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Fantasy humoristique 11 à 12 ans Lecture 39 min.

Nébule et la fête du flouff

Nébule, un petit dragon de buanderie, se retrouve au cœur de la Fête du Fil et du Flouff, où il apprend à réguler le vent tout en découvrant l'importance de la communication et de la douceur dans les relations. Avec l'aide de ses amis, il doit naviguer entre les quiproquos et les surprises pour créer une fête inoubliable.

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Nébule, un petit dragon de buanderie aux écailles vert menthe, se tient au centre de l'image, avec un regard déterminé. Il souffle une vapeur parfumée à la menthe, créant des nuages autour de lui. À sa gauche, Flambette, une salamandre aux écailles orange et dorées, sourit en tenant une écharpe en charbon doux. À droite, Tibule, un gobelin avec des oreilles pointues et un chapeau en forme d'ananas, observe l'Aéramatic, un appareil étrange émettant une lueur chaleureuse. Le décor est l'Abri du Vent, avec une lanterne géante, des guirlandes scintillantes et des murs en bois sculpté. Nébule règle l'Aéramatic pour la fête, tandis que Flambette et Tibule l'encouragent, prêts à l'aider dans cette aventure magique. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — Le souffle qui sent la menthe

Le matin où Nébule fit cuire le vent, il ne s'en rendit pas tout de suite compte. Il se leva, étira ses petites ailes, bâilla en laissant sortir une bouffée de vapeur tiède, puis ouvrit son clapier-placard. À l'intérieur, tout était bien rangé par couleur : chiffons bleus, serviettes écarlates, moufles à pompons. Nébule était un dragon très ordonné. Pas grand, pas très ronfleur. Un dragon de buanderie, comme on disait gentiment dans la cour aux racines.

Ses écailles prenaient la teinte des draps qu'il venait de sécher. Ce matin-là, elles étaient vert menthe. Normal : il respirait une vapeur qui sentait la tisane. Sa spécialité.

Dans la cour, un vent rieur passait entre les cordes à linge et faisait danser les torchons comme des poissons plats. Sur le tableau de liège, une affichette papillonnait.

URGENT — COMITÉ DU FIL ET DU FLOUFF

CHERCHE SOUFFLE SÛR

FÊTE DEMAIN

RENDEZ-VOUS À L'ABRI DU VENT

PAUSE BEIGNETS FOURNIE

Nébule plissa les yeux. Il lut “flan” au lieu de “flouff”, “soufflé” au lieu de “souffle”. C'était peut-être la menthe. Il se sentit aussitôt très utile. Secouer des draps, sécher des chaussettes, ou souffler sur un flan, tout ça restait une affaire de souffle, non ?

— Je suis fait pour ça, dit-il à haute voix.

Une salamandre d'âtre, roulée en boule sur un tas de braises froides, entrouvrit un œil doré.

— Pour quoi, exactement ? grogna-t-elle sans méchanceté.

— Pour… la Fête du Flan, répondit Nébule avec assurance.

Flouff, corrigea la salamandre. On défile avec des pelotes et des coussins. Pas de flans. Mais un souffle sûr, ça, oui. Tu sais contrôler ta vapeur ?

Nébule bomba un peu le torse. Il avait l'habitude de sécher les capes, les foulards et les moufles du quartier. Son souffle était doux comme un nuage qui fait une caresse.

— Bien sûr. Je fais même briller les boutons.

— Alors va voir l'Abri du Vent, soupira la salamandre. Dis-leur que Flambette t'envoie.

Nébule hocha la tête. Il glissa sur la rambarde, fit une pirouette et atteignit la rue des Pivoines. Pas une patte humaine ne traînait jamais ici. On croisait des trolls aux sabots vernis, des fées en chaussures de marche, des lutins livreurs, et parfois un vieux griffon qui collectionnait les parapluies troués. La rue sentait le savon et la pâtisserie.

L'Abri du Vent ressemblait à une lanterne géante posée au milieu d'un jardin de ficelles. Les guirlandes y murmuraient des secrets et les fanions apprenaient l'alphabet.

Une ourse-lune l'attendait à la porte. Elle était grande, très douce, avec une barbe de givre et un bonnet rayé.

— Tu es le souffle sûr ? demanda-t-elle.

— Je suis Nébule, dit le dragon. J'ai un souffle très poli. Il dit bonjour et ne bouscule pas.

— Parfait, ronronna l'ourse-lune. Moi, c'est Madame Ourse-Lune. Je préside le Comité. On a besoin d'un régulateur. Rien de grandiose, juste un petit coup de pouce au vent quand il se montre capricieux. Et quand il boude. Et quand il fait des tours de moustache.

— Des tours de moustache ? s'étonna Nébule.

— Oui. Il s'enroule autour des enseignes. Résultat, pancartes à l'envers, bonnets envolés, confettis coincés entre deux nuages. Tu as déjà régulé une rafale ?

— J'ai lissé des rideaux dans une tornade de miettes, répondit Nébule, ce qui lui sembla assez impressionnant.

Un petit gobelin coiffé en ananas surgit, tenant un plan avec ses doigts tachés d'encre.

— On installe des arches de laine le long de la grande allée, annonça-t-il. Il faut un courant doux, direction nord-nord-pas-bien-loin. Et pas une bourrasque de trop. La dernière fois, j'ai eu douze nœuds dans ma barbe.

— Nébule, dit Madame Ourse-Lune, voici Tibule, notre coiffeur de vents.

— Enchanté, souffla Nébule. Je ferai comme dans ma buanderie : rond, régulier, attentif.

— Tu as une machine ? demanda Tibule en clignant de l'œil. Ou tu travailles à la patte ?

— Je travaille au museau, dit Nébule avec fierté.

Madame Ourse-Lune lui fit signe d'entrer. À l'intérieur de l'Abri, on gardait les outils du Comité : des filets à bourrasques, des bobines de brise, des pinces à rafales, et même une vieille manivelle à courants d'air. Sur une table reposait un appareil bizarre, à moitié parapluie, à moitié moulin.

— L'Aéramatic Trois-Point-Zéro, annonça Madame Ourse-Lune. Ça aide, quand on doit polir un horizon. Tu peux l'essayer. Mais ne touche pas à la molette “Tempête de Poche”. Elle est capricieuse.

Nébule s'approcha. L'appareil sentait la poussière et le poivre. Les inscriptions étaient minuscules. Il plissa les yeux, inclina la tête. “Zéphyr doux — moustaches droites.” “Bise poli — rubans sages.” “Bourdon d'air — éviter les carillons.” Et là, une molette avec un mot écrit en zigzag : “Tourmente légère (vraiment légère)”.

Sa queue tapota le sol. Il se sentit utile jusqu'au bout des griffes.

— Je peux ? demanda-t-il.

— On fait un test sur la cour, proposa Tibule. Juste de quoi redresser le drapeau des Épingles.

— Facile, murmura Nébule.

Le drapeau des Épingles pendait mollement, tout déprimé sur son mât. Nébule inspira, le museau plein de menthe, et fit un petit “pouf” de vapeur. L'Aéramatic ronronna, les bobines tournèrent, un filet de brise glissa jusqu'au drapeau. Il se redressa avec un soupir de soulagement.

— On dirait un croissant qui sort du four, dit Tibule, ravi.

— Tu vois, dit Madame Ourse-Lune, rien de dramatique. Demain, tu arrives tôt. Tu gardes ce souffle-là. Et surtout, tu lis bien les étiquettes.

Nébule hocha la tête avec beaucoup de sérieux. Lire. Bien sûr. Il lisait très bien. Sauf quand la menthe chatouillait.

— On aura des beignets ? osa-t-il.

— À la cannelle, dit l'ourse-lune. Et du jus pétillant vraiment très peu pétillant.

Nébule sortit, le cœur un peu gonflé et la queue qui faisait des fripouilleries sur les pavés. Il avait l'impression d'avoir choisi une aventure sans le faire exprès, ce qui est la meilleure façon de commencer une aventure.

Chapitre 2 — Beignets, boules et bourrasques

Le lendemain, la Fête du Fil et du Flouff s'éveilla comme une chatouille. Partout, des pelotes géantes, des coussins empilés, des rubans en cascade. Des bancs de laine rose flottaient à la manière de poissons très paresseux. Une licorne timide se cachait derrière un stand de napperons. Elle mettait des lunettes pour passer inaperçue, ce qui la rendait beaucoup plus visible.

Nébule arriva à l'Abri du Vent de bonne heure. L'Aéramatic clignotait déjà d'un petit voyant. Quelqu'un avait accroché un mot au levier.

“À NE PAS TOUCHER — sauf urgence (vraiment urgence) — signé : Tibule.”

Nébule posa délicatement ses pattes sur la table. Il avait envie d'être parfait comme un bouton bien cousu. Le drapeau des Épingles se tenait droit. Les banderoles attendaient.

— Bonjour, dit la voix de Tibule derrière lui. Tu as dormi ?

— Oui. J'ai rêvé d'un oreiller qui ronflait plus fort que moi.

— On manque pas d'oreillers aujourd'hui, fit remarquer Tibule. Rappelle-toi : brise légère vers le nord-nord-par-là, puis un souffle tiède pour sécher les confettis, ensuite rien du tout pendant les discours.

— D'accord, dit Nébule avec un salut du museau.

Le Comité se dispersa. Madame Ourse-Lune plaça des piquets. Un griffon à l'air important mit en place une barrière de rubans, vérifiant trois fois leur alignement. Un troll à tablier servait des beignets qui fumoyaient sucré.

Nébule fit un premier test, tout chuchoté. Les rubans frissonnèrent, la licorne remit ses lunettes, contente d'être peu vue. Il pensa au plan, aux mots minuscules sur les boutons. Il tourna la molette “Zéphyr doux — moustaches droites”. Ce fut parfait. Il se détendit.

Puis il y eut un cri.

— Mes moustaches ! hurla le griffon.

Nébule sursauta. Il avait pensé au griffon mais pas à ses moustaches. Pourtant, celles-ci s'enroulaient déjà autour de l'enseigne des Crochusineurs. Un coup de vent taquin avait fait un nœud.

— Oups, dit Nébule.

— C'est moi qui coiffe, pas le vent, grommela Tibule. Douceur, Nébule. Dou-ceur.

— Douceur, répéta Nébule.

Il tourna une molette. “Bise poli — rubans sages.” Mais ses écailles menthe frémirent. Était-ce cette molette ? Ou celle d'à côté ? Les inscriptions se mélangeaient. Nébule se pencha. Les lettres semblaient danser. Et ce petit zigzag là, “Tourmente légère (vraiment légère)”… On pouvait lire “Tourte menthe légère” si on n'y prenait pas garde. Ses narines picotèrent.

— Tu peux le faire, murmura-t-il.

Il tourna le zigzag d'un quart de tour.

La cour se gonfla comme une joue qui va siffler. Les guirlandes se tendirent. Les oreillers entrechoquèrent leurs pompons. Puis une rafale fit une roulade.

— Aïe ! fit le stand des Doudounes, perdu pour un instant.

— Mes confettis ! cria une fée en tablier, tandis que de la pluie de points de papier s'envolait, traversait la rue, entrait dans le potager voisin et décorait un épouvantail avec beaucoup de sens artistique.

Nébule appuya sur le levier pour freiner. L'Aéramatic toussa et lâcha un “pfrrrt” vexé. Tibule bondit.

— Arrête la Tourmente ! s'écria-t-il.

— Je croyais que c'était une tourte, couina Nébule.

— On n'est pas à un goûter, on est à une fête ! Non, enfin si, c'est un peu pareil… Mais pas cette molette-là. Reviens en “Zéphyr”.

— C'est laquelle ?

— Celle qui n'a pas de miettes dessus ! Donc pas celle-là. L'autre.

Nébule sentit une chaleur qui n'avait rien à voir avec sa vapeur. Il entendi des rires, heureusement. Pas méchants. La licorne se prit les lunettes dans un ruban, mais un gnome la détacha avec délicatesse. Madame Ourse-Lune leva une patte, ferme mais douce.

— Tout va bien, dit-elle. On fait demi-tour. On souris. On respire. On mange un beignet.

— Un beignet, oui, souffla Nébule, reconnaissant.

Le troll à tablier apparut à côté de lui comme une montagne de sucre.

— Tiens, petit. Cannelle ?

— Cannelle, merci.

— Tu vas y arriver, ajouta le troll, la voix comme une pierre chaude. Faut pas confondre les boutons. Si tu veux, je me trompe parfois entre “poivre” et “poudre de fée”. Ça fait éternuer les tartes.

— Tu crois ? demanda Nébule.

— Tout le monde croit qu'un beignet, ça se mange d'une seule main. En vrai, il faut deux mains et un mouchoir. C'est pareil pour les fêtes. Deux mains, un mouchoir, et de bons amis.

Nébule sourit, un peu rassuré. Il finit son beignet en se barbouillant de sucre, puis retourna vers l'Aéramatic avec détermination. Il souffla prudemment par les naseaux et laissa ses moustaches de vapeur tracer un chemin. Il s'appliqua à lire. À lire vraiment. Il tourna “Zéphyr doux”, vérifia deux fois. La brise passa, polie, comme un salut bien élevé. Les rubans se calmèrent. Les moustaches du griffon reprirent une forme de moustaches.

— Voilà, dit Tibule, sourcils en accordéon redevenus lisses. Tu vois ? Tu sais faire.

— Sauf que, intervint la fée au tablier, les confettis sont partis décorer les carottes. C'est joli, hein. Mais on manquera de pluie de confettis pendant le final.

Madame Ourse-Lune prit un air grave.

— On improvisera. On secouera des coussins. On fera tomber des pompons. On a connu la Grande Panne de Guirlandes, on a survécu. Courage, Nébule.

Il hocha la tête. Il avait mis le vent dans le mauvais sens. Il le remettrait dans le bon. Il s'appliqua pour la suite. Entre deux réglages, il jeta des regards à l'écriture minuscule.

Les heures passèrent à petits pas de danse.

Puis vint le moment des discours. Madame Ourse-Lune monta sur la caisse à motifs. Elle gonfla sa voix et commença.

— Chers tricoteurs de brise…

À cet instant, l'Aéramatic décida qu'il s'était reposé assez. Sans prévenir, il émit un “vrrrrrr” très décidé, puis un “paf” très non désiré. La molette zigzag avait glissé toute seule. Un courant plus vif alla droit vers la caisse.

— Oh oh, dit Tibule, qui n'aimait pas du tout les “oh oh”.

Nébule bondit. Il fit écran de son corps, de ses ailes menthe, de son souffle mieux élevé que lui. Il inspira profondément et souffla une vapeur ronde, enveloppante, comme un gros chat qui vient s'allonger sur un piano pour empêcher qu'on joue trop fort. Le souffle mauvais faiblit, se roula en boule, et se calma.

— Bravo, murmura la licorne derrière ses lunettes.

— Pas mal, souffla le griffon, dont les moustaches avaient appris la modestie.

Nébule sentit sa queue cesser de trembler.

— Je… j'ai besoin d'un mode d'emploi, avoua-t-il à Tibule.

— Nous aussi, répliqua Tibule. On lit trop vite. Flambette pourra t'aider. Elle a des yeux de flamme. Elle lit les mots qui se cachent.

— Je vais la chercher, dit Nébule.

Il courut, laissant derrière lui une traînée de menthe. Il fallait des lettres plus grandes, des explications plus claires, et peut-être des blagues pour se souvenir.

Chapitre 3 — Les lettres qui dansent

Flambette, la salamandre d'âtre, habitait dans une cheminée qui refusait obstinément de fumer correctement sauf le mardi. Fort heureusement, c'était mercredi, et la cheminée boudait moins que d'habitude. Flambette tricotait une écharpe en charbon doux.

— Tu sens la cannelle et l'angoisse, constata-t-elle en voyant Nébule. Ça va ?

— L'Aéramatic me confond, avoua Nébule. Les lettres sont trop petites. J'ai que des étiquettes qui chuchotent. Et il y a une molette zigzag qui change d'avis toute seule.

— Les lettres ne sont pas petites, dit Flambette d'un ton docte. Elles sont timides. Elles aiment qu'on les invite. Et la molette zigzag est coquette. Elle aime qu'on lui parle poliment. Allez, allons voir.

— Tu viens ? s'étonna Nébule.

— Bien sûr. J'aime les fêtes. Et j'aime expliquer les choses qui font semblant d'être compliquées. On se croit malin quand on plaques des noms en zigzag. Mais au fond, c'est simple. Le vent, ça bouge parce que quelqu'un lui dit qu'il peut.

Elles partirent en trottinant, l'une laissant derrière elle une aura de braise, l'autre une brume de menthe. La cour des Racines s'ouvrit à elles, bruissante et colorée. L'Aéramatic les attendait, l'air coupable, si tant est qu'un appareil puisse avoir un air.

— Bonjour, fit Flambette au bouton zigzag. Nous allons avoir une conversation.

— Tu parles à une molette ? chuchota Nébule.

— Je parle aux choses qui se croient mystérieuses, répondit Flambette. Tu devrais essayer. Ça marche sur les parapluies, les couvercles et les oreillers qui disparaissent la nuit.

— Les oreillers disparaissent la nuit ?

— Ils partent en cavale. Rentrent au matin. Défroissés et ravis.

Flambette se plaça tout près de l'Aéramatic. La chaleur de son regard fit gonfler les lettres. Elles se détendirent comme un cordon qu'on dénoue. Nébule vit les inscriptions grandir un peu, puis un peu encore.

— Regarde, dit Flambette. Ici : “Tourmente légère (vraiment légère) — à ne tourner que quand on veut que les drapeaux racontent des histoires.” Et là : “Bourdon d'air — à n'utiliser que si on aime les oreilles qui chatouillent.” Et là, tu vois ? “Brise de club — pour danser en carré, pas en cercle.” Tout est écrit. Mais il faut que les mots se sentent regardés avec douceur. L'Aéramatic se vexe si on lit comme on avale une noisette.

— Je… je lis avalé, admit Nébule. Surtout quand ça sent la menthe.

— On va faire autrement, dit Flambette. On va accrocher un panneau au-dessus des boutons, avec des dessins. Un ruban droit, tu dessines une flèche. Un ruban noué, tu dessines un nœud. Un ruban qui s'envole, tu dessines… un ruban qui s'envole. Nul ne peut contester un bon dessin.

— Tu dessines bien ? demanda Nébule.

— Très mal, répondit Flambette. Mais c'est encore mieux. Les dessins trop beaux, ça intimide les machines.

— J'apprends des trucs aujourd'hui, souffla Nébule.

Ils cherchèrent des craies, du carton, et retrouvèrent Tibule sous une table. Il tenait sa tête comme si elle allait se sauver.

— Vous en avez mis du temps, dit-il. Les discours commencent à faire des petits. Madame Ourse-Lune a déjà remercié trois fois les nuages et deux fois les pelotes.

— On va simplifier, déclara Flambette. Passons aux images.

Ils tapotèrent, collèrent, dessinèrent maladroitement. Nébule traça des rubans qui ressemblaient à des spaghetti. Flambette ajouta des moustaches droites. Tibule fit des flèches partout, ce qui rendit Nébule un peu nerveux, mais Flambette fit un signe : “C'est pour faire croire qu'on sait.”

— Alors, résuma Nébule. Si je veux un souffle au nord, je tire cette manette. Si je veux un souffle au sud, je la pousse. Si je veux rien du tout, je respire par le nez et je mange un beignet.

— Exact, confirma Flambette.

— Et la molette zigzag, ajouta Nébule en la regardant avec sévérité.

— Tu la ignores, dit Tibule. Tu la salues, tu la laisses vivre sa vie, et tu t'occupes d'elle seulement si un coussin te le demande très poliment.

— D'accord.

Un glapissement interrompit leur cours. Un golem de poussière, monté sur des roulettes, déboulait à toute allure, tirant derrière lui un chariot de pompons. Il paniquait. La poussière, c'est timide, on le sait. Quand ça panique, ça fait des nuages de panique.

— Halte ! cria le griffon, moustaches redevenues de petits soldats. Passages piétons réservés aux peluches !

— On va encore avoir des quiproquos, marmonna Tibule.

— Des qui-pro-quoi ? demanda Nébule.

— Des situations où on croit une chose et c'est une autre. Par exemple : on croit que c'est ta faute si le vent fait sa maligne, alors qu'en vrai, l'Aéramatic veut raconter des histoires. Ou bien on pense qu'une molette, c'est une tarte. Ou qu'un discours, c'est un souffle.

— On va clarifier, répéta Flambette. On respire.

— Je peux ? demanda Nébule.

— Tu peux, dit Tibule.

Nébule inspira, ferma les yeux, et souffla. Une vapeur douce, claire. Elle enveloppa le golem de poussière, qui se calma comme un coussin qu'on tapote juste ce qu'il faut. Les roulettes freinèrent, les pompons se rassirent dans leur chariot.

— Merci, dit une petite voix venant du golem. Je croyais que “couloir de laine” voulait dire “cours très vite”. En vrai, ça veut dire “rires et douceur”.

— C'est fréquent, sourit Flambette. Les mots sont farceurs. Viens, Nébule. On retourne à la fête. On a des rubans à redresser, des confettis à improviser, et une molette zigzag à ignorer avec bienveillance.

— Et peut-être encore un beignet, murmura Nébule.

— Il apprend vite, constata Tibule.

Chapitre 4 — Les pompons et la patience

Le grand final approchait. Les arches de laine formaient des portes moelleuses. Les rubans tremblaient d'un enthousiasme qui faisait un peu de bruit, comme des pages qui se frottent. Les coussins s'alignaient, prêts à être secoués au moment opportun. La licorne timide avait pris place derrière une pile de plaids, où elle se sentait presque invisible. Madame Ourse-Lune fit signe à Nébule et à Tibule.

— On compte sur vous, dit-elle simplement.

Nébule sentit une bouffée de chaleur monter dans sa gorge. C'était agréable, pas inquiétant. Il se plaça devant l'Aéramatic, Flambette à sa gauche, Tibule à sa droite. Le griffon garda une patte sur ses moustaches, par prudence. Le troll à tablier avait une assiette de beignets prête, sous un torchon.

La fanfare de grelots entama une mélodie qui donnait envie de faire du tricot avec les épaules. Madame Ourse-Lune éleva la voix.

— Que le vent soit poli, que les rubans aient des manières, que les pompons soient exemplaires. Fête du Fil et du Flouff, nous t'attendons !

Nébule réglait, respirait, regardait ses dessins. Nord ? Oui. Sud ? Un peu. Stop ? Oui, pendant que Madame Ourse-Lune racontait l'histoire de la première pelote qui rêva d'être nuage. Il entendit des “oh” et des “ah” tendres. Il contrôla la brise comme on tient la main d'un petit.

Puis, tout en haut de l'arche principale, un tapis volant commença à trembler. C'était un tapis timide. On l'avait invité pour le final, il devait dérouler une banderole en apothéose, mais maintenant, il regardait le vide et n'en avait nulle envie.

— Le tapis se débine, siffla Tibule.

— Je peux lui parler, proposa Nébule.

— Tu parles aux tapis ? chuchota Flambette.

— Je parle aux choses qui se croient lourdes, répondit Nébule. Un tapis, c'est juste un nuage avec des franges.

Il leva le museau. Souffla une vapeur chaude, douce, parfumée à la menthe. Pas un souffle qui pousse. Un souffle qui rassure.

— Bonjour, dit-il au tapis. Tu as le droit de ne pas voler si tu n'en as pas envie. Mais si tu veux essayer, on peut faire comme si le sol était un peu plus haut. Juste un peu. Tu n'auras pas à tomber beaucoup. Et tu pourras te vanter d'avoir fait un grand vol.

— Je… j'ai peur que le vent me fasse des chatouilles, murmura le tapis, de loin.

— Le vent a promis d'être poli, répondit Nébule. Et j'ai des beignets au retour.

— Des beignets ? répéta le tapis.

— À la cannelle, ajouta Nébule.

— Je… je veux bien essayer, alors. Mais pas vite.

— Jamais vite sans consentement, promit Flambette d'un ton professoral.

Nébule régla l'Aéramatic en “Zéphyr doux”. Il fit monter l'air par paliers, comme des marches très fines. Le tapis prit un petit élan, puis un autre. Il roula sa banderole. Les franges tremblèrent, puis se calmèrent. Enfin, il prit de l'altitude — pas beaucoup — juste assez pour que tout le monde voit. La banderole se déroula : “RIRE, RESPIRER, RÉPARER (dans cet ordre)”.

— Magnifique, souffla Madame Ourse-Lune.

— Ah, ce RÉPARER, c'est bien, dit le griffon. Ça manque souvent dans les banderoles.

— Et le RIRE, ça n'est jamais de trop, ajouta la fée au tablier.

Le final s'annonçait bien. Sauf qu'il y avait encore ces confettis. Les carottes du potager en étaient couvertes, mais la rue en manquait. Tibule tapota son menton.

— On peut s'en passer, dit-il, pessimiste.

— On peut faire autrement, rectifia Flambette. Un coussin bien secoué, c'est une pluie en miniature.

— Je peux, dit la licorne timide sans bouger de derrière ses plaids. Je n'aime pas qu'on me regarde. Mais on ne me regardera pas si on regarde les coussins. Je secoue très bien.

— Fais-le, encouragea Nébule, qui aimait beaucoup l'idée.

La licorne s'avança d'un sabot, sans trop se montrer. Elle attrapa un coussin. Deux. Trois. Elle les fit trembler juste ce qu'il faut. Une pluie de down, de plume et de rires s'abattit sur la foule. Les gens sautèrent, tendirent les mains, essayèrent d'attraper des flocons de coussin. On eut l'impression de confettis. On eut même mieux que ça : quelque chose de doux qui chatouillait les nez et apprenait aux sourires à se tenir en équilibre.

— Mes carottes se sentent moins seules, dit la fée au tablier, ravie.

— Il reste un problème, chuchota Tibule. Le couloir de laine numéro trois s'obstine à être bancal. On dirait un serpent.

— Un serpent de laine, ça sonne bien, fit Flambette. Mais on va redresser. Nébule ?

— Je m'en occupe, dit Nébule.

Il inspira. Il pensa à un fil tendu. À une corde d'instrument qu'on accorde. Il souffla, long, fin, patient. La laine comprit. Elle se tendit, mais sans se vexer. Elle resta souple. Le couloir cessa de zigzaguer.

— Bien, très bien, chuchota Madame Ourse-Lune.

— On est presque parfaits, ajouta le griffon.

— Parfait, non. Joyeux, oui, rectifia Flambette.

Le moment vint où le tapis timide devait redescendre. Il fit un dernier tour, la banderole bien tendue. Il vint glisser jusqu'au sol, tremblant de fierté. Nébule avait chaud aux yeux. Il le remercia d'un frottement de museau.

— Alors, beignet ? demanda le tapis.

— Deux, négocia Nébule.

— Trois, coupa le troll à tablier, qui avait suivi l'histoire. Une pour le courage, une pour l'atterrissage, une parce qu'on a le droit de ne pas expliquer.

— J'aime beaucoup ce dernier motif, dit Flambette.

Le final fut simple, joyeux, et un peu de travers, comme il faut. Nébule, concentré, n'oublie pas une molette. Il respira entre les réglages. Il regarda les dessins et, surtout, les gens. Il vit les craintes qui se posaient, les rires qui se levaient, les rubans qui parlaient.

— On a évité la Tempête de Poche, glissa Tibule dans sa barbe.

— On l'a apprivoisée, répondit Nébule.

— Tu as appris à être plus fort qu'une molette, dit Flambette.

— Non, dit Nébule. J'ai appris à la regarder.

Chapitre 5 — Bureau des quiproquos

Le lendemain de la fête, la rue des Pivoines avait encore un parfum de cannelle et de menthe. Des petits flocons de coussin traînaient dans les coins, comme des nuages en visite. Les carottes du potager portaient des confettis avec fierté. Un panneau restait accroché à l'Abri du Vent. Dessus, quelqu'un avait dessiné un coussin qui disait “ah”.

Nébule se réveilla sans se presser. Il s'étira, regarda son clapier-placard, et rangea les moufles par paire. Il se sentait un peu plus grand — pas en taille, en dedans. Comme si sa vapeur avait appris à chanter plus de notes.

On frappa à sa porte. C'était Tibule, moustaches du jour plus sages que d'habitude.

— Salut, le souffle sûr, lança-t-il.

— Salut, la barbe en fausse laine, répliqua Nébule, heureux de la blague.

— On a eu des retours sur la fête, dit Tibule. Deux coussins ont demandé à revenir l'an prochain. Un ruban s'est découvert une passion pour la poésie. Et surtout, on a… ça.

Il brandit un paquet de papiers. Les affiches des prochains événements. Les concours de chapeaux d'automne, les soirées “Souffle et Soufflé” — où l'on cuisine et où l'on rigole de l'orthographe —, le fameux Bal des Épingles. Tous avaient de minuscules lignes en bas, écrites par des stylos pressés.

— On pourrait agrandir les lettres, proposa Nébule.

— On pourrait mieux, répondit Tibule. On pourrait ouvrir un Bureau des Quiproquos.

— Un bureau ?

— Oui. Un endroit où on vient quand on n'est pas sûr d'avoir compris. On y boit quelque chose, on y pose des questions, on y rigole des mots qui glissent. Et on repart avec un dessin. Je sais coiffer les vents, mais pas les phrases.

— Flambette sait faire parler les mots, dit Nébule. Et moi, je peux souffler la tranquillité, pour que les questions sortent.

— Et Madame Ourse-Lune peut apporter du jus très peu pétillant, ajouta Tibule.

— Et le troll des beignets peut apporter des beignets, dit Nébule, parce qu'il était lucide.

Ils allèrent trouver Flambette, qui était en train de faire semblant de ne pas lire un livre qui avait mis ses lunettes tout seul.

— Un Bureau des Quiproquos ? s'émerveilla-t-elle. On mettra une grande table. Des crayons qui écrivent même quand on pense à autre chose. On accrochera une pancarte où il sera écrit en gros : “C'est normal de demander.”

— On fera un test, proposa Nébule. Aujourd'hui, quatre heures. Avec beignets.

— Et moustaches lissées, précisa Tibule.

Ils installèrent la grande table à l'Abri du Vent. Madame Ourse-Lune arriva avec du jus, des tasses assorties (sauf une, exprès), et une pancarte écrite très gros. Le griffon amena des parapluies troués au cas où. La licorne timide glissa un mot sous la porte : “Je viendrai si personne ne remarque que je suis là.” On lui réserva une chaise derrière une plante.

Les premiers visiteurs entrèrent hésitant, comme s'ils venaient dans un magasin où tout est gratuit mais on doit quand même se tenir bien.

Il y avait un golem de poussière qui apportait une liste. Une fée au tablier qui tenait une louche avec un air coupable. Un petit chapeau qui avançait tout seul, et sous le chapeau un lutin, ce qui était rassurant.

— Qui commence ? demanda Nébule, la voix en vapeur douce.

— Moi, dit la fée. J'ai écrit “À ne pas oublier le sucre glace” sur un papier, et j'ai oublié le papier. Est-ce que j'ai oublié le sucre glace quand même ? Et est-ce que “glace” veut toujours dire froid ?

— Bonne question, approuva Flambette. C'est un double qui-pro-quoi. On peut décider que “glace” veut dire “neige qui ne fond pas dans les tartes”. Voici un dessin. Un petit nuage sur un gâteau. Ça ira ?

— Ça ira, rit la fée.

— À moi, dit le golem de poussière, un peu plus confiant. On m'a dit : “Balai les tapis.” Je l'ai pris au mot. J'ai invité tous les tapis au bal d'hier. Ils dansaient merveilleusement. Mais est-ce qu'on voulait dire “balaye les tapis” ?

— On le voulait, sourit Tibule. Cependant, je trouve que ton bal était une excellente idée. On va désormais dire “balaye-les”. Avec un trait d'union. Je dessine un balai qui danse. Ça te va ?

— Ça me va, dit le golem, rayonnant.

— J'ai, dit le lutin sous le chapeau, une inquiétude grammaticale. On écrit “souffle” ou “soufflé” ? Parce que mon enseigne dit “Soufflé et Souffle”, et j'ai peur que ce soit un restaurant qui respire.

— Et pourquoi pas ? rit Madame Ourse-Lune. On respire, on mange, on rit. Ton enseigne est parfaite. Mais si tu veux, on rajoute un petit point d'exclamation. Ça change tout. “Soufflé et Souffle !” On comprend qu'on s'amuse.

— Je prends, dit le lutin, soulagé.

Un soupir de tapis se fit entendre du plafond. Le timide avait amené un cousin, un petit kilim qui avait encore moins confiance. Nébule leva la tête.

— Tu veux un beignet, toi aussi ? demanda-t-il.

— D'abord un beignet, ensuite une envolée, murmura le kilim.

— Dans cet ordre, approuva Flambette, qui croyait en la logique du sucre.

La licorne timide entra si doucement qu'on entendit juste sa respiration. Nébule détourna les yeux pour lui laisser la place de ne pas être vue. Elle s'assit derrière la plante, posant un livre sur ses genoux.

— J'ai une question silencieuse, souffla-t-elle. Est-ce qu'on a le droit d'être timide et d'aimer quand même les applaudissements, mais de loin ?

— Oui, dit Nébule simplement. On a le droit d'aimer les choses à la température qui nous plaît.

— Merci, dit la licorne, qui n'était presque pas là.

Les heures passèrent en rires et en dessins tordus. Chaque quiproquo trouvait son explication ou sa poésie. Parfois, on changeait un trait d'union. Parfois, on inventait un mot. “Ébourrasque” pour une petite frayeur de vent. “Ricannele” pour un beignet qui fait rire. “Moussage” pour l'art de souffler juste.

— On devrait le faire chaque semaine, proposa Tibule. Les mercredis. Ou les jeudis. Ou quand on oublie quel jour on est.

— On le fera quand on aura besoin, corrigea Flambette. Les moments où on se sent tout petit au milieu des mots qui font des grimaces.

Nébule regarda la pancarte. “C'est normal de demander.” Les lettres avaient encore un peu peur. Il s'approcha. Souffla doucement. La menthe les rassura. Elles s'épaissirent, devinrent lisibles même pour un tapis à franges longues.

— Tu sais, murmura Madame Ourse-Lune à Nébule, hier, quand tu as mis le vent à l'envers, tu nous as donné quelque chose de plus précieux que des confettis. Tu t'es arrêté. Tu as respiré. Tu as demandé.

— Je me suis trompé, dit Nébule.

— Oui, dit l'ourse-lune. Et c'est un très bon début.

Le griffon, qui passait par là, ajouta :

— Mes moustaches te remercient. Elles ont appris l'humilité.

— Elles sont très belles quand elles ne font pas du trapèze, répondit Nébule.

— Ce n'est pas moi qui décide, confia le griffon. Elles ont une vie intérieure.

La journée s'acheva. Le Bureau des Quiproquos ferma ses portes en disant “à bientôt” avec la gentillesse d'une porte bien huilée. Le tapis timide repartit avec son cousin, qui avait avalé un peu de courage et beaucoup de sucre. La licorne timide glissa une carte dans la boîte : un dessin de coussins en pluie, avec un petit “merci” au crayon.

Nébule rentra chez lui. Il s'installa près du clapier-placard, le cœur simple. Il songea à tout ce qu'il avait appris. À la manière dont le vent préfère qu'on lui parle doucement. À la façon que les lettres ont de se cacher si on les regarde trop vite. Aux beignets de cannelle qui savent, mieux que personne, quand on a besoin de pauses.

Il pensa aussi à la petite phrase sur la banderole : RIRE, RESPIRER, RÉPARER. Il la répéta. Il l'écrivit sur un morceau de carton et l'accrocha au-dessus de son lit, entre deux torchons pliés.

— Rire, c'est facile, dit-il à voix basse. Respirer, j'y arrive. Réparer, c'est plus lent. Mais c'est possible.

La nuit, enfin, posa ses pattes sur la cour. Les guirlandes s'endormirent une à une, de gauche à droite, comme un sourire qui se repose. Au loin, l'Aéramatic fit un petit ronronnement, comme un chat mécanique qui rêve à des zéphyrs bien élevés. Flambette, de sa cheminée, bâilla un petit feu et se roula en boule. Le troll à tablier rangea sa farine en lui disant “bonne nuit” (on ne sait jamais). Tibule, moustaches au repos, imagina des coiffures pour nuages timides.

Nébule ferma les yeux. Son souffle mentholé fit une bulle, puis deux, qui flottèrent jusqu'au plafond et lui firent un chapeau. Il fut très sérieux avec ce chapeau, bien qu'il n'y eût personne pour le voir. Il pensa aux questions qui reviendraient, aux confusions à venir, et ça le fit sourire. On continuerait. On rirait. On respirerait. On réparerait.

Et, si par hasard un bouton se vexait, on lui parlerait. Poliment. Avec un beignet, s'il le fallait. Parce qu'au fond, dans une rue où même les moustaches ont des idées, c'est une bonne chose d'avoir un souffle qui sait dire “pardon” et “encore” et “tiens, voilà une image”.

Là-dessus, le vent, très poli, ferma les rideaux tout doucement. Et pour une fois, les oreillers restèrent sages. Enfin, presque. L'un d'eux fit un pas de danse et se rassit en feignant l'innocence, parce que rien n'est parfait, et c'est bien comme ça.

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Le quizz : as-tu bien compris l'histoire ?

Aéramatic Trois-Point-Zéro
Un appareil imaginaire qui aide à réguler le vent et les courants d'air.
Flouff
Un mot inventé pour désigner un événement joyeux et coloré, cela peut aussi évoquer quelque chose de léger et amusant.
Quiproquos
Une situation où il y a un malentendu ou une confusion sur ce qui est dit.
Moulin
Un bâtiment où l'on transforme des grains en farine, mais ici, c'est une partie d'un appareil spécial.
Souffle
Le mouvement de l'air que l'on fait en respirant ou en parlant, mais ici il est aussi lié à la magie et au vent.
Tourmente
Un vent violent qui peut créer des tempêtes, mais ici c'est utilisé pour décrire un souffle désordonné.

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