Chapitre 1 — La femme aux néons
Dans la ville de Lyséon, les nuits avaient une particularité : les lampadaires ne se contentaient pas d'éclairer, ils chantaient presque. Un bourdonnement doux, comme un chœur de lucioles électriques, glissait entre les immeubles de verre.
Sur le toit d'une médiathèque, une silhouette se découpait dans le ciel violet. Manteau court couleur graphite, capuche relevée, et sur ses avant-bras, deux bracelets translucides où couraient des filaments de lumière. Ses yeux, d'un vert franc, semblaient capter les reflets des enseignes comme s'ils les buvaient.
Elle s'appelait Maëlys Rive, mais tout Lyséon la connaissait sous un autre nom : Néonelle.
Elle n'était pas la plus grande, ni la plus musclée. Son pouvoir n'était pas de casser des murs. Elle savait mieux que ça. Elle pouvait plier la lumière, la tordre en boucliers, en ponts, en cordes lumineuses, en silhouettes trompeuses. Et surtout, elle était là quand la ville avait besoin d'un souffle.
Un bip discret vibra dans son oreillette.
— Néonelle, tu me reçois ? fit une voix vive, un peu nasale, comme si elle souriait en parlant. C'est Milo.
— Je te reçois. Ne me dis pas que tu as encore branché ton grille-pain sur un drone.
— Une seule fois. Et il volait très bien. Bref : alerte au quai des Brumes. Un visiteur… euh… spécial vient d'arriver. Et quelqu'un le cherche.
Néonelle se redressa. Les quais des Brumes, c'était le vieux port réaménagé : des passerelles métalliques, des entrepôts transformés en salles d'expo, et une brume artificielle qui montait des bouches d'aération pour faire “poétique”. Poétique, sauf quand on voulait se cacher.
— J'y vais, dit-elle.
Elle lança un ruban de lumière vers l'immeuble d'en face. Le ruban se solidifia, comme une liane brillante. Elle glissa dessus, légère, et atterrit sans bruit sur une corniche.
En bas, la ville continuait de respirer. Et quelque part, dans la brume, quelqu'un attendait d'être protégé.
Chapitre 2 — Le garçon qui venait d'ailleurs
Au quai des Brumes, les néons des restaurants se reflétaient dans l'eau noire. La brume faisait des vagues au ras du sol, comme un animal endormi.
Néonelle repéra d'abord les traces : des marques circulaires sur les dalles, comme si quelque chose avait chauffé le sol. Puis elle entendit un souffle affolé.
Derrière une sculpture en acier, un garçon d'environ son âge—onze, douze ans—était recroquevillé. Il portait une veste trop grande, argentée, avec des coutures qui scintillaient. Ses cheveux courts étaient en bataille, et ses mains tremblaient.
— Hé, doucement, dit Néonelle en s'accroupissant à distance. Je m'appelle Néonelle. Tu es blessé ?
Le garçon leva les yeux. Ils étaient d'un bleu très clair, presque lumineux.
— Je… je suis Soren. Je ne suis pas d'ici. Ils vont venir.
Avant qu'elle ne réponde, un bruit de moteur déchira la brume. Un drone, puis un autre, puis trois. Des appareils noirs, plats, avec des caméras comme des insectes. Ils balayèrent la zone de faisceaux rouges.
Soren se recroquevilla davantage.
— Ils me traquent depuis le passage, murmura-t-il. Je devais juste livrer un message…
Néonelle posa une main sur le sol. Une fine pellicule de lumière s'étendit, silencieuse, comme une eau claire. Elle se releva, calme.
— D'accord, Soren. Tu restes près de moi. Je te protège. Et tu respires. Un, deux… voilà.
Elle claqua des doigts. La brume se mit à scintiller, puis prit la forme de fausses silhouettes : dix Néonelle qui couraient dans dix directions différentes, chacune tirant une traînée lumineuse.
— Sérieux ? fit Milo dans l'oreillette. Tu viens de lancer le mode “fête foraine”.
— Chut, Milo.
Les drones hésitèrent, leurs caméras clignotant comme des paupières. Deux partirent à gauche, un autre au-dessus.
— Maintenant, on bouge, dit Néonelle.
Elle tira un arc de lumière entre deux piliers. Cela forma une passerelle. Soren la suivit, maladroit, mais ses pieds trouvèrent naturellement l'équilibre, comme s'il avait déjà marché sur des choses impossibles.
Au moment où ils atteignaient l'autre côté, un drone repéra leur mouvement et plongea.
— Accroche-toi ! lança Néonelle.
Un bouclier de lumière jaillit devant eux. Le drone cogna dedans et rebondit, comme une balle contre un trampoline, puis s'écrasa dans l'eau avec un “plouf” humiliant.
Soren eut un petit rire nerveux.
— C'était… presque drôle.
— C'est mon truc, dit Néonelle. Courage, un sourire, et personne ne panique. Enfin… on essaie.
Elle l'entraîna vers une porte discrète sous les passerelles.
— Direction : l'atelier de prototypes. Milo, ouvre-nous.
— Avec plaisir. Et je précise : cette fois, je n'ai branché aucun grille-pain.
La porte s'entrouvrit, avalant la lumière de la ville comme une bouche secrète.
Chapitre 3 — L'atelier de prototypes
L'atelier de prototypes était caché sous une ancienne salle des machines du port. À l'intérieur, l'air sentait le métal tiède et l'huile propre. Des étagères alignaient des inventions à moitié finies : des gants à ventouses, un skate qui flottait de trois centimètres, une cape qui changeait de couleur selon l'humeur (en ce moment, elle oscillait entre “stress” et “envie de dormir”).
Milo surgit d'un couloir, mince et vif, avec des lunettes rondes trop grandes. Il s'arrêta net en voyant Soren.
— Oh. Salut. Tu as… des vêtements très futuristes. J'approuve.
— Il vient d'ailleurs, dit Néonelle. Et quelqu'un le poursuit.
Soren observait tout, les yeux énormes.
— C'est… votre repaire ?
— Notre atelier, corrigea Milo. On fait des prototypes. Des trucs pas toujours finis. Parfois ça explose en confettis. C'est volontaire. Enfin… presque.
Néonelle posa une couverture thermique sur les épaules de Soren.
— Tu es en sécurité ici. Personne ne te prendra sans passer sur… moi. Et sur Milo, même s'il est plus utile avec un tournevis qu'avec ses poings.
Milo prit un air offensé.
— Mes poings sont très décoratifs.
Soren inspira, un peu apaisé. Il sortit de sa poche un objet ovale, gros comme un galet. La surface semblait faite d'eau solide, et des symboles y tournoyaient doucement.
— J'ai traversé une… porte de temps. Chez moi, on m'a confié ça. On m'a dit de le remettre à “la gardienne de la lumière” de Lyséon. C'est toi ?
Néonelle sentit un frisson, pas de peur, plutôt comme quand on devine qu'un morceau de puzzle vient de trouver sa place.
— Peut-être bien.
L'objet vibra, puis projeta un hologramme : une carte de la ville, avec un point clignotant au sommet de la Tour-Horloge, l'un des bâtiments les plus anciens de Lyséon, coincé entre des immeubles modernes.
— La Tour-Horloge ? répéta Milo. On y va jamais, c'est plein de mécanismes poussiéreux et de pigeons qui te jugent.
— On y va maintenant, dit Néonelle.
Un grondement sourd résonna alors dans les conduits, comme si quelque chose de lourd se déplaçait au-dessus d'eux.
Les lampes de l'atelier tremblèrent.
Milo pâlit.
— Euh… ça, c'est pas mon grille-pain.
Un écran s'alluma tout seul, grésillant. Une image apparut : un visage sans expression, moitié humain, moitié masque lisse, avec une voix froide et trop calme.
— Restituez le porteur, dit la voix. Le visiteur appartient au Collecteur.
Soren se crispa.
— Le Collecteur… Il récupère ce qui n'est pas à sa place. Il efface les erreurs. Moi, je suis une erreur pour lui.
Néonelle posa une main sur l'épaule de Soren. Sa lumière se fit plus douce, moins éclatante, comme une veilleuse.
— Tu n'es pas une erreur. Tu es quelqu'un. Et ici, on protège les quelqu'un.
Elle releva la tête vers l'écran, les yeux brillants.
— Dis au Collecteur qu'il va devoir apprendre la patience. Et la politesse.
L'écran grésilla, puis s'éteignit. Mais les vibrations continuaient.
— On sort par le tunnel nord, dit Milo. J'ai un prototype de moto… enfin… un prototype de “quelque chose qui roule”.
— Parfait, dit Néonelle. Soren, tu restes entre nous. Et si tu as peur… tu me le dis. La bravoure, ça ne veut pas dire se taire.
Soren hocha la tête. Et pour la première fois, il se redressa un peu, comme si sa colonne vertébrale retrouvait sa place.
Chapitre 4 — Course sous les panneaux lumineux
Le tunnel nord débouchait sur une rue de service derrière les grands écrans publicitaires. Là, la ville ressemblait à l'arrière d'un décor : câbles, ventilateurs, passerelles, échelles.
Milo présenta son engin : deux roues, un guidon, et au milieu… une caisse remplie de mousse amortissante.
— C'est une moto ? demanda Soren, perplexe.
— C'est une intention de moto, corrigea Milo. Elle a du cœur. Et un frein… parfois.
Néonelle monta la première, stable. Soren s'installa derrière, serrant la poignée comme si sa vie en dépendait. Milo grimpa sur une plateforme flottante—un skateboard antigrav qui vibrait comme un moustique fier.
— Pas de commentaire sur l'équilibre, cria Milo. J'ai la dignité fragile !
Ils partirent.
La rue s'ouvrit sur l'avenue principale. Les panneaux géants diffusaient des pubs de boissons pétillantes et de chaussures “qui courent toutes seules” (mensonge). Lyséon brillait à plein poumons.
Et au-dessus d'eux, la brume se fendit.
Un vaisseau—petit, mais menaçant—descendit entre les tours. Noir mat, sans fenêtres, avec une ouverture en forme de bouche.
Des drones en jaillirent, plus nombreux, plus rapides. Ils alignèrent leurs faisceaux rouges sur Soren.
— Ils l'ont repéré ! cria Soren.
Néonelle tendit un bras. Un mur de lumière apparut, oblique, comme une rampe. La moto grimpa dessus, défiant la gravité. Soren étouffa un cri, puis… il rit malgré lui.
— On vole !
— On triche avec la lumière, précisa Néonelle. C'est différent !
Les drones tirèrent des impulsions qui crépitaient dans l'air. Néonelle ne répondit pas par la force, mais par la ruse : elle dispersa des miroirs lumineux qui reflétaient les faisceaux et les renvoyaient en spirales inoffensives, comme des feux d'artifice sages.
Milo, sur son antigrav, lança des petits cubes qui explosèrent en nuages de mousse collante.
— Mousse anti-drone ! brevet en cours ! C'est comme du chewing-gum, mais avec une carrière !
Deux drones s'emmêlèrent et tombèrent en tournoyant, furieux et collants.
Le vaisseau s'approcha. Une voix résonna dans la rue, amplifiée par les façades.
— Le visiteur doit être rendu.
— Et moi je dois faire mes devoirs, cria Milo. On n'a pas toujours ce qu'on veut !
Néonelle aperçut la Tour-Horloge au loin. Sa silhouette de pierre, surmontée d'un cadran doré, semblait minuscule face aux tours modernes. Pourtant, elle avait quelque chose de solide, d'entêté.
— Accroche-toi, Soren. On arrive.
Les drones les rattrapaient. Néonelle concentra sa lumière en un dôme autour d'eux, translucide, traversé de veines colorées.
— Tu n'es pas seul, murmura-t-elle pour Soren. Ça change tout.
Soren hocha la tête, les yeux humides mais déterminés.
— Chez moi, on dit que le temps écoute ceux qui n'abandonnent pas.
La Tour-Horloge se rapprochait. Et avec elle, la promesse d'une réponse.
Chapitre 5 — Le cœur de la Tour-Horloge
Ils franchirent un portail rouillé et s'engouffrèrent dans la Tour-Horloge. À l'intérieur, l'air était frais, chargé d'odeur de pierre et de vieux bois. Des escaliers en colimaçon montaient dans l'ombre.
Milo posa sa main sur un boîtier au mur.
— J'ai piraté l'alarme des pigeons, dit-il. On a… cinq minutes avant qu'ils nous dénoncent.
— Très rassurant, souffla Néonelle.
Soren sortit l'objet ovale. Il pulsa plus fort, comme s'il reconnaissait l'endroit. Il projeta un fil de lumière qui pointait vers une porte en métal.
Ils l'ouvrirent.
Derrière, une salle ronde abritait le mécanisme de l'horloge : des engrenages géants, des tiges, des roues dentées, tout cela en mouvement lent, comme une bête immense qui respirait. Au centre, un socle vide, exactement de la taille de l'objet de Soren.
— Ça va là, dit Soren.
Néonelle le regarda.
— Tu es sûr ?
— Non, avoua-t-il. Mais… c'est pour ça que je suis venu.
Un choc sec fit vibrer la tour. Le vaisseau du Collecteur s'était posé contre la façade, comme une araignée sur une fenêtre.
Des pas métalliques résonnèrent. Une silhouette entra dans la salle : haute, drapée d'une cape sombre qui semblait avaler la lumière. Le visage était le même masque lisse vu sur l'écran, sans âge, sans émotion.
— Je suis le Collecteur, dit-il. Les anomalies temporelles doivent être corrigées. Le visiteur retournera à son point d'origine.
Soren recula. Néonelle s'avança, droite.
— Ici, on n'appelle pas ça une anomalie. On appelle ça un enfant.
Le Collecteur leva une main. L'air autour de Soren se crispa, comme si le temps lui-même essayait de l'attraper.
Néonelle bondit. Elle planta ses bracelets vers le sol, et un cercle lumineux se déploya, stable, protecteur. Le temps glissa sur la lumière comme de l'eau sur une vitre.
Milo, lui, farfouilla dans sa poche et sortit un petit dispositif.
— Je sais pas si ça marche, mais… c'est le moment, hein !
Il lança le dispositif sur un engrenage. Il s'aimanta et se mit à émettre un “bip-bip” obstiné, calé sur le rythme de l'horloge.
Les engrenages accélérèrent légèrement, comme réveillés.
Le Collecteur tourna la tête, agacé—si tant est qu'un masque puisse être agacé.
— Arrêtez.
— Non, dit Néonelle. On va faire mieux : on va comprendre.
Elle se tourna vers Soren.
— Ton objet… c'est une clé ?
— Oui. Une clé de réglage. Chez moi, on l'utilise pour recaler les passages. Si l'horloge de votre tour est… décalée, les portes s'ouvrent n'importe quand. Et des gens comme moi tombent au mauvais endroit.
Néonelle comprit. Ce n'était pas Soren le problème. C'était le rythme de la ville, un battement déréglé.
— Alors on la règle, dit-elle simplement.
Le Collecteur s'avança.
— Je ne permets pas—
— Tu ne permets pas grand-chose ici, coupa Milo. C'est une tour municipale. Il te faut une autorisation.
Le Collecteur tendit la main. Les ombres s'allongèrent. Néonelle sentit la pression, comme si la salle voulait retenir son souffle.
Elle répondit par une lumière plus douce, plus intelligente. Elle ne fit pas un canon. Elle fit un chemin.
Un ruban lumineux s'enroula autour des engrenages, indiquant un passage précis jusqu'au socle.
— Soren, maintenant ! cria-t-elle.
Soren courut, les jambes tremblantes mais décidées, et posa l'objet ovale sur le socle.
Aussitôt, le mécanisme changea de son : un “clac” net, puis un ronronnement régulier, plus harmonieux. Comme si la tour se souvenait de la bonne musique.
Le Collecteur vacilla. Sa cape frissonna, et son masque refléta un instant la lumière de Néonelle, comme s'il voyait enfin quelque chose.
— Le flux… se stabilise… murmura-t-il, presque surpris.
Néonelle gardait son bouclier, mais sa voix resta calme.
— Tu n'as pas besoin d'arracher Soren. Tu avais juste besoin d'une ville à l'heure.
Chapitre 6 — L'horloge réglée
Le cadran de la Tour-Horloge, tout en haut, émit un tintement clair. Une seule note, pure, qui se répandit sur Lyséon comme une goutte d'eau dans un lac.
Les faisceaux rouges des drones s'éteignirent les uns après les autres. Dans la rue, le vaisseau du Collecteur relâcha sa prise, comme s'il perdait soudain l'intérêt de lutter contre quelque chose de solide.
Dans la salle des mécanismes, le Collecteur recula. Son masque sembla moins froid, pas humain, mais moins dur.
— Si le passage se ferme correctement… le visiteur pourra rentrer sans déchirure, dit-il. Je… n'aurai plus à collecter.
— Voilà, fit Milo en se frottant les mains. C'est fou comme “ne pas enlever les enfants” améliore l'ambiance.
Soren regarda Néonelle.
— Je vais devoir partir ?
— Pas tout de suite, dit-elle. Tu vas d'abord respirer. Et tu vas savoir une chose : tu as été courageux. Pas parce que tu n'avais pas peur. Parce que tu as avancé avec la peur.
Soren avala sa salive.
— Et toi, tu m'as protégé… même sans me connaître.
— C'est ça, la ville, répondit Néonelle. On partage l'espace. On partage la lumière.
Le sol vibra doucement. Un cercle pâle apparut près du socle : une porte fine, comme une bulle verticale, où l'air semblait onduler.
Soren hésita, puis sourit, un sourire un peu cassé mais vrai.
— Je raconterai chez moi qu'à Lyséon, il y a une héroïne qui fabrique des ponts avec des rayons.
— Et moi je raconterai qu'un visiteur en veste argentée a tenu tête à un masque prétentieux, dit Milo. Ça fera un super poster.
Soren fit un pas vers la porte, puis se retourna.
— Néonelle… si un jour ton horloge se décale encore, tu sauras quoi faire.
— Oui, dit-elle en levant les yeux vers les engrenages. On écoute. On ajuste. On prend soin.
Soren traversa la porte. Elle se referma sans bruit, comme une paupière.
Le Collecteur, lui, recula jusqu'à l'ombre de la porte métallique. Sa silhouette se dissipa, non pas en menace, mais en simple départ, comme quelqu'un qui range enfin un outil mal utilisé.
Néonelle posa sa main sur un engrenage. Le métal vibra doucement, régulier.
Au-dessus d'eux, l'horloge sonnait l'heure exacte. Les aiguilles glissaient avec assurance.
Dans Lyséon, les lampadaires reprirent leur chant léger, et la brume devint simplement… de la brume.
Milo souffla.
— Bon. Maintenant qu'on a sauvé la ville et remis le temps d'aplomb… tu crois qu'on a le temps pour un chocolat chaud ?
Néonelle sourit, le regard lumineux.
— Oui. Mais on le boit en regardant l'horloge. Histoire d'être sûrs qu'elle ne nous fait pas un clin d'œil.
Et, dans la Tour-Horloge, tout était réglé.