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Histoire d'extraterrestre 11 à 12 ans Lecture 22 min.

Malo et Spire, le message des étoiles

Malo, un garçon bricoleur, découvre et aide une petite créature nommée Spire à réparer un mystérieux module de communication défectueux dans la colonie, apprenant au passage l'importance d'écouter et d'affronter ses peurs.

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Malo, 12 ans, ému et tendre, yeux brillants, cheveux châtains en bataille, veste bleue à patch "écrou souriant", tient une petite capsule violette en poche et pose la main sur un module métallique en regardant une colonne de lumière; devant lui, Spire, petite créature extraterrestre gracile à peau gris perle, grands yeux noirs et trois doigts fins, en combinaison argentée, à genoux, main sur le module, visage soulagé et triste, s'enveloppant d'un rayon d'argent descendant du plafond; en arrière-plan, un robot de nettoyage blanc compact passe sans s'arrêter; le cadre est un réfectoire nocturne spacieux aux longues tables métalliques, éclairage bleu-violacé et reflets métalliques au sol, l'atmosphère mêle émotion, mystère et douceur. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1

Malo avait onze ans et une manie rare pour son âge : il ne savait pas passer devant quelque chose de cassé sans vouloir le réparer. Un jouet bancal, une fermeture éclair capricieuse, un bouton d'ascenseur qui restait coincé… Il disait que les objets avaient parfois besoin qu'on leur parle gentiment.

Ce soir-là, la colonie de Kermès-3 dormait presque. Les couloirs du dôme principal étaient calmes, comme si quelqu'un avait posé une grande main sur les bruits. Par les hublots, la planète déroulait une nuit couleur prune, piquée de poussière lumineuse.

Malo rentrait du club de bricolage avec son sac d'outils, quand il entendit un petit “tic-tic-tic” derrière les casiers du sas B.

— Qui est là ? chuchota-t-il, comme si un “qui est là” pouvait être plus poli en chuchotant.

Le “tic-tic-tic” répondit par un “bzzzz” fatigué.

Malo s'agenouilla, écarta une caisse vide et découvrit une chose impossible : un petit module, gros comme une boîte à goûter, en métal nacré. Sur sa coque, des lignes fines s'allumaient puis s'éteignaient, comme une respiration qui manquait d'air.

Une petite silhouette sortit de l'ombre, pas plus haute que son sac. Elle avait une peau grise et lisse, des yeux très noirs, et trois doigts qui se tortillaient d'inquiétude.

Malo sentit son cœur faire un saut périlleux.

— Euh… bonsoir, dit-il. Je m'appelle Malo.

La créature inclina la tête.

— Mo… lo, répéta-t-elle, en détachant les sons comme si elle les goûtait.

Elle montra le module et fit un bruit de gorge qui ressemblait à “Gri-rii”.

— Tu veux dire que ça s'appelle… Gri-rii ? demanda Malo.

La créature secoua la tête puis posa les mains sur le module avec un geste tendre.

— À toi ? devina Malo.

Elle acquiesça, puis fit un signe vers le plafond, vers le ciel, et enfin vers elle-même. Et là, sa bouche se pinça, comme si elle retenait une larme.

Malo comprit sans mots : quelqu'un attendait un message. Et le message ne partait pas.

— D'accord, dit-il doucement. On va l'aider. Mais… il faudra que tu m'expliques, hein. Lentement.

La créature cligna des yeux, comme un “oui” tout simple.

Malo regarda autour : aucune alarme, aucun adulte. Juste le couloir, la lumière bleutée, et l'univers qui semblait retenir son souffle.

Il souleva le module avec précaution.

— Viens. Il y a un endroit où on peut travailler sans se faire repérer. Et… où il reste parfois du chocolat chaud.

La créature pencha la tête, comme si “chocolat chaud” était une promesse merveilleuse. Elle le suivit sur la pointe des pieds, presque sans bruit.

Chapitre 2

Le réfectoire de nuit était un drôle de lieu : un grand espace avec des tables alignées comme des pistes d'atterrissage miniatures. Les lumières y étaient tamisées, réglées en mode “nuit calme”. Les distributeurs chuchotaient, les écrans clignotaient au ralenti. On se serait cru dans une bibliothèque… sauf qu'on y sentait encore la soupe de midi.

Malo poussa la porte en la retenant pour qu'elle ne grince pas.

— Ici, on sera tranquilles, murmura-t-il.

La créature resta sur le seuil, les yeux grands ouverts. Elle observait les tables, les chaises, les gobelets empilés. Elle pointa un plateau et fit une petite série de sons rapides.

— Oui, c'est pour manger, répondit Malo avec sérieux, comme si c'était une question très importante. Nous, on mange ici. Et toi… tu manges quoi ?

La créature sortit de sous sa combinaison une petite capsule transparente. Dedans, quelque chose de violet brillait.

— On dirait de la confiture de galaxie, commenta Malo.

Elle émit un son bref, presque un rire. Ça fit du bien à Malo : un rire, même extraterrestre, ça ressemblait à une poignée de main.

Malo posa le module sur une table. Il sortit un petit tournevis et une lampe fine.

— Je te préviens, je ne suis pas ingénieur officiel, dit-il. Mais je suis champion inter-scolaire de “remettre les trucs en marche”.

La créature le regarda avec attention. Elle posa une main sur sa poitrine.

— Sii… va, dit-elle. Puis elle posa la main sur Malo. — Ma… lo.

— Serviable, ça me va, répondit-il. Et toi ? Tu as un nom ?

La créature hésita, puis traça sur la table, du bout du doigt, une forme en spirale. Elle tapota au centre.

— Spirale ? proposa Malo.

Elle fit “mmmh” et recommença, plus vite, en ajoutant trois petits points autour.

— Spirale-Trois-Points ? Malo plissa les yeux. D'accord, c'est long. Je peux t'appeler… Spire ?

La créature cligna deux fois, puis posa le doigt au centre : “oui”.

Malo sourit.

— Salut, Spire.

Il examina le module. La coque était lisse, sans vis apparentes. Une petite fente vibrait, comme si quelque chose à l'intérieur voulait parler mais n'y arrivait pas.

— Bon… comment ça s'ouvre, ton truc ? demanda Malo.

Spire approcha, posa trois doigts sur une zone qui semblait identique aux autres, et là, la coque se déploya comme une fleur métallique. Malo retint un “waouh”.

À l'intérieur, des filaments fins et des cristaux pâles. Un petit cœur lumineux clignotait au centre, mais faiblement.

Malo sortit son mini-multimètre.

— Je vais vérifier l'énergie. Si c'est juste une batterie, ça se tente.

Spire fit un bruit inquiet et désigna un cristal fendu, sur le côté. Une fissure comme une ride.

— Aïe… Donc c'est pas juste “recharger”. C'est “réparer”.

Malo s'assit, inspira.

— On va faire ça étape par étape. Tu me montres, j'écoute, et je touche seulement quand je comprends. Promis.

Spire sembla se détendre. Elle posa ses mains au-dessus des cristaux et projeta une sorte d'hologramme pâle, comme une carte de constellations. Des symboles apparurent : des flèches, des cercles, des rythmes.

Malo plissa les yeux, puis rit doucement.

— Ça, c'est ton mode d'emploi ? Très joli, mais… je ne parle pas “constellation”.

Spire leva un doigt, puis prit une cuillère sur la table. Elle la posa près du module et fit vibrer le cristal fendu. La cuillère trembla, très légèrement, comme si elle entendait une musique.

— Ah… c'est du son ! s'éclaira Malo. Tu communiques par vibrations ?

Spire fit “oui” avec tout son corps, contente.

Malo tapota la table, doucement.

— Alors on va écouter.

Chapitre 3

Dans le réfectoire tamisé, les bruits semblaient plus grands : un ventilateur au plafond, un frigo qui ronronnait, et le petit module qui faisait “bzz… bzz…” comme un insecte poli.

Malo posa son oreille près du cristal fendu. Il ne percevait pas une mélodie, plutôt un rythme cassé, comme un message qui trébuche.

— Ça saute, dit-il. Comme quand un câble est abîmé.

Il attrapa un rouleau de ruban conducteur dans son sac.

— À la maison, je répare les écouteurs de ma sœur avec ça. Elle dit que je suis un magicien, mais c'est surtout du ruban.

Spire sembla interloquée. Elle pointa le ruban, puis son propre doigt, puis le cristal.

— Oui, je sais, ça a l'air ridicule, admit Malo. Mais parfois les solutions ridicules sont les meilleures.

Spire inclina la tête, attentive, comme si elle lui accordait sa confiance.

Malo ne se précipita pas. Il fit ce que sa mère lui répétait : “Quand tu ne sais pas, tu poses des questions.” Il montra le cristal.

— Je peux toucher ?

Spire posa sa main sur le cristal intact, puis sur le cristal fendu. Elle fit vibrer l'air, très doucement. Malo sentit un frisson sur sa peau, comme un courant tiède. Elle ramena ensuite ses mains à elle, et secoua la tête : “pas comme ça”.

— D'accord… pas de pression directe. On doit… stabiliser autour.

Malo observa les bords de la fissure. Il sortit une petite résine de réparation, utilisée pour colmater les microfuites des casques.

— Ça, c'est une résine qui durcit à la lumière. Si je la mets autour, sans bloquer le cristal, ça pourrait tenir.

Spire fit un bruit dubitatif. Elle attrapa un gobelet en carton, le posa sur la table, puis souffla dessus. Le gobelet se froissa d'un coup, comme si une mini-tempête l'avait écrasé.

Malo sursauta.

— Ok… donc ton module utilise des vibrations puissantes. Si je colle mal, ça explose en confettis de gobelet. Message reçu !

Spire émit un petit rire, plus clair cette fois. Puis elle posa un doigt sur la table, et tapota trois fois, doucement, comme un rythme : “un-deux… écoute”.

Malo se calma, suivit le rythme, et répondit en tapotant.

— Un-deux… je t'écoute.

Spire guida ses gestes : elle montra où déposer la résine, juste sur les bords, en fines gouttes. Malo s'appliqua. La lumière de sa lampe durcit la résine. Le cristal fendu semblait moins fragile, comme si on avait mis un pansement invisible.

Ensuite, Spire prit une petite pièce ronde, un anneau très fin, et la plaça autour du cristal. Elle posa ses mains dessus et ferma les yeux. Le module fit “bzzz… bzzz…” puis un “ding” léger, presque joyeux.

— On progresse ! chuchota Malo.

Mais aussitôt, les lumières du réfectoire clignotèrent. Un écran au mur afficha : “Micro-coupure secteur — stabilisation”.

Malo se figea.

— Oh non… Si quelqu'un remarque une coupure, ils vont venir vérifier.

Spire se recroquevilla, effrayée. Ses yeux noirs se posèrent sur la porte, comme si elle s'attendait à voir débouler une armée.

Malo baissa la voix.

— Hé. Regarde-moi. On respire. Ça arrive, les micro-coupures. On va juste être discrets. Tu es en sécurité ici.

Spire le regarda, hésita, puis posa sa main sur la sienne. Elle était fraîche, légère.

Malo sentit qu'il devait être encore plus attentif. Pas seulement aux fils et aux cristaux : à Spire aussi.

— Tu as peur qu'on te chasse ? demanda-t-il doucement.

Spire hocha la tête, puis dessina sur la table : un cercle, des barres, et une petite forme à l'extérieur. Elle se montra, dehors du cercle.

— Tu es… en dehors de ta zone ? Loin des tiens ?

Spire fit “oui”, et ses épaules tombèrent.

Malo avala sa salive.

— Alors on va envoyer ton message. Et vite, avant que quelqu'un arrive.

Le module clignota plus fort. Comme s'il avait entendu.

Chapitre 4

Malo se rappela soudain quelque chose : au fond du réfectoire, derrière le rideau des cuisines, il y avait une vieille borne de maintenance. Elle servait aux robots de nettoyage, et surtout… elle avait une prise universelle, pour à peu près tout ce qui roulait, volait ou bourdonnait dans le dôme.

— Suis-moi, dit-il.

Ils se glissèrent entre les tables. Les chaises alignées faisaient des ombres longues, comme des dents. Spire avançait en silence, mais à chaque pas, elle tournait la tête, attentive au moindre bruit.

— Si tu entends quelqu'un, tu me le dis, d'accord ? chuchota Malo.

Spire tapota deux fois la table la plus proche : “écoute”. Puis elle désigna ses oreilles inexistantes et haussa les épaules, ce qui fit sourire Malo malgré la tension.

— Ok, toi, tu écoutes avec tout le corps, c'est ça.

Derrière le rideau, l'air sentait le pain chaud et le métal. La borne était là, couverte d'autocollants anciens : “Ne pas débrancher”, “Réservé au personnel”, et un dessin de robot avec une moustache.

Malo brancha son mini-adaptateur, puis présenta le module.

— Si on te donne une petite impulsion d'énergie… mais douce. Pas le mode “tempête sur gobelet”.

Spire posa ses mains sur le module et fit un geste lent, comme pour calmer l'objet. Malo tourna une molette.

Le module s'alluma d'un bleu profond. Un halo se dessina sur le sol, en cercles concentriques, comme des ondes sur un étang.

— C'est beau… souffla Malo.

Spire fit vibrer l'air, et l'hologramme revint, plus net : cette fois, on voyait une sorte de carte du ciel avec un point qui clignotait au loin. Puis une ligne, comme un fil de lumière, qui cherchait à se tendre.

Le module émit une série de sons rapides : “tri-ii… tri-ii… tri-ii…”

— Ça appelle, devina Malo.

Soudain, un bruit de pas résonna dans le réfectoire. Un pas lourd, puis un autre, accompagné d'un léger sifflement mécanique.

Malo pâlit.

— Un robot de ronde…

Spire se crispa. Ses mains tremblaient, et l'hologramme vacilla.

Malo souffla :

— Spire, écoute-moi. On ne panique pas. Si on panique, ça fait des vibrations bizarres, et ton module… il va faire n'importe quoi.

Spire le fixa.

— Regarde, dit Malo. On fait comme un jeu. “Statues”.

Il se figea, exagérément, les yeux ronds, comme un acteur mauvais mais courageux.

Spire cligna des yeux… puis se figea aussi, parfaitement immobile. Trop immobile. On aurait dit une figurine.

Les pas se rapprochèrent. Le rideau bougea. Une tête de robot ménage apparut, avec ses capteurs rouges et son balai rangé comme une arme.

— Zone cuisine : accès restreint, annonça-t-il d'une voix plate. Détection : deux présences.

Malo sentit sa langue se coller à son palais. Il devait parler. Mais pas trop. Et surtout, il devait écouter le robot : les robots aussi avaient des règles.

— Bonsoir, dit Malo en essayant de paraître normal. Je… euh… je vérifie la borne. Elle a clignoté, ça peut faire sauter le secteur.

Le robot pencha la tête.

— Maintenance non autorisée. Signalement en cours.

Spire fit un micro-mouvement. Le module émit un “bzz” inquiet.

Malo se pencha vers le robot, comme s'il partageait un secret.

— S'il vous plaît, monsieur Robot… si vous signalez, ça va réveiller tout le monde, et après, ils vont vous demander de faire un rapport. Un très long rapport. Avec des cases.

Le robot resta silencieux. Puis :

— Probabilité de rapport long : 92 %.

— Voilà ! dit Malo. Et moi, je peux régler le problème en… trente secondes.

Le robot calcula. On entendait presque ses pensées faire “tic-tic”.

— Trente secondes accordées. Après : évacuation.

— Merci, monsieur Robot, souffla Malo.

Spire le regarda, étonnée.

Malo chuchota :

— J'ai écouté ce qu'il voulait éviter. Tout le monde a un truc qu'il n'aime pas, même les robots.

Il revint au module.

— Allez. On envoie.

Spire posa ses mains. Malo ajusta la molette d'un millimètre.

Le module chanta, cette fois clairement, comme une voix métallique qui retrouvait sa langue.

Et là, dans l'hologramme, le point lointain répondit. Un autre point s'alluma. Puis une vague de lumière parcourut la ligne.

Spire poussa un son de soulagement, tellement fort que Malo eut envie d'applaudir.

— Ça marche ? demanda-t-il.

Spire hocha la tête, et ses yeux brillèrent, humides comme des billes noires.

Mais le robot fit :

— Temps écoulé : évacuation.

Malo débrancha en vitesse.

— On y va.

Ils se faufilèrent hors de la cuisine, en essayant de ne pas courir. Courir, c'est suspect. Marcher vite, c'est sportif.

Chapitre 5

De retour dans le réfectoire tamisé, Malo et Spire se cachèrent derrière une rangée de distributeurs. Le robot ménage passa au milieu des tables, balayant tranquillement, comme si la vie n'avait pas de mystères.

Spire serrait le module contre elle. On aurait dit qu'elle tenait un petit animal vivant.

Malo chuchota :

— Maintenant, il faut que tu puisses repartir, non ? Ou au moins rejoindre les tiens.

Spire fit “oui” puis regarda le plafond. Elle dessina dans l'air une spirale qui montait, et termina par un point. Puis elle montra le module.

— Il va… guider ? demanda Malo.

Spire tapa trois fois : “oui-oui-oui”.

Malo sourit, soulagé, puis fronça les sourcils.

— Mais comment tu es arrivée ici ?

Spire hésita, puis mima une chute : elle agita les bras, fit une grimace, et termina assise par terre, très théâtrale. Malo dut se mordre la lèvre pour ne pas rire trop fort.

— Tu es tombée ? Comme un colis perdu ?

Spire acquiesça, vexée. Puis elle montra le module et fit un bruit qui ressemblait à “pouf”.

— Il a pris un choc, et il s'est cassé. D'accord.

Elle posa ensuite ses mains sur ses oreilles… enfin, à l'endroit où Malo imaginait des oreilles. Elle secoua la tête, et désigna Malo.

— Tu n'entendais pas ? devina-t-il. Personne ne t'entendait ?

Spire baissa les épaules.

Malo sentit un pincement. Il se rappela un jour où lui-même, en classe, avait levé la main et où personne n'avait fait attention. Ce n'était pas pareil, évidemment. Mais le goût de l'invisible… il le connaissait un peu.

— Moi, je t'ai entendue, dit-il simplement. Même si c'était des “tic-tic-tic”.

Spire le regarda longuement. Puis elle sortit la capsule violette et la posa dans la main de Malo.

— Quoi ? Pour moi ?

Elle hocha la tête avec sérieux.

Malo renifla la capsule.

— Ça sent… les myrtilles et… la pluie ?

Spire émit un son fier, comme si c'était la meilleure description du monde.

Malo rangea la capsule dans sa poche.

— Merci. Et moi… j'ai pas grand-chose. À part… ça.

Il sortit de son sac un petit patch autocollant du club de bricolage : un écrou souriant.

— C'est notre emblème. L'écrou heureux. Ça veut dire : “On peut toujours arranger les choses”.

Spire prit le patch avec précaution, comme un trésor. Elle le colla sur sa combinaison, un peu de travers. Malo n'osa pas corriger. De travers, c'était parfait.

Soudain, le module vibra, plus fort. Les lignes sur sa coque s'allumèrent en argenté, comme une lune qui se réveille.

Spire se redressa. Elle regarda le centre du réfectoire, là où le plafond était le plus haut.

— Il se passe quoi ? demanda Malo.

Spire dessina une porte dans l'air, puis un grand cercle.

— Une ouverture… un point de rendez-vous ?

Le module émit un “ding” clair. Puis, très doucement, une lumière argentée commença à se former au-dessus des tables, comme un brouillard qui aurait décidé d'être brillant.

Malo ouvrit la bouche.

— Euh… ça, on va le remarquer, non ?

Spire leva un doigt : “écoute”. Et, comme par magie, le réfectoire sembla devenir encore plus silencieux. Même le robot ménage s'arrêta une seconde, comme s'il se demandait s'il devait balayer la lumière.

Le brouillard se transforma en un rayon d'argent, fin et droit, descendant du plafond jusqu'au sol. Il ne faisait pas mal aux yeux. Il ressemblait à une colonne de clair de lune posée là exprès.

Spire s'approcha du rayon. Elle se tourna vers Malo et posa sa main sur la sienne une dernière fois.

— Ma… lo, dit-elle. Puis elle posa deux doigts sur ses propres yeux et les dirigea vers Malo : “je te vois”.

Malo sentit un drôle de nœud dans la gorge.

— Tu vas me manquer, Spire, murmura-t-il. Mais… je suis content de t'avoir aidée.

Spire fit un petit son doux, presque une promesse. Elle entra dans le rayon d'argent.

La lumière l'enveloppa sans bruit. Un instant, on distingua sa silhouette, le patch de l'écrou souriant, et le module qui brillait comme une étoile apprivoisée.

Puis la colonne d'argent se rétracta, comme un rideau qu'on tire. Elle laissa derrière elle une poussière lumineuse, qui retomba sur les tables comme une neige d'été.

Le robot ménage se remit à bouger.

— Détection : anomalie lumineuse terminée, annonça-t-il. Reprise du balayage.

Malo resta immobile, le cœur battant. Dans sa poche, la capsule violette semblait tiède.

Il regarda le réfectoire tamisé : les tables, les chaises, les distributeurs, tout pareil… et pourtant, plus rien n'était tout à fait pareil.

Il chuchota, pour lui-même, comme on parle à un objet fragile :

— Dans l'inconnu aussi, on peut réparer. Surtout si on commence par écouter.

Et il rentra chez lui en marchant doucement, comme si un rayon d'argent pouvait encore tomber du plafond à n'importe quel moment, juste pour dire bonsoir.

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Manie
Habitude forte et un peu étrange que quelqu’un a souvent.
Colonie
Groupe de personnes vivant ensemble dans un même endroit organisé.
Dôme
Grande structure en forme de demi-sphère qui couvre un espace.
Hublots
Petites fenêtres rondes, souvent sur un vaisseau ou un bâtiment fermé.
Nacré
Qui a des reflets brillants et irisées, comme une perle.
Coque
Enveloppe extérieure dure qui protège un objet ou un appareil.
Fissure
Fente ou petite cassure qui traverse une surface ou un matériau.
Hologramme
Image en volume projetée qui semble flotter dans l’air.
Résine
Substance collante qui durcit et sert à réparer ou protéger.
Micro-coupure
Petite interruption de courant électrique, très courte.
Réfectoire
Grande salle où l’on prend les repas en groupe.
Anomalie
Ce qui est étrange ou qui ne suit pas la règle attendue.
Impulsion
Courte poussée d’énergie ou d’action qui déclenche quelque chose.
Stabiliser
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Brouillard
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