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Histoire d'Halloween 11 à 12 ans Lecture 15 min.

Le ruban orange des lanternes d’Halloween

Noisette, un petit raton laveur organisé, part à la recherche d’un ruban orange pour décorer la Clairière d’Halloween et, accompagné de ses amis, suit des lanternes qui les entraînent vers une mystérieuse aventure.

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Noisette, petit raton laveur stylisé au pelage gris-brun et rayures faciales, porte une cape de vampire noire doublée de rouge et, debout sur une caisse, noue un long ruban orange autour d’une grosse branche du Grand Chêne; Moka, martre déguisée en fantôme avec un drap blanc de travers, aide malicieusement, Paillette, jeune blairelle en petit chapeau pointu vert sombre, sourit timidement en tenant un tuyau de roseau au pied de l’arbre à gauche; deux petites souris déguisées (pirate et citrouille) applaudissent près du ruban posé sur une table, tandis qu’un castor en costume de chevalier et deux écureuils-loups forment une échelle de caisses derrière Noisette pour aider; la clairière circulaire, couverte de feuilles rousses autour d’un énorme chêne aux branches noueuses, est décorée de lanternes-citrouilles suspendues, petites citrouilles sur des souches, guirlandes lumineuses et fumée de feu de camp; scène principale au crépuscule d’une cérémonie joyeuse et rassurante, le ruban orange flotte dans le vent et relie les personnages dans une ambiance festive et automnale. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — La liste de Noisette

Ce soir-là, la forêt avait une odeur de feuilles mouillées et de pommes trop mûres. Les lanternes-citrouilles clignotaient déjà au bord des sentiers, comme si elles faisaient des clins d'œil à ceux qui osaient passer.

Noisette, un petit raton laveur au pelage soigneusement brossé, s'arrêta devant sa porte et relut sa liste pour la troisième fois.

— Déguisement : prêt. Sac à bonbons : prêt. Mots de politesse : prêts, marmonna-t-il en tapotant son carnet avec son crayon. Et… ruban : pas prêt.

Le ruban, c'était son idée préférée pour Halloween. Pas un ruban quelconque : un long ruban orange, doux comme une écharpe, qu'il rêvait d'accrocher au Grand Chêne de la Clairière. Une sorte de signe secret, une décoration qui dirait : “Bienvenue, aventuriers !”

Sauf qu'il avait beau fouiller son tiroir à trésors (où dormaient une bille bleue, un bouton en nacre et une clé sans serrure), aucun ruban.

On frappa à la porte. Enfin… on gratta.

— Noisette ! Tu viens ? On va rater la première tournée ! lança Moka, la martre, déjà déguisée en fantôme. Enfin, un fantôme un peu de travers : son drap était coincé dans sa ceinture.

Noisette ouvrit.

— Je viens, je viens. Mais d'abord, mission ruban.

Moka pencha la tête.

— Un ruban ? Pour attacher quoi ? Ta queue ?

— Pour accrocher au Grand Chêne. C'est… important.

Moka sourit, les yeux pétillants.

— D'accord, Chef de la Liste. On t'aide. Mais si on tombe sur un vrai fantôme, c'est toi qui lui demandes s'il a des bonbons.

Noisette prit une grande inspiration. Il enfila son déguisement : un petit vampire très sérieux, avec une cape repassée (oui, repassée). Puis il ferma sa porte à clé, vérifia deux fois que la clé était bien dans sa poche, et ils partirent.

Chapitre 2 — La bobine introuvable

La forêt, la nuit d'Halloween, n'était pas vraiment plus dangereuse. Elle était juste… plus théâtrale. Les branches semblaient applaudir au-dessus des têtes, le vent faisait des “houuu” comme un chanteur qui s'échauffe, et les hiboux se donnaient un air important.

Au carrefour des Trois Souches, un stand avait été installé : la boutique ambulante de Madame Chardon, la hérissonne. Elle vendait des bougies, des masques, des pommes d'amour et des bobines de ficelle.

— Madame Chardon ! s'exclama Noisette. Vous auriez un ruban orange ? Long ? Très long ?

Madame Chardon ajusta ses lunettes rondes.

— J'avais. Une magnifique bobine. Mais quelqu'un me l'a empruntée tout à l'heure.

Moka leva une patte, dramatique.

— Empruntée ? En pleine nuit d'Halloween ? Ça sent le mystère à moustaches !

Madame Chardon hocha la tête.

— Ce n'est pas du vol, j'espère. On m'a laissé… ceci.

Elle posa sur le comptoir une petite carte en forme de feuille. Dessus, un dessin : une citrouille souriante… avec un ruban.

Et, en dessous, trois mots : “Suivez les lanternes.”

Noisette sentit un frisson lui chatouiller l'échine, le genre de frisson qui chatouille plus qu'il n'effraie.

— Les lanternes… répéta-t-il.

Au bord du chemin, justement, une lanterne-citrouille clignota deux fois, comme si elle avait entendu.

Moka chuchota :

— Soit c'est un message secret… soit c'est une citrouille qui a des tics.

Noisette serra son carnet contre lui.

— On suit les lanternes. Mais on reste polis. Et on ne juge pas les citrouilles.

Ils s'éloignèrent du stand. La première lanterne les guida vers un sentier moins fréquenté, où les feuilles faisaient “crr crr” sous les pattes.

Une seconde lanterne brillait plus loin, près d'un tronc creux. Puis une troisième, au pied d'un rocher, comme des petits phares dans la nuit.

— Ça ressemble à une chasse au trésor, dit Moka. Je suis pour. Surtout si le trésor est comestible.

Noisette, lui, pensait à son ruban. Il l'imaginait déjà flottant au Grand Chêne, comme une flamme douce dans l'air noir.

Chapitre 3 — Le souffle derrière le buisson

Ils arrivèrent près du Ruisseau des Soupirs. On l'appelait comme ça parce que l'eau, en glissant entre les pierres, faisait un bruit de “haa…” comme si elle racontait ses soucis.

Une lanterne-citrouille était posée sur une souche, et juste derrière, un buisson frissonnait.

Noisette s'immobilisa.

— Tu as entendu ? murmura-t-il.

— Oui, répondit Moka. Le buisson éternue ? Il a peut-être attrapé un rhume de feuilles.

Le buisson bougea encore. Un souffle, un vrai, sortit de l'ombre : “Ffff…”

Noisette leva les pattes, très lentement, comme un vampire qui demande la paix.

— Bonsoir ! On… on suit les lanternes. Nous ne voulons déranger personne.

Une paire d'yeux apparut. Puis un museau. Et enfin un énorme bonnet pointu.

C'était Paillette, une jeune blairelle, déguisée en sorcière. Son chapeau était tellement grand qu'il lui tombait sur les oreilles.

— Chut ! chuchota Paillette. Vous allez réveiller… le Monstre du Ruisseau.

Moka écarquilla les yeux.

— Il existe ?

Paillette hésita. Puis elle avoua, en rougissant sous ses rayures :

— Disons que… j'essaie de lui donner l'air d'exister. C'est pour le frisson. Mais un frisson doux, hein ! Pas de panique.

Elle montra une sorte de tuyau de roseau qu'elle soufflait pour faire “Ffff…” et effrayer gentiment les passants.

Noisette relâcha l'air qu'il retenait.

— D'accord. C'est… créatif. Mais est-ce que tu as vu une bobine de ruban orange ?

Paillette hocha la tête.

— Oui ! Un ruban qui brille un peu. Je l'ai vu passer… tiré par quelqu'un. Ça allait vite, comme un petit train.

— Un train ? répéta Moka, fascinée.

— Des souris, expliqua Paillette. Elles tiraient quelque chose vers la vieille serre aux citrouilles. Et elles riaient. Pas des rires méchants. Des rires de “on prépare une surprise”.

Noisette sentit son cœur faire un bond.

— La serre aux citrouilles… Merci, Paillette. Et ton Monstre du Ruisseau… il est très poli.

Paillette sourit, soulagée.

— Merci ! Et si vous le croisez, dites-lui bonsoir.

— Compte sur nous, dit Moka. On est les champions du “bonsoir”.

Ils reprirent le chemin, guidés par la prochaine lanterne.

Chapitre 4 — La serre qui chuchote

La vieille serre se dressait au bout du sentier, toute en vitres rayées et en bois grinçant. À l'intérieur, des citrouilles de toutes tailles luisaient comme des petites lunes. On aurait dit qu'elles se racontaient des secrets.

Noisette posa une patte sur la porte.

— On frappe ?

Moka fit semblant d'être un majordome.

— Toc toc. Service de frissons, bonsoir.

La porte s'ouvrit d'un coup, et une odeur de terre chaude leur sauta au museau. Quelque chose bougea entre les rangées de pots. Puis… des rires.

Des souris, effectivement. Une dizaine, peut-être, toutes déguisées : pirate, momie, chauve-souris, et même une en… citrouille. Elle avait un costume rond qui la faisait rouler quand elle se retournait.

Au milieu, une bobine de ruban orange trônait sur une table.

Noisette en eut presque les larmes aux yeux (mais il se retint, parce qu'un vampire organisé ne pleure pas devant une bobine).

— Le ruban ! s'exclama-t-il.

Une souris pirate leva son crochet en carton.

— Stop ! Mot de passe !

Moka souffla à Noisette :

— Je savais qu'il y aurait un mot de passe. J'adore.

Noisette fouilla dans sa mémoire. Mot de passe… Halloween… lanternes…

— Euh… “Suivez les lanternes” ?

La souris pirate grimaça, puis éclata de rire.

— C'était facile ! Oui, c'est ça.

Une autre souris, plus petite, s'avança. Elle portait une cape trop longue, et sa voix tremblait un peu.

— Désolées de l'avoir prise. On voulait faire une surprise pour la Clairière. Le ruban sert à… à baliser le parcours pour les plus jeunes. Comme ça, personne ne se perd.

Noisette resta bouche bée. Son idée d'accrocher un ruban au Grand Chêne… et elles, elles avaient imaginé un ruban pour guider les autres.

Il regarda la bobine, puis les souris.

— C'est une excellente idée, dit-il enfin. Et… je peux vous aider à l'accrocher ? Je voulais de toute façon accrocher un ruban ce soir.

Les souris se consultèrent du regard, puis la souris-citrouille roula jusqu'à lui.

— Oui ! On a besoin de quelqu'un de… très organisé. Parce que sinon, on s'emmêle.

Moka pouffa.

— Oh, ça, c'est Noisette. Il pourrait ranger une tempête dans une boîte.

Noisette rougit, mais il sourit.

— D'accord. Plan : on attache le début du ruban ici, puis on suit les lanternes jusqu'au Grand Chêne. On fait des nœuds solides, pas trop serrés. Et on laisse un petit morceau libre pour… flotter. Ça fait joyeux.

Les souris applaudirent en silence, comme si la serre était une bibliothèque.

Chapitre 5 — Le ruban qui guide

Ils sortirent tous ensemble, en file indienne. Le ruban orange se déroulait derrière eux comme une rivière de feu doux. Noisette donnait les instructions :

— Ici, un nœud autour de cette branche. Parfait. Là, on passe sous la racine. Attention, ne marchez pas sur le ruban, il n'aime pas les chaussures… enfin, les pattes.

Moka, elle, jouait les éclaireuses.

— Lanterne à gauche ! Et là… ouh ! Un tronc qui ressemble à un nez. Il nous observe !

— C'est un tronc, Moka, dit Noisette, mais il riait.

Plus loin, ils croisèrent un groupe de lapins déguisés en squelettes. Ils avaient l'air hésitant devant un embranchement.

Noisette s'avança.

— Bonsoir ! Suivez le ruban orange. Il vous mènera à la Clairière.

Un petit lapin-squelette chuchota :

— Merci… Je n'aime pas trop quand c'est trop noir.

Noisette baissa la voix.

— C'est normal. L'important, c'est d'avancer avec quelqu'un et de demander de l'aide.

Moka ajouta :

— Et de ne pas croire les troncs à nez. Ils racontent n'importe quoi.

Les lapins rirent, et leurs rires sonnèrent comme des petites percussions.

Le ruban continuait, accroché à des branches, à des piquets, même à une vieille brouette abandonnée qui, soudain, semblait faire partie de la fête. À chaque nœud, Noisette sentait une satisfaction tranquille : celle d'un plan qui se construit.

Une brise se leva. Le ruban frissonna, et les lanternes clignotèrent plus fort, comme si elles applaudissaient aussi.

— On approche, annonça une souris momie. Je sens l'odeur des bonbons à la noisette.

Noisette sourit.

— C'est bon signe. Les bonbons ne mentent jamais.

Chapitre 6 — Le Grand Chêne et la surprise

La Clairière apparut, ronde et lumineuse, entourée de buissons comme d'un public attentif. Au centre, le Grand Chêne dressait ses branches énormes, chargées de feuilles rousses. On aurait dit un vieux roi portant une couronne flamboyante.

Des animaux étaient déjà là : des écureuils en loups-garous, des chouettes en juges sévères, des castors en chevaliers. Une musique douce montait d'un coin, où des grillons grattouillaient des tiges de paille comme des violons.

Quand ils virent arriver la troupe, et surtout le ruban orange, un murmure parcourut la Clairière.

— Regardez ! Un chemin !

— On peut rentrer sans se perdre !

— C'est joli !

Noisette sentit ses joues chauffer. Il n'aimait pas trop être au centre, mais là, il se sentait… utile.

Restait l'essentiel : accrocher le ruban au Grand Chêne.

Noisette leva la tête. La branche la plus belle, celle qui faisait une sorte de bras accueillant, était un peu haute.

Moka tapa dans ses pattes.

— Plan numéro… euh… combien ?

— Plan numéro “on improvise gentiment”, dit Noisette.

Un castor chevalier s'approcha avec un air important.

— Je peux vous faire une marche. Je suis très solide.

Deux écureuils loups-garous apportèrent une caisse. Paillette la blairelle-sorcière surgit, essoufflée, son chapeau toujours de travers.

— J'ai entendu “surprise” et je suis venue !

En quelques secondes, une petite pyramide s'organisa. Noisette grimpa prudemment (en vérifiant mentalement chaque appui, évidemment). Il noua le ruban autour de la branche, fit un double nœud, puis laissa un pan flotter.

Le ruban orange dansa dans le vent, éclairé par les lanternes. Il ressemblait à une comète gentille, venue se poser là pour la nuit.

Un silence heureux s'installa, puis tout le monde applaudit. Même les chouettes-juges approuvèrent d'un hochement lent.

La souris pirate s'éclaircit la gorge.

— Ce ruban, ce n'est pas seulement une déco. C'est un guide. Pour que personne ne se sente seul dans le noir.

Noisette descendit. Moka lui donna un petit coup d'épaule.

— Tu vois, Chef de la Liste ? Ton ruban est devenu… un ruban de gentillesse.

Noisette répondit, un peu gêné mais content :

— C'est la meilleure sorte de ruban.

La fête reprit : jeux de devinettes, concours de grimaces, distribution de bonbons. Et quand un plus jeune hésitait près du bord, quelqu'un lui montrait le ruban : “Regarde, c'est par là.” Alors, la peur se transformait en simple frisson, comme quand on plonge un doigt dans une eau froide… et qu'on rit juste après.

Plus tard, quand la lune fut bien haute, Noisette s'éloigna un instant du bruit. Il sortit son carnet, celui de ses listes, et s'assit au pied du Grand Chêne.

Il écrivit, soigneusement, en lettres rondes.

“31 octobre — Ce soir, j'ai accroché un ruban. Il a guidé des amis et des inconnus. Le mystère était une surprise, pas un danger. Moka a eu peur des troncs à nez. Paillette a un Monstre du Ruisseau très poli. Je retiens : être organisé, c'est bien, mais être gentil, c'est encore mieux. Le ruban flottera jusqu'au matin.”

Il souffla doucement sur l'encre pour la sécher, referma le carnet, et le serra contre lui.

Au-dessus, le ruban orange continuait de danser, comme s'il lisait aussi, en silence, la dernière ligne datée.

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Lanternes-citrouilles
Lampes taillées en forme de citrouille, utilisées pour éclairer et décorer la nuit.
Bobine
Objet cylindrique autour duquel on enroule du fil, de la ficelle ou du ruban.
Serre
Construction vitrée où l'on cultive des plantes, protégées du froid et du vent.
Clairière
Espace ouvert et dégagé au milieu d'une forêt, où la lumière arrive.
Grinçant
Qui fait un bruit aigu et répété, comme une porte qui frotte.
Ambulante
Qui se déplace, qui tient boutique ou service en se mouvant d'un lieu à l'autre.
Baliser
Marquer un chemin avec des signes pour que les autres puissent le suivre.
Pyramide
Construction ou tas en forme de triangle à base large et sommet pointu.
Double nœud
Deux nœuds faits l'un sur l'autre pour que la corde tienne mieux.
Frisson
Sensation de léger tremblement liée à la peur, au froid ou à l'excitation.

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