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Histoire de super-héros 11 à 12 ans Lecture 22 min. (1)

Quasar et le couloir entre les secondes

Zélie Quasar enquête sur des disparitions mystérieuses à Nova-Lumen et découvre un terminal orbital qui attire les habitants grâce à une voix prometteuse, la confrontant à un ingénieur persuadé que le silence peut sauver la ville.

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Zélie Quasar, héroïne au visage déterminé et bienveillant, yeux vifs et cicatrice discrète au menton, en tenue bleu nuit à filaments argentés et cape courte, pose un pied sur un passage piéton d’une rue moderne de Nova-Lumen au crépuscule et stabilise d’un gant lumineux une fente scintillante qui s’ouvre au-dessus du passage; à gauche, Madame Rina (≈70 ans), cheveux gris en chignon, sourit en tenant un journal près d’un kiosque; à droite, une adolescente d’environ 15 ans au sac à dos recule, confuse mais soulagée, et un garçon d’environ 7 ans, tenant un avion en papier, regarde émerveillé le ciel; trottoirs luisants, lampadaires drones diffusant halos doux et vitrines reflétant néons bleus et ors; touches aquarelle suggérant le mouvement du champ lumineux. signaler un problème avec cette image

Chapitre 1 — La ville qui perd des gens

À Nova-Lumen, la nuit ne tombait jamais tout à fait. Les panneaux solaires des gratte-ciel capturaient les derniers reflets du ciel, et les drones-lampadaires traçaient des halos doux au-dessus des avenues. Pourtant, depuis une semaine, un courant glacé passait dans les conversations.

« Disparus. Encore. »

On disait ce mot comme si on avait peur qu'il attire le prochain.

Zélie Quasar, elle, attirait surtout les regards. Pas seulement parce qu'elle marchait vite, comme si chaque trottoir avait une mission à accomplir, mais parce que sa tenue semblait sortie d'un rêve de météorites : combinaison bleu nuit, striée de filaments argentés qui pulsaient doucement, cape courte qui ne gênait pas, et un casque ouvert aux joues, avec une visière relevable. Sur son épaule, un petit écusson en forme d'étoile souriante affichait : QUASAR. Elle l'avait choisi pour rappeler une chose : même une lumière lointaine peut guider.

Et Zélie parlait. Beaucoup.

« OK, Nova-Lumen, on respire, on observe, et on évite de paniquer comme un grille-pain qui a vu une baignoire, d'accord ? » lança-t-elle à son bracelet-IA.

Le bracelet vibra. Une voix claire répondit : « Je note la comparaison. Elle est inquiétante, mais mémorable. »

« Merci, Lumo. Un jour, tu écriras un livre d'humour. »

Lumo projeta une petite carte holographique au-dessus de son poignet. Des points oranges y clignotaient : les zones des disparitions. Toujours près d'arrêts de tram, de squares, de marchés. Toujours en plein jour. Et toujours sans bruit, sans cris, comme si quelqu'un avait simplement appuyé sur “Pause” et rangé la personne dans une poche.

Zélie s'arrêta devant le kiosque de Madame Rina, vendeuse de journaux et d'anecdotes.

— Madame Rina ! Vous avez vu quelque chose aujourd'hui ?

La vieille femme plissa les yeux, amusée.

— J'ai vu une héroïne qui n'a pas dormi. Et j'ai vu… ce petit frisson dans l'air, là-bas, près du passage piéton. Comme quand on ouvre un frigo géant.

Zélie suivit du regard. Le passage piéton était vide, mais l'air au-dessus des bandes blanches semblait… trembler, à peine.

— Lumo, tu sens ça ?

« Micro-variation de champ électromagnétique. Faible, mais… très propre. Trop propre. »

Zélie sourit, un sourire qui disait : “Ah, toi, tu vas me donner du travail.”

— Très bien. Disparitions sans bruit. Air qui frissonne. Ça sent le portail clandestin. Et moi, j'adore les portes qui n'ont pas demandé la permission.

Elle posa le pied sur la première bande blanche. Le frisson remonta le long de ses bottes comme un courant d'eau froide. Ses filaments argentés s'illuminèrent.

— Respire, Zélie, murmura-t-elle. Tu es Quasar. Tu éclaires, tu protèges, tu ne fonces pas tête baissée.

Elle fit quand même un pas de plus.

Le monde cligna.

Et le passage piéton se transforma en une fente lumineuse, mince comme un sourire, qui s'ouvrit juste assez pour l'avaler.

Chapitre 2 — Le couloir entre les secondes

Zélie n'eut pas le temps de crier. Elle eut juste le temps de penser : “Ah. Voilà.”

Elle glissa dans un couloir qui n'avait pas de murs, seulement des lignes de lumière qui couraient comme des rails. Autour d'elle, le noir vibrait, pas menaçant, plutôt concentré, comme une salle de spectacle juste avant le lever de rideau.

— Lumo ? dis-moi que tu es là.

« Je suis là. Et je n'aime pas cet endroit. Il n'y a presque pas d'écho. »

— Génial, un couloir sans écho… même mes blagues vont se sentir seules.

Devant elle, des silhouettes flottaient, immobiles. Des gens, dans des bulles transparentes, comme des gouttes de verre suspendues. Leurs yeux étaient ouverts, mais calmes, comme s'ils rêvaient.

Zélie approcha une bulle. Une adolescente à sac à dos. Un homme avec un tablier de boulanger. Un petit garçon tenant un avion en papier.

— Hé… vous m'entendez ?

Elle posa la paume sur la bulle : c'était tiède, vivant. Soulagée, elle chuchota :

— OK. Ils sont en sécurité. Enfin… “en sécurité” façon “rangés sur une étagère cosmique”, mais vivants.

« Les bulles sont stabilisées par un champ harmonique. Quelqu'un maîtrise parfaitement la modulation. »

— Donc quelqu'un de très intelligent… ou très prétentieux. Souvent, c'est la même personne.

Un panneau lumineux surgit, sans support : ACCÈS — TERMINAL ORBITAL ELYSION.

Zélie siffla.

— Terminal orbital ? On fait des disparitions et après on prend l'avion… enfin, la station. Classe.

Une flèche apparut. Elle suivit, flottant presque, comme si la gravité avait pris une pause café. Ses filaments argentés pulsaient, répondant aux lignes lumineuses du couloir, comme si son costume comprenait la langue de cet endroit.

Au bout, une porte circulaire s'ouvrit avec un soupir.

Et l'air changea. Odeur de métal propre, de café trop cher, et de voyageurs impatients.

— Bienvenue dans… un aéroport orbital, souffla Zélie. J'espère qu'ils ont des panneaux “Arrivées” et pas “Enlèvements”.

« C'est un terminal civil. Mais l'accès par un couloir dimensionnel est… hautement illégal. »

— Merci, Captain Évidence.

Elle ajusta sa visière. Son reflet lui renvoya une jeune femme aux yeux vifs, peau brune, cheveux courts attachés en mini-queue de comète. Sur son visage, une petite cicatrice au menton, souvenir d'une chute à douze ans… et d'une promesse : “Je me relèverai toujours.”

Elle se redressa.

— Bon. On est là. Maintenant, on trouve qui a transformé des habitants en bagages à main.

Chapitre 3 — Le Terminal Elysion et la voix dans les haut-parleurs

Le Terminal Elysion tournait lentement autour de la Terre, immense anneau d'acier et de verre. À travers les baies vitrées, on voyait la planète comme une bille bleue, tranquille, presque innocente. Des navettes s'accrochaient aux quais comme des abeilles à une fleur.

À l'intérieur, des tapis roulants glissaient sans fin. Des affiches lumineuses clignotaient : DESTINATION : MARS-LITTORAL — RETARD : 12 MINUTES. Des familles riaient, des agents contrôlaient des pass, des enfants collaient leur nez aux vitres.

Zélie se fondit dans la foule… enfin, autant qu'une super-héroïne scintillante pouvait se fondre.

— Lumo, scan discret. Cherche une signature énergétique similaire au couloir.

« Je scanne. Et j'entends… un motif. Une sorte de musique, très faible, dans le champ. »

— Une musique ?

« Oui. Comme un sifflement régulier. »

Zélie fronça les sourcils. Elle suivit le flux vers une zone interdite, derrière des portes marquées PERSONNEL UNIQUEMENT. Deux agents discutaient.

— Excusez-moi ! lança Zélie avec son sourire le plus “je suis parfaitement normale”.

Les agents la reconnurent instantanément. L'un avala sa salive.

— Quasar… euh… vous avez un badge ?

— J'ai mieux : une responsabilité. Il y a des citoyens de Nova-Lumen qui disparaissent. Et je parie que votre couloir secret n'est pas dans la brochure touristique.

L'autre agent se redressa, hésitant.

— On ne sait rien. Il y a… des pannes de champ, des fluctuations. Et une voix. Parfois, dans les haut-parleurs.

Comme pour lui donner raison, les haut-parleurs grésillèrent. Une voix douce, presque polie, envahit le terminal.

« Voyageurs de la Terre. Ne craignez rien. Je vous offre un refuge, loin du bruit. Loin du chaos. »

Des gens s'arrêtèrent, surpris. Certains rirent nerveusement. D'autres sortirent leur téléphone.

Zélie leva les yeux.

— Lumo, tu enregistres ?

« Oui. La voix est synthétique, mais… émotionnelle. C'est travaillé. »

La voix continua, comme si elle s'adressait directement à Zélie.

« Certains d'entre vous sont fatigués. Perdus. Je peux vous mettre à l'abri. Il suffit de franchir… la porte. »

Zélie sentit le frisson, le même que sur le passage piéton. À quelques mètres, près d'une borne d'information, l'air trembla.

Une femme avec une valise s'approcha, attirée comme par une chanson. Ses yeux étaient vagues.

— Madame ! appela Zélie. Ne bougez pas !

La femme ne répondit pas. Elle tendit la main vers le frisson.

Zélie bondit. Sa cape claqua. Elle attrapa la poignée de la valise et tira doucement, sans brusquer.

— Hé, hé, regardez-moi. Vous êtes au Terminal Elysion. Vous voulez aller où ?

La femme cligna des yeux, perdue.

— Je… je ne sais plus. J'entendais… une promesse.

Zélie posa une main sur son épaule, ferme mais respectueuse.

— Les promesses, ça se vérifie. Et on ne suit pas une voix inconnue, d'accord ? C'est comme sur Internet… mais en plus spatial.

La femme hocha la tête, honteuse.

— Pardon.

— Aucun pardon, aucun jugement. Juste : prudence.

Zélie se tourna vers le frisson, qui s'intensifia. Le portail s'ouvrait.

— Lumo, on y va.

« Je préférerais un plan. »

— Moi aussi. Mais le plan, c'est : empêcher les gens de disparaître. Et poser des questions après.

Elle se glissa dans la zone interdite, suivie du regard par les agents. Au fond d'un couloir technique, une porte métallique vibrait au rythme d'un sifflement.

Sur la porte, un symbole : un cercle barré d'une ligne, comme une oreille qu'on aurait rayée.

“Silence”, murmura Zélie. Voilà notre artiste.

Elle posa sa paume sur la serrure. Ses filaments argentés s'illuminèrent, et la serrure céda dans un petit clic net.

— Bonjour, le secret, dit-elle. Je suis venue sans invitation. Comme d'habitude.

Chapitre 4 — L'Architecte du Silence

La pièce derrière la porte ressemblait à un atelier et à un observatoire à la fois. Des écrans montraient Nova-Lumen en temps réel, comme si la ville était une maquette vivante. Des bobines de câbles brillaient, des cristaux vibraient, et au centre, une structure en arc, un portail miniature, pulsait comme un cœur.

Un homme se tenait là. Grand, maigre, veste grise impeccable. Ses cheveux étaient attachés en arrière, et ses lunettes projetaient des schémas dans l'air. Il se retourna, calmement, comme s'il attendait Zélie.

— Quasar, dit-il avec un sourire tranquille. Je vous reconnais. Vous faites beaucoup de bruit, pour quelqu'un qui veut sauver.

— Et vous, vous faites beaucoup de disparitions, pour quelqu'un qui prétend protéger.

Il inclina la tête.

— Je suis Nox Ardent. Ingénieur du Terminal Elysion. J'ai vu la Terre s'agiter, se presser, se blesser. Alors j'ai construit un refuge. Un lieu entre les secondes. Là où le monde ne peut pas vous atteindre.

Zélie croisa les bras.

— Un refuge où personne ne choisit vraiment d'aller. Vous appelez ça comment… des vacances surprises ?

Nox soupira, comme si elle était une élève qui n'avait pas compris un problème simple.

— Les gens sont épuisés. Je leur offre le silence. Je les mets en sécurité dans des bulles. Ils ne souffrent pas.

— Ils ne vivent pas non plus, répliqua Zélie. Et leurs proches, eux, souffrent. Vous avez pensé à ça ? Ou le silence vous a aussi coupé l'empathie ?

Ses lunettes brillèrent.

— L'empathie est un bruit. Une interférence. Je fais ce qui est nécessaire.

Zélie sentit la colère monter, mais elle la tint en laisse. Être héroïne, c'était aussi choisir ses mots.

— Écoutez-moi, Nox. Respecter les gens, c'est leur laisser le droit de décider. Même si leur décision est de faire du bruit, d'être imparfaits, d'avoir peur. On ne range pas des humains comme des dossiers.

Il appuya sur une commande. Le portail miniature s'agrandit, son arc s'ouvrant comme une mâchoire de lumière.

— Vous ne comprenez pas. Nova-Lumen est fragile. Trop de stress, trop de chaos. Je vais… alléger la ville. Petit à petit.

— Ah. Donc vous êtes une corbeille à papier géante.

Zélie activa son gant. Une lumière argentée s'enroula autour de ses doigts. Son pouvoir venait d'une énergie rare qu'elle appelait “lumière inertielle” : elle pouvait ralentir, accélérer, dévier des objets, comme si elle jouait avec la vitesse du monde. Pas pour blesser. Pour protéger. Pour bloquer.

Nox fit un geste. Des drones sphériques sortirent des murs, silencieux, lisses comme des perles.

— Neutralisez-la, ordonna-t-il.

— Avec plaisir, répondit Zélie. Je voulais justement bouger un peu.

Les drones foncèrent. Zélie pivota, envoyant une impulsion de lumière inertielle. L'air se plissa, et les drones ralentirent, comme s'ils traversaient du miel.

— Oh là, doucement ! plaisanta-t-elle. On n'est pas en course de navettes.

Elle attrapa un drone, le fit tourner sur lui-même, et le posa au sol comme un ballon qu'on rend à son propriétaire.

— Pas de casse, merci. Le respect, c'est aussi pour le matériel… enfin, quand le matériel essaie de vous enlever, c'est un respect prudent.

Nox serra les dents.

— Vous êtes un obstacle. Le bruit incarné.

— Et vous, vous êtes un grand monsieur avec une petite idée qui prend trop de place.

Zélie repéra une console reliée aux cristaux. Les bulles, les portails, tout passait par là.

— Lumo, comment on coupe ça sans libérer les gens n'importe où ?

« Il faut inverser la modulation. Les bulles peuvent être renvoyées à leur point d'origine. Mais il faut un code d'accès. »

Zélie lança un regard à Nox.

— Parfait. On va discuter. Gentiment. Et vite.

Nox recula, puis sourit.

— Vous croyez pouvoir me faire parler ? Ici, c'est mon domaine.

Il posa la main sur l'arc du portail. La lumière grossit, et Zélie sentit une traction, comme si l'espace voulait l'aspirer.

— Oh non, dit-elle. Pas aujourd'hui. J'ai encore des gens à ramener.

Elle planta ses bottes au sol, concentra sa lumière inertielle, et stabilisa son propre corps comme une ancre. Son costume brilla, filaments argentés devenus comètes.

— Lumo, maintenant !

« J'envoie une contre-fréquence par votre gant. Visez la base des cristaux ! »

Zélie tendit la main. Un rayon argenté jaillit, fin et précis, frappant la base. Les cristaux vibraient, hésitaient, comme un chœur qui perd son tempo.

Nox pâlit.

— Non… vous allez casser l'harmonie !

— Je ne casse pas. Je rends. C'est différent.

Chapitre 5 — La pluie de retours

La pièce trembla. Pas une explosion, plutôt un grand soupir de mécanique qui change de direction. Les écrans montrèrent des points lumineux s'allumer au-dessus de Nova-Lumen.

— Qu'est-ce que… ?

« Les bulles se synchronisent avec leurs lieux d'origine. Retour en cours, » annonça Lumo.

Zélie garda sa main tendue, concentrée, le front plissé.

— Allez… doucement… pas de panique… Personne ne tombe, personne ne se cogne, tout le monde rentre à la maison comme après une sortie scolaire.

Nox tenta de reprendre le contrôle, tapant sur la console. Zélie s'approcha, sans le frapper, mais avec une présence qui remplissait l'espace.

— Stop. Vous avez voulu “alléger” une ville. Mais vous n'avez pas le droit de décider qui a trop de poids dans le monde.

Il trembla de colère.

— Ils me remercieraient si—

— Non. Ils vous demanderaient “pourquoi”. Et vous n'aimez pas cette question, parce qu'elle fait du bruit.

Zélie posa doucement son gant sur la console, bloquant l'accès.

— Donnez le code. Et après, on discutera avec les autorités. Vous serez jugé, oui. Mais vous serez aussi écouté. Parce que même quand on a tort, on reste un humain. Et ça, c'est non négociable.

Le regard de Nox vacilla. Pour la première fois, il sembla fatigué. Pas mauvais. Juste enfermé dans sa propre idée.

— Le code… murmura-t-il. 7… 2… 0… Elysion.

Lumo confirma : « Code accepté. Stabilisation parfaite. »

Sur les écrans, les points lumineux descendirent vers la ville comme une pluie d'étoiles. Zélie sentit la traction du portail s'inverser. Les bulles partaient.

Elle expira enfin.

— Merci, dit-elle, sincère, à Nox. Merci d'avoir choisi de ne pas résister plus longtemps.

Il détourna les yeux.

— Le silence… je croyais que c'était une guérison.

— Le silence peut être utile, répondit Zélie. Mais pas quand il vole la voix des autres.

Des agents de sécurité du terminal arrivèrent en courant, guidés par les alarmes enfin déclenchées.

— Quasar ! cria l'un d'eux. Vous allez bien ?

— Je suis radieuse, comme toujours, répondit-elle. Lui, c'est Nox Ardent. Il a des choses à expliquer. Et s'il vous plaît… pas de brutalité. On reste respectueux.

L'agent hocha la tête, surpris, puis fit signe à son équipe. Ils entourèrent Nox sans violence.

Zélie se tourna vers la baie vitrée du terminal. Là-bas, Nova-Lumen brillait. Elle imagina les bulles se rouvrir, les gens cligner des yeux, retrouver l'air, la rue, les proches.

Et elle se sentit soudain très petite… et très utile.

— Lumo, on rentre. J'ai une ville à rassurer.

« Et un besoin urgent de dormir, » ajouta Lumo.

— Chut. On n'en parle pas. Les héroïnes n'ont pas de cernes. Elles ont des ombres dramatiques.

Chapitre 6 — Une rue apaisée

Le tram de Nova-Lumen glissa le long des rails, silencieux comme une promesse tenue. Zélie, revenue par une navette express, atterrit près du passage piéton où tout avait commencé. L'air ne frissonnait plus. Juste une brise normale, avec une odeur de boulangerie.

Sur le trottoir, des gens se retrouvaient. On entendait des “Tu es là !”, des rires tremblants, des larmes qui ne se cachaient pas. Le petit garçon à l'avion en papier le lança dans le ciel, et l'avion plana au-dessus de la foule comme un salut.

Madame Rina aperçut Zélie et agita son journal.

— Alors, Quasar ? C'était bien, le frigo géant ?

Zélie rit, soulagée.

— Disons… que j'ai remis la porte du frigo à sa place. Et j'ai dit au frigo d'arrêter d'avaler des gens.

Une adolescente au sac à dos s'approcha, hésitante.

— C'était vous, dans… dans le couloir ? J'ai cru rêver.

Zélie s'accroupit pour être à sa hauteur.

— C'était moi. Et tu n'as rien fait de mal. Quelqu'un a essayé de te convaincre sans te respecter. La prochaine fois que tu sens une “promesse” qui te tire, tu t'arrêtes, tu respires, et tu demandes : “Qui parle ? Pourquoi ? Est-ce que j'ai le choix ?”

L'adolescente hocha la tête.

— D'accord.

— Et si la réponse est floue, tu fais demi-tour. Même si ça brille. Surtout si ça brille.

L'adolescente sourit, un peu.

— Vous parlez beaucoup.

— C'est mon super-pouvoir secret, avoua Zélie. Ça et… la lumière qui fait obéir la vitesse. Mais surtout la parole. Parce que la parole, ça relie.

Elle se redressa. La rue, tout autour, reprenait son rythme. Les drones-lampadaires ajustaient leur luminosité, plus douce. Un chat traversa tranquillement, souverain comme un roi.

Zélie regarda la grande avenue. Pas de cris. Pas de frisson étrange. Juste des pas, des voix, et la vie normale, ce miracle quotidien.

— Lumo ? demanda-t-elle.

« Oui ? »

— Note dans ton livre d'humour : “On ne protège pas une ville en la vidant. On la protège en la respectant.”

Un temps.

« Je note. Et… Zélie ? »

— Oui ?

« Je suis content. Il y a du bruit, là. Un bon bruit. »

Zélie inspira. La rue était apaisée, comme après l'orage quand l'air devient clair.

— Alors on a réussi, murmura-t-elle. Et demain… on recommence, s'il le faut.

Elle ajusta sa visière, salua Madame Rina, et s'éloigna en marchant, sans courir. Pour une fois, Nova-Lumen n'avait pas besoin d'une comète. Juste d'une lumière qui veille, tranquille, au coin de la rue.

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Gratte-ciel
Très grands immeubles qui montent très haut dans le ciel.
Drones-lampadaires
Appareils volants qui servent aussi d'éclairage pour les rues.
Carte holographique
Image projetée en trois dimensions, que l'on voit dans l'air.
Micro-variation de champ électromagnétique
Petit changement dans une force électrique et magnétique autour d'un objet.
Champ harmonique
Zone où des ondes ou vibrations sont organisées et régulières.
Modulation
Action de changer le rythme ou la forme d'un signal ou son.
Contre-fréquence
Fréquence envoyée pour annuler ou neutraliser une autre fréquence.
Stabilisation parfaite
État où quelque chose reste calme et ne bouge plus du tout.
Synthétique
Fabriqué par l'homme, pas naturellement créé par la nature.
Cristaux
Objets durs et brillants, souvent avec des formes régulières.
Anneau d’acier
Structure circulaire faite de métal solide, comme un grand cercle.

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