attendait. Comme on attend qu'un chat décide si vous êtes digne d'être reniflé.

— On peut les toucher? demanda Maëlle.

— Oui. Doux. Pas mordant, dit l'extraterrestre, comme si c'était une catégorie importante.

Lina tendit la main et prit un bandeau. Léger, tiède, pas du tout dangereux. Elle le posa sur sa tête. Les antennes tressaillirent, comme si elles se réveillaient.

— Oh! fit-elle. Ça chatouille.

— Normal, répondit l'extraterrestre. Antennes contentes.

Zoé et Nour en mirent aussi. Maëlle, elle, attendit une seconde de plus, puis céda, la bouche pincée de concentration.

L'extraterrestre sourit. Ses antennes se courbèrent vers elles, puis se redressèrent.

— Bonjour complet, dit-il. Je suis Piko. Vaisseau-école ici. Visite? Très courte. Très sûre.

Lina regarda ses amies. Quatre filles, quatre bandeaux d'antennes, et un vaisseau qui ronronnait comme un secret.

— D'accord, dit-elle. Mais on reste ensemble. Et si on ne comprend pas, on demande. Pas de “je touche à tout”.

Zoé leva deux doigts.

— Promis. Je ne touche qu'avec les yeux.

Piko applaudit sans faire de bruit, comme s'il applaudissait dans l'eau.

— Très prudent. Très bien. Suivez, pas courir. Vaisseau pas aime les pieds pressés.

Chapitre 2 — Le vaisseau-école aux couloirs lumineux

L'escalier semblait solide, mais Lina posa le pied comme si l'herbe pouvait soudain se transformer en savon. Elle monta lentement, Nour derrière, Zoé qui commentait tout à voix basse, et Maëlle qui comptait les marches.

— Vingt-sept, annonça-t-elle. Pas mal. Moi, j'aurais mis vingt-six, mais bon.

À l'intérieur, l'air sentait la menthe et la pluie. Les murs étaient lisses, couleur nacre, et des lignes de lumière couraient au sol, comme des rivières.

— Wow, souffla Nour. On dirait un couloir de rêve.

Piko fit glisser une porte sans poignée.

— Ici, salle d'accueil. On enlève chaussures? Pas obligatoire. Mais vaisseau aime propreté.

Zoé regarda ses baskets.

— Mes chaussures ont déjà vu pire que l'espace.

Lina, elle, les retira. Nour l'imita. Maëlle aussi. Zoé soupira et finit par céder.

— D'accord, d'accord. Je respecte les goûts du vaisseau. Même s'il n'a pas de nez.

Piko les conduisit dans une pièce ronde. Au centre, une table flottait à quelques centimètres du sol, avec des objets étranges: des cubes transparents, des crayons qui écrivaient tout seuls sur des feuilles lumineuses, une petite sphère qui changeait de couleur quand on la regardait.

Sur un mur, un écran montrait des étoiles, puis une planète verte, puis… leur école, vue d'en haut, comme sur une carte.

— C'est une école? demanda Lina.

Piko hocha la tête.

— Vaisseau-école. On apprend routes, langues, gestes de paix. Aujourd'hui, leçon: “Dire bonjour avec antennes”.

Nour redressa fièrement les siennes.

— On est déjà en avance!

Piko fit un signe de la main, et une petite plateforme sortit du sol. Quatre silhouettes y apparurent, comme des hologrammes: des extraterrestres de tailles différentes, chacun avec des antennes aux formes variées.

— Exercice, dit Piko. Antennes: salut, écoute, prudence.

— Les antennes servent à quoi, exactement? demanda Maëlle, les yeux brillants.

— Sentir émotions. Et intentions. Pas lire pensées, précisa Piko en regardant Zoé, comme s'il l'avait devinée.

Zoé croisa les bras.

— Dommage, j'avais une blague parfaite, mais elle est dans ma tête.

Piko fit frémir ses antennes. Lina commença à comprendre: ces mouvements étaient une sorte de ponctuation.

— Regardez, dit Piko.

Ses antennes se penchèrent doucement vers elles, puis s'ouvrirent en éventail. Les hologrammes imitèrent le geste.

— Ça veut dire “je viens en paix”. Très important.

Lina essaya. Ses antennes de prêt se plièrent un peu trop vite et lui chatouillèrent le front.

— Oups.

Piko rit, un petit son comme une goutte qui tombe.

— Bien! Maintenant, prudence. Antennes vers arrière.

Lina les recula. Nour aussi. Zoé fit exprès de les reculer comme des oreilles de lapin vexé.

— Prudence… ou “je ne te fais pas confiance”, dit Zoé.

— Prudence, rectifia Piko. Pas insultant. Juste… sécurité.

Maëlle répéta le geste avec application.

— C'est comme quand on garde une distance sans être méchant, dit-elle.

Piko la pointa du doigt.

— Exact. Toi, bonne élève.

Maëlle rougit, heureuse.

Piko activa ensuite une autre leçon: des images de créatures variées, et sous chacune, un geste d'antennes. Lina sentit sa curiosité grandir, mais elle gardait un coin de sa tête pour la prudence. Il y avait des portes, des boutons, des lumières… et des technologies qui pouvaient faire n'importe quoi.

— On ne va pas trop loin, hein? demanda-t-elle.

Piko acquiesça.

— Visite courte. Après, retour maison. Vaisseau respecte règles des petits humains.

Zoé leva la main.

— Question: pourquoi vous êtes venus ici? Sur notre terrain, en plein jour?

Piko cligna des yeux, puis ses antennes se penchèrent, comme gênées.

— Erreur de navigation. Leçon “atterrir discret” pas encore maîtrisée.

Nour éclata de rire.

— Donc vous êtes… une classe en sortie scolaire?

— Oui. Avec professeur, dit Piko, puis il montra sa poitrine. Moi.

Zoé chuchota à Lina:

— Le prof a l'air plus petit que nous.

— Chut, répondit Lina. Petit ne veut pas dire inoffensif. Mais… il a l'air gentil.

Piko les conduisit vers un autre couloir, où des hublots donnaient sur le ciel. Elles aperçurent la ville, minuscule, et la cour d'école comme un dessin.

— On vole! souffla Nour.

Lina sentit ses jambes devenir du coton.

— Piko… on vient de décoller?

— Un peu. Juste haut. Pas partir loin, promit-il.

Lina serra les dents.

— Préviens avant, la prochaine fois.

Piko inclina ses antennes en arrière.

— Prudence acceptée. Désolé.

Chapitre 3 — La classe des étoiles et le petit problème

La “classe” du vaisseau-école ressemblait à un planétarium. Des constellations glissaient au plafond, et des sièges s'ajustaient tout seuls à leur taille, comme des coussins vivants.

— Ce vaisseau me connaît mieux que mon tabouret de cuisine, marmonna Zoé.

Piko appuya sur une plaque murale. Un globe de lumière apparut, montrant une trajectoire en pointillés.

— Leçon: “coopération”. Quand on voyage, on aide. Aujourd'hui, besoin d'aide.

Lina se redressa.

— Quel genre d'aide?

Piko pointa un coin de la salle. Une boîte transparente clignotait en rouge.

— Traducteur… fatigué. Il mélange mots. Risque de malentendu. Malentendu = pas bon. Vous, vous connaissez langue humaine. Vous pouvez… réparer avec moi.

Maëlle s'approcha, mais Lina la retint doucement par la manche.

— On ne touche pas sans consigne.

Piko hocha la tête très vite.

— Oui. Très bien. On regarde d'abord.

Il ouvrit la boîte avec un geste, révélant des lamelles de cristal, et un petit circuit qui faisait penser à un flocon de neige.

— C'est beau, souffla Nour.

— Et fragile, ajouta Lina.

Piko montra une lamelle qui tremblait.

— Il faut remettre ici. Mais mains de Piko trop… tremblantes aujourd'hui. Excité. Première rencontre.

Zoé plissa les yeux.

— Donc tu as besoin de… doigts humains?

— Oui. Doigts prudents.

Lina inspira. Elle avait peur de casser quelque chose, mais c'était justement une occasion d'être prudente: faire lentement, demander, vérifier.

— Maëlle est la plus précise, dit-elle. Mais je veux qu'on soit deux à vérifier.

— Moi je peux tenir la lampe, dit Nour.

— Et moi je peux… faire la supervision morale, annonça Zoé. C'est un métier.

Piko fit apparaître un outil, comme une pince douce, qui vibrait légèrement.

— Maëlle, tu prends. Tu avances lentement. Antennes prudence, dit-il.

Maëlle recula ses antennes de bandeau, concentrée, puis saisit la lamelle de cristal. Elle la glissa dans une fente. Un clic presque inaudible se fit.

La boîte passa du rouge à l'orange, puis au vert.

— Réussi, déclara Piko, et ses antennes s'ouvrirent en éventail. Bonjour content!

Nour applaudit.

— On a réparé un truc alien! Enfin… extraterrestre. Enfin… Piko.

Zoé se pencha vers la boîte.

— Et maintenant, tu ne vas pas traduire “bonjour” par “donne-moi ta chaussette”?

La boîte répondit, d'une voix métallique:

— Bonjour. Je ne veux aucune chaussette.

Zoé recula d'un pas.

— D'accord, il marche vraiment.

Piko prit une grande inspiration, comme soulagé.

— Merci. Coopération. Vous, excellentes élèves.

Lina sentit son ventre se détendre un peu. Elle regarda par le hublot: le terrain de soccer était toujours là, en dessous, et le gymnase tout près. Ils n'étaient pas loin. Piko avait tenu parole.

Puis, soudain, le vaisseau émit un petit “ding”, comme un micro-ondes poli.

Une voix douce résonna dans les murs, traduite parfaitement:

— Attention: zone interdite ouverte.

Piko sursauta. Ses antennes partirent dans tous les sens.

— Oh non. Pas ça.

— Quelle zone interdite? demanda Lina.

Piko se mordilla la lèvre.

— Salle des expériences. Pas dangereuse… si on sait. Mais pour vous, inconnue. Prudence maximale.

Zoé leva la main.

— Je propose qu'on fasse ce que font tous les héros prudents: on n'y va pas.

Nour pointa pourtant le couloir où une porte venait de s'entrouvrir, laissant filtrer une lumière violette.

— Mais… si c'est ouvert, quelqu'un peut y tomber.

Maëlle fit une grimace.

— Ou quelque chose peut sortir.

Lina pensa à la règle la plus simple: empêcher un problème de grandir.

— Piko, on peut fermer la porte?

Piko essaya, mais la porte resta entrouverte, comme si elle boude.

— Serrure bloquée. Il faut code… dans salle.

Zoé soupira.

— Donc on doit aller dans la salle interdite pour fermer la salle interdite. C'est logique… d'extraterrestre.

Lina posa une main sur la poignée, sans entrer.

— On y va ensemble. On ne touche à rien. On marche lentement. Si quelque chose bouge, on recule. D'accord?

Les trois autres acquiescèrent. Même Zoé, très sérieuse tout à coup.

— Antennes prudence, murmura Maëlle.

Et leurs quatre bandeaux frémirent comme un seul.

Chapitre 4 — La salle violette et le bon geste

La salle des expériences était plus petite que Lina l'imaginait. Des bocaux flottaient dans l'air, remplis de bulles lumineuses. Des plantes transparentes poussaient dans des tubes. Au centre, un petit robot roulait en cercle, comme s'il cherchait une place de stationnement.

— C'est… joli, dit Nour, fascinée.

— C'est… suspect, dit Zoé, qui trouvait toujours un mot pour remettre un peu de terre sur les étoiles.

Piko chuchota:

— On ferme porte vite. Code sur panneau là-bas. Mais robot… peut appuyer boutons.

Comme pour le contredire, le robot s'arrêta et pointa un bras vers un tableau de commandes. Il émit un bip enthousiaste et avança.

— Hé! s'écria Nour.

Lina tendit les bras, sans courir.

— Stop! Ne touche pas!

Le robot ne comprenait pas. Il n'avait pas d'antennes, lui.

Piko se frappa le front.

— Robot de nettoyage. Trop curieux. Comme… petites filles.

Zoé le regarda.

— Pardon?

Piko agita ses antennes, confus.

— Comme… moi. Curieux. Excuse. Je dis pas bien.

Lina, malgré la tension, eut un petit sourire. Puis elle se concentra. Si les antennes servaient à montrer l'intention… peut-être qu'elles pouvaient aussi calmer.

— Piko, comment on dit “arrête” avec les antennes, mais gentiment?

Piko se redressa, heureux d'avoir une solution.

— Antennes en croix. Doucement. Ça veut dire “pause, sécurité”.

Lina croisa ses antennes de bandeau devant son front, lentement. Nour fit pareil. Maëlle aussi. Zoé, un peu maladroite, croisa les siennes comme deux baguettes de tambour.

Le robot s'arrêta net. Son œil lumineux passa du bleu au jaune, comme s'il réfléchissait.

— Oh! souffla Maëlle. Ça marche!

Piko fit le geste à son tour, avec une précision parfaite. Le robot recula de deux pas, puis tourna sur lui-même et se mit à suivre une ligne lumineuse au sol, loin du panneau.

— Bon robot, dit Zoé. Tu viens d'éviter une bêtise. Bienvenue au club.

Piko courut—enfin, il trottina—jusqu'au panneau et entra un code en effleurant des symboles. La porte se referma avec un “pouf” doux, comme un oreiller qui tombe.

La lumière violette s'éteignit. Le vaisseau sembla respirer mieux.

Lina relâcha ses épaules.

— Voilà. Problème réglé. Et sans toucher aux trucs bizarres.

Piko hocha la tête, ses antennes en arrière, signe de respect prudent.

— Vous, très sages. Vous avez utilisé geste, pas force. C'est… coopération pacifique.

Nour sourit.

— On a appris quelque chose de nouveau.

Maëlle ajouta:

— Et on a évité d'aggraver une situation. C'est ça, être prudent.

Zoé fit semblant de se rengorger.

— Donc, officiellement, je suis une héroïne responsable. Je veux un badge.

Piko réfléchit, puis sortit quatre petites pastilles argentées, chacune gravée d'une constellation.

— Badge de vaisseau-école, dit-il. “Élève invitée”.

Lina prit la sienne. Elle était froide au début, puis elle se réchauffa contre sa paume, comme si elle enregistrait sa présence.

— Merci, Piko. Mais… comment on explique ça à nos parents?

Piko cligna des yeux, puis ses antennes s'ouvrirent, amusées.

— On n'explique pas. On dit… “on a appris salut avec antennes imaginaires”. C'est vrai.

Zoé pouffa.

— Des antennes imaginaires. Ça va être la meilleure excuse de devoirs.

Chapitre 5 — Le retour et le bonjour qui reste

Le vaisseau descendit doucement, si doucement que Lina ne s'en rendit compte qu'en voyant l'herbe grandir dans le hublot. La porte s'ouvrit, l'escalier se déplia, et l'air du soir entra, tiède et familier.

Avant de partir, Lina se tourna vers Piko.

— On doit te rendre les antennes?

Piko secoua la tête.

— Cadeau. Pour se souvenir. Mais… prudence: pas porter à l'école si ça crée panique.

Nour fit une moue.

— Dommage. J'aurais adoré voir la tête de la directrice.

— Je la vois déjà, murmura Zoé. Antennes en arrière, très arrière.

Maëlle s'approcha de Piko.

— Tu reviendras?

Piko prit une seconde avant de répondre, comme s'il regardait une carte invisible.

— Peut-être. Mais pas atterrir sur terrain sans prévenir. Leçon apprise.

Lina leva ses antennes de bandeau et fit le geste d'éventail, lentement.

— Bonjour en paix, dit-elle.

Les trois filles imitèrent. Piko répondit, ses antennes frémissantes.

— Bonjour complet. Merci.

Elles descendirent. À peine leurs pieds sur l'herbe, le vaisseau s'éleva, silencieux cette fois, et glissa dans le ciel comme une étoile qui aurait décidé de rentrer tôt.

Sur le chemin du retour, la ville semblait la même, mais Lina avait l'impression que les lampadaires brillaient un peu plus.

— Vous réalisez? murmura Nour. On a été dans un vaisseau-école.

— Et on n'est pas mortes, ajouta Zoé. C'est un détail encourageant.

Maëlle serra sa pastille argentée dans sa poche.

— Ce que je préfère, c'est le geste pour faire “pause”. C'est utile même sans robot.

Lina acquiesça.

— Oui. La prudence, c'est aussi savoir dire “stop” calmement.

Elles arrivèrent chez Lina pour un devoir de maths—officiellement. Elles parlèrent à voix basse, refirent les gestes d'antennes, et rirent quand Zoé fit le “salut en paix” tellement grand que ses antennes de bandeau glissèrent de travers.

Plus tard, Nour rentra chez elle, puis Maëlle, puis Zoé, en se promettant de ne pas raconter n'importe quoi, parce que “n'importe quoi” attire les ennuis.

Lina monta dans sa chambre. Elle posa la pastille sur sa table de nuit, près d'une lampe en forme de lune. Elle regarda son bandeau d'antennes et le rangea dans un tiroir, avec un soin presque cérémonieux.

— Demain, pensa-t-elle, on aura l'air normales. Et c'est très bien.

Elle se glissa sous sa couette. En bas, les bruits de la maison diminuèrent: un robinet, une porte, un dernier pas. Puis le silence s'installa, doux comme une couverture.

Dans l'obscurité, Lina imagina Piko dans son vaisseau-école, répétant encore: “Bonjour complet”, et elle fit, sous la couette, un petit geste d'antennes invisibles.

La maison s'endormit, pièce après pièce, comme si elle fermait les yeux avec prudence, sans jamais oublier la lumière des étoiles.

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Bourdonnement
Un bruit continu et grave, comme un moteur ou un très gros ronronnement.
Coque
La partie extérieure et solide d'un objet, comme la carapace d'un vaisseau.
Nacre
Matière brillante à l'intérieur des coquillages, qui réfléchit la lumière doucement.
Hologrammes
Images projetées en trois dimensions qui semblent flotter dans l'air.
Trajectoire
Le chemin suivi par un objet en mouvement, comme une courbe dans le ciel.
Prudence
Attitude de soin et d'attention pour éviter le danger ou les erreurs.
Antennes
Organes fins qui servent à sentir ou communiquer, ici portés sur la tête.
Sphère
Objet en forme de boule, parfaitement rond dans toutes les directions.
Plateforme
Surface plane surélevée, utilisée pour poser ou montrer quelque chose.
Lamelles
Petits morceaux plats et fins, souvent fragiles et superposés.
Circuit
Ensemble de pièces électriques qui forment un chemin pour le courant.
Bocaux
Récipients en verre ou en plastique, souvent fermés, pour garder des objets.
Traducteur
Appareil ou personne qui change des mots d'une langue en une autre.
Hublots
Fenêtres rondes sur un véhicule, comme celles d'un vaisseau ou d'un bateau.

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